J’irai dormir chez vous ce soir

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Après quelques nuits dans la nature, qui ne rêverait pas d’une bonne douche chaude et d’un « vrai » lit ? Un lit, une douche,… on en trouve partout. Sur Route60, le logement « en dur », c’est bien plus que ça. Des gens formidables qui vous ouvrent la porte avec le sourire, qui vous accueillent avec un thé chaud après une journée sous la pluie, qui vous invitent à cuisiner ensemble. Grâce à www.warmshowers.org, je me mets en contact avec d’autres cyclistes. 
On le sait, le vélo nous rapproche tous. La piste cyclable en Allemagne, la route en Tunisie et le magasin de vélos à Riga sont aussi d’excellents points de rencontres. 
Une fois installé bien au chaud ou sur la terrasse de mon hôte, il faut respecter une règle essentielle. Celle de rester soi-même. C’est facile ! Personne n’offre le confort de « Chez Olivier », « Da Francesco » ou encore de « Rebecca’s house ». Rien ni personne ne donne plus envie de poursuivre le voyage que Vita, Rosel, Marcus, Evgen, Christos, Taha, Ahmed ou Isabelle pour n’en nommer que quelques-uns. Des personnes curieuses de l’autre. On se rend vite compte que nos vies se sont déjà croisées. Il ne fallait que monter sur ma bécane pour vivre l’instant présent. Dans les grandes villes ou à la campagne, les gens qui m’accueillent aiment leur ville et leur région. Pas question de claquer la porte derrière soi et de ne rien voir ! Quel que soit le logement, sur Route60, les chambres ne sont ni climatisées ni numérotées. Elles sont comme nous.

NEDERLANDS

Ik moet het deemoedig toegeven, na enkele dagen wildcamperen zijn een douche en een « echt » bed geen overbodige luxe. Niet dat de tent geen luxe biedt maar enkele dagen van meditatie is enkel mogelijk na inspirerende ontmoetingen. Samen koken, een nieuwe stad ontdekken,…meer moet dat niet zijn. Via www.warmshowers.org ontmoet ik talrijke fietsfanaten. Maar het kan ook anders: op straat of in de fietswinkel sla ik snel aan de babbel van Riga tot Tunis, van Sarajevo tot Den Bosch. Mijn nieuwe vrienden zitten niet allemaal dagelijks op de fiets. Ze geloven echter allemaal dat autocentrisme de wereld uit moet. Van Kopenhagen die de fietsers omhelst tot in het bijna fietsloze Rusland zal ik veel meer dan enkel reisverhalen uitwisselen.
Om zich thuis te voelen bij Bram, Evgen, Rebecca, Francesco of Ahmed is er er maar één regel: jezelf zijn. En de rest gaat vanzelf.
Slapen langs Route60, dat zijn geen kamers maar ontmoetingen en ontdekkingen. De nachten zijn net als de fietsdagen: telkens anders.

ENGLISH

No doubt about it: after a few days wild camping I enjoy meeting new folks on Route60. Wildcamping means meditating. New friends means stuff to meditate about. There’s always www.warmshowers.org to meet cyclist from around Europe and beyond to make you see the world. But cycling brings us together in many other ways. The street or the cycling path is still the perfect way to get in touch with new friends too. Wherever we meet and whoever they are. Together with my new friends we always try to find a solution to the world’s problems while cooking or having a tea. One of these problems is the huge transport problem for which bicycle is a part of the solution. Steering clear of the standard ‘nice to meet you’ with great people often makes me wanna stay longer. So I did often stay longer to discover more. No matter the length of the stay.
Every night gives me the right energy and so much more to cycle the next day. Route60, powered by people.

 

 

 

One brother, no border

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My brother from Europe

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L’hiver a fait son apparition en France, le dernier pays sur la Route60 avant de rentrer en Belgique. Un détour par la Normandie s’impose et pour cause : mon frère Jean-Loup s’est installé avec sa copine et son nouveau-né à Argentan, petite bourgade à 200 km de Paris. Jean-Loup, c’est le ‘demi-frère’ de 14 ans mon cadet. On a la même mère. Il travaille et étudie en alternance et a encore plein d’ambition. Il a vécu à Lyon avant de s’installer dans la campagne normande et il reviendra peut-être au pays pour le travail. Mais d’abord encore le calme de la Normandie pour offrir le meilleur cadre de vie à son fils. Pour lui, le monde n’a pas de frontières et on a du mal à se dire au revoir. C’est mon frère quoi. Parlons-en des frontières justement. Le jeune homme de 26 ans a à peine connu les frontières entre les pays de l’Union européenne.
On dit souvent que c’était mieux avant. Lui, pourtant, n’a jamais dû faire reconnaître son diplôme belge pour travailler en France, ni demander de permis de travail, ni demander de visa. C’est mieux maintenant et ce sera encore mieux après, même si ce n’est jamais assez bien. Son fils est un ‘digital native’ et vivra dans un monde peut-être encore plus libre, ou pas. C’est selon la force qu’on veut donner au monstre qu’est devenue l’Union européenne. Un monstre qui mérite d’être critiqué et qui a le mérite d’avoir changé les cours d’histoire. Il n’y a plus ‘les méchants’ en Europe de l’Est, il n’y a plus de mur qui sépare les peuples en Europe, il y a encore tous les problèmes de famille au sein de la famille européenne. Mais pas de tracasserie administrative pour aller voir son frère en France ou ses amis en Grèce. Et ce n’est que le début. Le cycliste utilise à présent les chemins cyclables Eurovelo qui traversent l’Europe d’Est en Ouest et du Nord au Sud. « On s’en fiche, je ne fais pas de vélo », me direz-vous. Si ce n’est que les pistes cyclables, tout comme les autoroutes européennes, sont la matérialisation de la pensée européenne censée nous unir toutes et tous. Je dis bien censée car de nombreuses barrières psychologiques, politiques et économiques existent encore. L’Union européenne a 60 ans. Les traités de l’UE ont été signés à Rome le 25 mars 1957. Avant cela, il existait déjà des vélos capables de faire Route60 dans toute l’Europe, mais pas d’union politique qui crée une telle liberté de circulation. Je profite de mon passage chez mon frère pour visiter sa nouvelle région, la Normandie, avec sa copine et son fils de nationalité française. Et belge aussi ? Pourquoi pas mais ce n’est pas une priorité, car le tout jeune Européen de quelques mois aura les mêmes droits et obligations dans toute l’Union, peu importe sa nationalité. J’oubliais…

NEDERLANDS

Winter in Frankrijk, het laatste land op mijn lange weg van Brussel naar Brussel via Helsinki, Kiev en Tunis. Het is koud maar ik maak een omweg via Normandië. Daar woont mijn halfbroer Jean-Loup in een dorpje op 200 km van Parijs. Enkele jaren geleden wou hij eens « iets anders » doen. Dus maar naar het buitenland om te studeren en werken. De jongeman van 26 spreekt nog Nederlands naast zijn moedertaal Frans, heeft een zoontje en heeft veel ambities, hier of elders, zonder grenzen. Op en top mijn broer dus.
In Frankrijk geraken was een makkie. Binnen de Europese Unie wordt zijn Belgisch diploma automatisch erkend. Een werkvergunning is niet nodig, een visa evenmin. Dit maakt het leven gemakkelijker. Zijn 3 maand oude zoon is een digital native en zal waarschijnlijk een identiteitskaart in zijn mobiele telefoon hebben. Een Europese identiteitskaart, wie weet… De baby heeft nu de Franse nationaliteit en de Belgische nationaliteit aanvragen is niet nodig want alle Europeanen hebben dezelfde rechten en plichten.
60 jaar geleden was dat niet zo. De Oost-Europeanen waren ‘anders’ en een muur maakte de scheiding tussen West- en Oost Europa duidelijk. Vandaag fiets ik via het Eurovelo fietspadennetwerk van Helsinki tot Marseille of van Athene tot Dublin.
60 jaar geleden, op 25 maart 1957, werd in Rome het verdrag tot oprichting van de Europese Economische Gemeenschap ondertekend, vandaag de Europese Unie genoemd. Een logge instelling die niet snel genoeg werk maakt van een verenigd Europa. Maar die Route60 al veel éénvoudiger maakt.
Nog even Normandië bezoeken met mijn broer en zijn Frans gezin alvorens huiswaarts te fietsen. Zonder grenzen, zo eenvoudig.

ENGLISH

France is Route60’s last country before heading home to Brussels. Despite the cold I make a detour through Normandy. The region is now the place my 26 years old stepbrother calls home. Jean-Loup wanted to see other places and now works and studies in France with his family. The Treaty of Rome, officially the Treaty establishing the European Economic Community was signed 60 years ago, on 25 March 1957 by 6 European countries ( Belgium, France, Italy, Luxembourg, the Netherlands and West Germany). The EEC, now the EU, was meant to create a single market for goods, labour, services, and capital across its members states. The decision making proces of the EU is slow and not all European citizens trust the EU that suffers from a legitimacy deficit.
My brother however is aware of the common benefits the EU offers him. Unlike his parents, he never had to show any documents to get to France. He enjoys the automatic recognition of his qualifications abroad. His 3 months old son might be given a European ID-card in the future.
The question of the legitimacy of the EU will always hit but no one doubts about the easiness to cycle around Europe on Route60 thanks to the Eurovelo European Cycle Route network, to mention one of the benefits. The topics the European machinery deals with goes way beyond the scope of bike touring. The future’s never perfect,  it’s yet to come.

Cruel, crazy, beautiful Southern Italy

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Morning duty

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Quand je descends du bateau un lundi matin à Bari, je me dirige tout de suite vers un bar pour déguster mon premier « cappu ». Suivra mon premier croissant que je mange en lisant le journal « Il Corriere del Mezzogiorno ». La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel. Bonne nouvelle : l’économie italienne se porte plutôt bien. Mieux encore, le sud de la péninsule se porte bien aussi. Pas besoin de cette bonne nouvelle économique pour animer le centre de Bari. Le bar se remplit vite. Les bateaux venant de Grèce déversent leur lot de voyageurs, les locaux s’arrêtent pour un espresso avant le boulot et les touristes se dirigent vers la vieille ville qui bat son plein.
Le Meridione qu’on appelle aussi le « Mezzogiorno » en termes plus économiques, ce territoire qui comprend les régions au sud de Rome, c’est la partie la plus pauvre d’Italie. Des villages se sont vidés de ses habitants, les infrastructures y sont moins développées et de nombreux Italiens du Sud sont partis vivre dans le Nord de l’Italie ou à l’étranger. « Non c’è lavoro qui » est la phrase que j’aurai le plus entendu. Les trésors artistiques et les plages ne manquent pas. Le soleil encore moins. Et pourtant…
De Bari, je pique encore plus vers le sud en traversant des champs d’olivier à perte de vue. L’agriculture est la principale ressource économique. Il fait encore doux mais les plages sont vides et les villages sur la côte des Pouilles (la région qui forme le talon de la botte italienne) manquent d’animation. Presque tout est fermé malgré les vacances de Toussaint. À Tarente, je fais une halte d’une nuit tant la ville est surprenante. Grand port et ville industrielle… et sa vieille ville entourée par la mer avec son quartier des pêcheurs. Tout y est ! Un passionné de cyclisme responsable du tourisme aimerait faire en sorte que les touristes passent plus de nuitées dans la ville. Mais il faut aussi changer les mentalités car les touristes n’attendent pas. Cela signifie aussi travailler le dimanche et à des heures irrégulières, ce que les gens n’ont pas encore l’habitude de faire. Matera, une des plus anciennes villes du monde, en est déjà là et tout est prévu pour le touriste d’aujourd’hui. Même le petit hôtel du coin y est taillé dans la pierre.
Il est difficile de ne pas aimer l’Italie profonde. En fin d’après midi, les villages de montagne s’animent. Je demande des infos aux gens du bar tout en sirotant mon café à Grottole. C’est le maire du village en personne qui me renseignera. Lui accuse moins le pouvoir central à Rome pour le manque de dynamisme. C’est que faire revivre des villages ne se fait pas du jour au lendemain…
Les petites routes du Mezzogiorno me mènent à Montegiordano, un village de 1800 habitants perché sur la colline, pratiquement que des anciens car les jeunes sont partis. Le village est connu pour ses « murales », des peintures sur les façades des maisons. L’idée date d’il y a 15 ans : quelques profs de l’école primaire aujourd’hui fermée dessinent sur la façade d’une maison avec les élèves. Un peintre le remarque et lui vient l’idée d’égayer le village. Les propriétaires des maisons concernées et le maire ne s’y opposent pas. Résultat : un village coloré comme aucun autre. En été, des cars entiers arrivent au village pour les murales. Mais le soir, tout le monde est reparti. Moi je reste, et l’ambiance dans le bar Derby est celle d’un village où tout le monde se connaît. Ce ne sont pas les prix du verre de vin à 0,60 € qui repousseront les étrangers. Comme je suis le seul encore présent et cycliste, c’est la communauté qui offre. Le lendemain, j’ai droit à une visite guidée. Un habitant raconte qu’à chaque fois que quelqu’un meurt, la maison se vide, et est bien entretenue par les enfants qui vivent dans le Nord et qui ne viennent plus. Donc le village se dépeuple…
À Montegiordano Marina, je m’arrête dans un autre bar pour un petit-déjeuner. Teresa me demande d’où je viens et inspecte mon vélo. Elle et ses copines sont des clients réguliers ici. Toutes ces mamans ont des enfants à Malte, à Turin, ou à Milan qui adorent le Sud de l’Italie, mais le manque de travail les oblige à partir. La fille de Teresa songe cependant à revenir pour y commencer un Bed & Breakfast car son job ne lui plaît pas. Teresa ajoute : « Les jeunes partent pour bosser mais ils n’aiment pas leur boulot. Dans 10 ans, ils auront tous envie de revenir après une vie de merde en ville. » Les autres dames confirment. Je pense qu’elle a tout compris…
En pédalant 45 km, j’arrive à Riace où je rencontre Lamin. Il est Guinéen et parle couramment l’italien. Il est embauché par la commune comme nettoyeur de rue. Riace, c’est ce village perché de la Calabre dont le maire a décidé d’embaucher les migrants. Et la formule marche. Dans les rues, on entend l’italien de la mamma ainsi que de l’anglais, du français et des langues africaines. Riace rappelle ce que le Sud de l’Italie a toujours été: une terre de migrations située entre deux continents. Une terre prisée par les touristes en été seulement, étouffée par la présence de clans mafieux toute l’année.
C’est sûr qu’on ne transformera pas le Sud profond avec du soleil et des sourires uniquement. L’agriculture qui a fait fuir toute une génération pourrait se combiner avec du tourisme rural. Encore faut-il renoncer à « faire carrière » dans le Nord. Cela veut dire une politique qui soutienne le Mezzogiorno et des mentalités qui changent peu à peu. Ça change tout pour le Sud de l’Italie.

NEDERLANDS

 Vanuit Griekenland brengt de boot me naar Bari. Een maandagochtend in Zuid-Italië… met een echte Italiaanse koffie en een krant erbij. Ik lees dat het Italiaanse Rekenhof gisteren zijn jaarrapport uitbracht. Het gaat best goed met de Italiaanse economie. Zowel Noord-Italië (de motor van de Italiaanse economie) als het Zuiden scoren goed. Dat is goed nieuws. Economische groei of niet, de cafés in Bari zitten vol. De werkende bevolking neemt nog snel een espresso en de toeristen nemen hun tijd voor hun ontbijt.
Het Zuiden van Italie (ook wel Meridione of Mezzogiorno genoemd) omvat de provincies ten zuiden van Rome. Het is ook het armste gedeelte van Italië, een streek die steeds agrarisch is, waardoor veel mensen naar het Noorden van Italië of naar het buitenland vertrokken zijn. Dat is sinds de jaren 60 zo en er verandert nog maar weinig. De mensen hier betreuren dat Rome zo weinig interesse toont voor het Zuiden. Aan kunst en cultuur is er echter geen gebrek. In Lecce staan de palazzi de ene na de andere naast elkaar. Barok tot en met. De stranden en de nationale parken in Zuid-Italië leveren mij prachtige slaapplekken, ondanks het schoolverlof is het echter allemaal vrijwel verlaten.
Ik wandel door het prachtige oude centrum van Taranto. Daar vertelt een verantwoordelijke voor toerisme dat iedereen hier graag méér toeristen zou willen zien, toch moet men ook in eigen boezem kijken. « De politiek vergeet zeker dat het Zuiden ook nog bestaat maar de mensen van hier moeten ook beseffen dat toerisme een 24-uren business is. Daar is nog niet iedereen klaar voor ».
In Matera is men er wel klaar voor. De stad is één van de oudste ter wereld en wordt in 2019 de Culturele hoofdstad van Europa. Nu al zijn de hotelletjes in de oude stad klaar voor hét evenement.
Verder van de toeristische paden ontmoet ik Francesco De Giacomo in Grottole. Hij is burgemeester van het dorp en biedt me een koffie aan als ik hem de weg vraagt. Hij verafschuwt niet zomaar het centraal gezag in Rome, al is het omdat hij van dezelfde politieke kleur is. De burgemeester tettert met de ‘Belgische fietser’, maar ook met zijn medeburgers. Het dorpscafé blijkt dé plek te zijn om te weten wat er gaande is.
In Montegiornado vestigen de schilderijen op de witte huizen mijn aandacht. Zo’n 15 jaar geleden besloot een leerkracht van de inmiddels gesloten dorpsschool samen met leerlingen een paar gevels te beschilderen. Dat bracht een kunstenaar op een idee, hij voegde de creativiteit van de bewoners en de bereidheid van een burgemeester eraan toe om het dorp opnieuw leven in te blazen. Een veelbelovend en geslaagd project is het geworden want met bussen vol komen de bezoekers aan om naar de « Murales » te kijken. ’s Avonds zijn die toeristen echter weer weg. Sommige huizen zijn ware kunstwerken, toch woont er vaak niemand in. Dorpelingen worden oud en sterven. Hun zonen onderhouden de familiale woning maar komen hier nooit meer wonen, aldus een oude Italiaan. Maar ’s avonds is het toch druk van jewelste in de cafés van het dorp. Een glaasje wijn kost hier niet veel, zo’n 60 eurocent. Maar voor mij trakteren de ouderen! Ze willen meer van die fietsers die hier overnachten.
Enkele dorpen verder ontmoet ik Teresa en haar vriendinnen tijdens het ontbijt in een bar. Hun kinderen wonen in Malta, Turijn of Milaan omdat ze er werk gevonden hebben. De dochter in Milaan overweegt wel een B&B te openen in het Zuiden. Weg uit Milaan! Teresa lacht en vertelt: « Wacht maar, die jongeren gaan hier weg maar na 10 jaar zijn ze hun rotleventje in de stad wel beu ». De andere dames bevestigen. Wijze woorden, denk ik.
In Riace richt ik me tot Lamin, een man uit Guinea die hier als straatveger werkt. Riace is inmiddels bekend door zijn visionaire burgemeester ervan, die migranten aan een baan helpt. Ik hoor in de straten van het dorp alle talen door elkaar spreken. De « mama » en de Afrikaanse familie zijn buren. Riace is een wereld in het klein.
De Meridione heeft veel mensen zien vertrekken. Degene die er nu aankomen, uit Afrika of terug uit Milaan, merken nu op dat landbouw en toerisme eigenlijk heel goed bij elkaar passen. Met slechts leuke bars en veel zon volstaat het niet om de economie op gang te brengen maar daar begint het wel bij, zoals vaak in Zuid-Italië.

ENGLISH

Getting off the boat on a Monday morning in the Southern Italian city of Bari. The perfect time for my first cappuccino in a bar downtown with a newspaper. I read in « Il Corriere del Mezzogiorno » Italy’s economy is doing well and the Mezzogiorno is not lacking behind with sound economic figures, says the Italian Court of Auditors. This might be a topic of conversation. The bars fills up anyway with locals drinking an espresso before heading to work and tourists visiting the old town. Welcome in Italy.
Southern Italy that some call the Meridione or the Mezzogiorno is Italy’s least developed part if we talk in economical terms. The region has always been living from agriculture while the north of Italy’s is the engine of the country’s economy.
Heading southwards from Bari I cycle through the barok city of Lecce and one of the world’s oldest town of Matera. One easily notices South Italy has it all to please the eye of very visitor. The beaches and the coastal towns are empty however despite the sunny weather and the school holidays. What’s wrong? A responsable for tourism in the magnificent city of Taranto knows it will take some time to change mentalities. Tourism industry requires working during weekends and not everyone is prepared for it in Southern Italy’s deeply rooted strong familiar tradition.
My bike also brings me through stunning villages more inland. I’ll have a coffee with Grottole’s mayor while Im having a break in the bar on the main square. We’ll quickly agree upon transforming town and villages takes time. Other locals will join us during the conversation and everyone has a say in the matter. It’s more than politics…
Montegriordano is yet another village where you simply want to have that little coffee and croissant and take some time for yourself or for the others around you. The village is famous for its paintings on the houses. Some teachers of the former elementary school came to the idea to let the pupils paint some walls in the village. This brought an artist to the idea to involve the community in his project and put some colours in the streets and the soul of the village. Today the Murales of Montegiordano are known well beyond the region. But the toursits don’t stay overnight. I’m offered some wine glasses by the locals at the bar for my effort to climb the hill up to the village and for my stay in the only B&B. The people here are mostly elderly. The day after the streets are empty as we are in low season and so are lots of houses. The young generation left to North Italy to work and never come back when their parents pass by.
In Montegiordano Marina I enjoy another breakfast in the bar facing the sea. Teresa and her friends are discussing the world while having a coffee and a cigarette. All the ladies have their sons living in Malta, in Turin or in Milan….far from home. As many young people they left for better working conditions and higher salaries. However, Teresa’s daughter plans to start a B&B nearby as she doesn’t like the stressful life in Milan. Teresa laughs at me saying it takes 10 years for the young to realise they are just having a shitty life but they’ll soon want to be back down in the sun. The other mama’s in the bar all agree. I guess they’re right.
The next village is Riace lying on a lovely hill near the coast. Lamin comes from Guinea and shows me the way around in the centre of the village. He is hired by the public authorities as a street cleaner. Riace’ visionary mayor took the decision to let migrants (mostly from Africa) to be part of the community instead of making them wait for a better future somewhere else. Riace today reflects what Southern Italy has always been and what it might be tomorrow: a land of immigration and emigration. A place where tourists should stay longer. A place smothered by drug cartels.
It’ll take time for Southern Italy to recover from economical decline. As the old guys told me, agriculture is still a hard job and politics should encourage rural life. But youth once may turn their back to office jobs and get back to the south to make tourism and agriculture more sustainable. A changing way of life makes the difference.

Albania like no other

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Northern Albania

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L’Albanie était hermétique jusqu’au début des années 90. Le pays communiste ne fait pas comme les autres pays de l’Est. Ce ne sera pas un état satellite de l’URSS, avec laquelle elle rompt tous les ponts. L’Albanie quitte même le Pacte de Varsovie en 1968. L’Albanie ne veut pas de contacts avec son voisin, la Yougoslavie, qu’elle estime trop modérée. Et encore moins avec son voisin du sud, la Grèce, qu’elle soupçonne d’ambition territoriale. Cette Albanie-là, c’est celle d’Enver Hoxha, le chef du gouvernement qui lance sa politique de stalinisme dur. Personne ne rentre en Albanie… et personne n’en sort. Pour défendre le petit État, le leader mégalomane fait construire des milliers de bunkers éparpillés sur tout le territoire : à la campagne, dans les villes, partout. Et ce avec un seul but : la défense du pays par la militarisation du peuple. Les habitants des campagnes « surveillent » à tour de rôle les plaines et les montagnes dans les petits bunkers reliés par radio aux grands bunkers, habités, eux, en permanence, par des commandants. Cette « bunkerisation » a ruiné le pays tout entier. Quelques kilomètres après le poste-frontière, j’aperçois les premiers bunkers sur la plage. Ils n’ont pas encore été rénovés et ne le seront peut-être jamais. Dans les campagnes, les minarets et clochers d’églises ne sont jamais loin les uns des autres. Les villages ne se ressemblent pas. Première halte à Shköder. La ville est « multireligious », comme on dit ici. Y vit une grande population catholique et musulmane. La ville a son quartier historique, ses petits commerçants, ses marchés matinaux, ses bars à vin et à chicha. L’Albanie m’accueille à bras ouverts ! Étonnamment, le pays compte beaucoup de cyclistes et de grosses cylindrées. Il n’a pourtant aucune usine automobile ni d’infrastructure cyclable. Ça doit être l’économie de l’extrême…
Tirana, c’est le centre névralgique de l’Albanie. Le centre culturel et économique, et une grande ville européenne. On pourrait se croire à Athènes, à Sofia, à Istanbul, voire plus à l’est. Il fait bon rêver à Tirana. Le soir, elle se transforme en place M’as-tu-vu. Dur dur de trouver son quartier préféré pour sortir quand tout le centre-ville est rempli de bars, de bistrots et de restaurants. Tirana vit. Et pour se promener, il y a la place Skanderbeg, devenu piétonne il y a peu, avec la nouvelle mosquée en construction à deux pas. Tirana respire. Le bunker, un de plus, qu’avait fait construire le régime cinglé à côté des bureaux du parti pendant l’ère communiste-staliniste, a été transformé en centre d’exposition. Tirana bouge. L’architecture « brutaliste » du dernier régime autoritaire est omniprésente. Tirana intrigue. L’aventure albanaise continue vers le sud. Loin des grands axes nord-sud. Je me perds sur les routes de campagne dans les hauts plateaux. Un peu d’« off road » ne me déplaît pas, même si le vélo est mis à rude épreuve. Camping sauvage, rencontres avec les villageois et les bergers, les petits-déjeuners sur la place du village… On se sent bien en Albanie. La côte du sud du pays annonce déjà la Grèce. Les villages perchés, la mer turquoise, les oratoires le long des routes, c’est la face méditerranéenne de l’Albanie. Mais ne nous trompons pas, l’Albanie est uns des pays les plus pauvres d’Europe avec un fort taux d’émigration. Comme de nombreux pays européens, c’est l’histoire qui les rend culturellement si riches. L’Albanie a été vénitienne, ottomane, stalinienne,… Il y a encore beaucoup d’histoires à ne pas oublier et de patrimoine à restaurer. En 1984 encore, le staliniste Enver Hoxha déclarait la République Populaire d’Albanie « fermée aux ennemis, aux espions, aux touristes hippies et autres vagabonds ». Aujourd’hui, l’Albanie est plus que jamais ouverte aux cyclistes nomades.

NEDERLANDS

Albanië is tot in de jaren 90 Europa’s meest gesloten land: niet toegankelijk, noch voor toeristen, noch voor zakenreizigers. Na WOII wordt Albanië een communistisch land maar net als zijn buurland Joegoslavië, wordt het toch geen satellietstaat onder leiding van Moskou. In tegenstelling tot Joegoslavië echter, kiest Enver Hoxha, leider van de regering, voor de harde hand afkomstig uit het stalinisme: niemand mag het land binnen en niemand verlaat het land.
Dat vergt infrastructuur. Hoxha laat in Albanië duizenden bunkers bouwen, in de steden en op het platteland. Zo verdedigt het volk het vaderland. Het zijn inderdaad de burgers die vanuit de kleine bunkers de buurt bewaken tegen invallers. Die kleine bunkers zijn via radio verbonden met grotere bunkers, die door de commandanten bewoond zijn. Het bouwen van de bunkers kost handenvol geld, dat dus niet aan wegen of huisvesting besteed wordt. Het land verarmt. Zo zie ik langs de weg net na de grenspost reeds de eerste bunkers. Van verwijdering of renovatie is er blijkbaar geen sprake.
Via de hoofdweg rijd ik langs bunkers afwisselend met kerken, moskeeën en dorpen. Shköder is de eerste agglomeratie op mijn weg. Hier leven moslims en orthodoxe Albanezen naast elkaar. De stad heeft een oude stadskern en het krioelt van kleine handelaars, vakwerkers, markten, wijn- en chichabars. Centraal in het land ligt Tirana, de hoofdstad. Ook hier heerst er een geweldige sfeer. De grote invalswegen versmallen naarmate ik het centrum nader en de sfeer wordt intenser. Opvallend is de architecturale mix van de stad, zoals rauwe betonnen appartementsgebouwen naast de nieuwe moskee in aanbouw. Het strakke operagebouw uit de 50er jaren met de fresco van de revolutie. Ik bevind me op de Skanderbegplaats, dé plaats waar het allemaal begon in Albanië: de revolutie tegen het regime die zich uitbreidde tot het hele land. Nu is het plein een voetgangerszone. De donkere geschiedenis is zichtbaar én tastbaar: een bunker, voormalige schuilplaats voor de megalomane ministers, herbergt thans een cultureel centrum.
Vanuit het noorden doorkruis ik Albanië naar het zuiden toe, waar kleine veldwegen meer en meer de grote wegen vervangen. Dat gaat langzaam want de fiets is zwaar beladen…ik neem de tijd. Tijd om in de velden wakker te worden, de herders te begroeten, een stevig ontbijt in het nabijgelegen dorp te benuttigen. Zo kan het ook in Albanië.
Zuid-Albanië lijkt al eerder op Griekenland. Hoe afwisselend kan een klein land zijn! Nu zijn het witte dorpen, verlaten stranden en orthodoxe kapellen op de weg. De bunkers herinneren er toch nog aan, dat dit wel Albanië is!
Het land lag achtereenvolgens onder Venetiaans, Ottomaans en communistisch bewind, een rijke geschiedenis dus voor de Albanezen maar velen onder hen zoeken toch elders een beter leven, voornamelijk in Duitsland. Albanië is nog steeds één van de armste landen in Europa. Welvaart is nog ver weg maar we mogen het gesloten land vergeten. Albanië is open voor iedereen.

ENGLISH

Albania was a closed country from the end of World War II to the collapse of communism. It didn’t follow the same way as most of the communist states in Europe as the country was not USSR controlled. Albania pursued a hardline Stalinism regime while Enver Hoxha was on power. Neighbouring Yugoslavia was too moderate and Greece was believed to have territorial ambitions on Albania. In order to defend the country from foreign agression he built thousands of bunkers throughout the country. The smalls ones were manned by civilians to control the land and were in sight of the big ones manned by commanders. By so doing, Albania got almost completely isolated under its paranoid leader, and completely ruined as the bunkerisation prevented other public works to be carried out.
I can already catch a sight of bunkers a few kilometers after the border control in the north of the country. Albania is not only about dark history. Mosques and church towers are within sight all around the countryside. And the city of Shköder welcomes me in its historical centre full of local fruit markets, wine bar and chicha café’s.
Albania’s capital Tirana is a bustling city and the economical and political centre of the country. Tirana is the kind of the city that makes you think you could be everywhere. And the pedestrianised square Skanderbeg allows one to walk through the history of the country. The revolution against the totalitarian regime started here and the past left its mark. But Tirana lives it up now. The bunker that once served to protect ministers is now a cultural centre. Brutalist architecture buildings have been refurbished and is now everyones to discover. Tirana doesn’t go to sleep after office hours. The good news is that there is no one neighbourhood to go out as all the city invites you to party.
Albania makes me wanna go exploring the south at a slow speed. I go off road and choose to wild camp.Small beaches and white villages with the blue cupolas in Southern Albania heralds nearby Greece. Albanians are curious and warm. Albania pulls me in and makes me feel relaxed.
The People’s Republic of Albania used to be « closed to enemies, spies, hippie tourists and other vagabonds… » as the regime said. Today’s Albania is now open for everyone.

 

Bosnia’s future on two wheels

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Après avoir traversé la Serbie, j’arrive un soir d’automne en Bosnie-Herzégovine. La Bosnie, c’est un concentré d’abord de Yougoslavie et puis d’Europe. Sa capitale Sarajevo fut en 1914 le théâtre de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, l’héritier de l’Empire austro-hongrois et de sa femme Sophie Chotek, par un nationaliste serbe. Cet événement marque le début de la Première Guerre mondiale. La Bosnie, c’est aussi la guerre de Bosnie. Après la mort de Tito, des querelles nationalistes se font entendre de part et d’autre de la Yougoslavie. Et l’ultra-nationalisme serbe incite les républiques qui composent le pays à déclarer leur indépendance. Il en va de même pour la Bosnie. Mais la route sera plus longue car la Bosnie est la seule à être multiethnique. La Slovénie est majoritairement composée de Slovènes, la Croatie de Croates et la Serbie de Serbes. La Bosnie est composée de Serbes, de Croates et de musulmans ou Bosniaques. Les Serbes de Bosnie refusent de vivre dans un état où ils seront minoritaires. Le pays est malgré tout reconnu par la communauté internationale le 7 avril 1992. Mais les Serbes de Bosnie déclarent « leur » partie de la Bosnie indépendante. De plus, l’armée serbe se positionne à Sarajevo pour s’opposer à l’éclatement de la Yougoslavie. C’est le siège de Sarajevo qui fera des milliers de morts. Qui n’a pas en tête ces images de la guerre de Bosnie ? Tout à coup, la guerre semblait toute proche. C’est le président américain Bill Clinton qui réussira à mettre autour de la table les trois communautés de Bosnie (Croates, Serbes et musulmans) et non l’Union européenne, divisée sur la question de l’indépendance de la Bosnie. Le résultat des accords obtenus : un état multiethnique très divisé politiquement et aux institutions fortement décentralisées. En effet, la Bosnie est un État fédéral avec deux grandes entités, une pour les Croates de Bosnie et une pour les Serbes de Bosnie (appelée la « Republika Srspka » ou République serbe). Les Musulmans vivent dans toute la Bosnie. Chaque entité a son parlement, son président et ses compétences. Autre point commun des deux parties : l’entente est fragile et de façade entre les deux. Il n’est pas rare que les Serbes et les Croates claquent la porte du parlement fédéral de Bosnie, situé à Sarajevo.
Sarajevo, la capitale d’un pays qui existe tant bien que mal, vit sans complexe son multiculturalisme. Pendant la période yougoslave, les étrangers venaient à Belgrade pour étudier le modèle yougoslave, mais c’est à Sarajevo qu’on dansait et qu’on sortait. C’était la ville branchée de la Yougoslavie. Et sportive aussi, puisqu’elle organise les Jeux Olympiques en 1984. Aujourd’hui, Sarajevo est une ville particulièrement animée qui se refait chaque jour. Le cadre naturel qui entoure la ville invite à la balade, au VTT… Quant aux infrastructures des Jeux Olympiques, il ne reste plus que la piste de bobsleigh délabrée mais prisée des artistes… À Sarajevo, je rencontre Zejnil. Il est artisan dans le vieux centre qu’on appelle aussi le quartier turc. Les Turcs étaient les premiers habitants de Sarajevo. Le quartier est touristique, mais quelques artisans résistent encore entre les restaurants et les bars du quartier. Zejnil est ferrailleur et les cadres de vélo en acier, il connaît ! Pour le reste, cela pourrait être Istanbul, mais on est bien à Sarajevo. Quelques rues plus loin, je bavarde avec Juliet. Cette Australienne est venue en Bosnie faire des stages en ferronnerie. Elle a ouvert un lavoir (www.laundrolounge.net) à deux pas du centre-ville. Derrière ses machines à laver, elle dispose d’un petit atelier où elle fabrique des boucles d’oreilles et des colliers. Elle en vend parfois à ses clients, principalement des touristes. Dans son lavoir, on peut aussi voir ses œuvres et attendre son linge en lisant ou en bavardant. Juliet adore Sarajevo, mais déplore la lenteur de l’administration en Bosnie. Dans les quartiers à l’ouest du centre, une femme musulmane m’indique le chemin. Elle se sent bien à Sarajevo car il n’y a pas de quartier pour les uns ou pour les autres. « Regardez, il y a une mosquée et une église. C’était comme ça avant la guerre et le conflit n’a rien changé à la situation. » Si la Bosnie souffre encore (économiquement) de la guerre et des tensions qui subsistent au sein de ses peuples, Sarajevo démontre que l’inverse est possible. La ville ne compte qu’un bon demi-million d’habitant mais le dynamisme et les rencontres entre les gens de tout bord et de toutes ethnies (car oui, c’est par là que les conflits ont commencé) donnent envie de croire au meilleur. Oui, les marques du temps confectionnent l’univers mental et physique des gens. Il y a des guerres qui séparent et des villes qui unissent, Sarajevo en est une !
De Sarajevo, la route nationale mène vers Mostar, la deuxième ville du pays. Une autre ville qui espère bientôt être plus connue pour son architecture que pour les stigmates de la guerre. Mostar a beaucoup souffert car elle était au centre des combats entre Serbes, Croates et musulmans. Stefan y tient un petit hôtel dans le centre-ville. Il parle très bien allemand car, comme beaucoup de gens ici, il est parti vivre en Allemagne, d’où il est revenu après quelques années. D’abord pour être guide touristique puis gérant d’hôtel. Il en a marre des institutions lourdes. « Tout est dans les mains des régions de ce pays. Le gaz, l’électricité, etc. Il faut d’abord savoir quelle électricité vous voulez, serbe ou croate… » Il ne compte pas non plus le nombre exorbitant de ministres, d’institutions et de parlementaires que compte la Bosnie. Il préfère faire dans la légèreté et l’humour. Je lance un « Hello » en arrivant et le check-in est fait, on se passera de formalités ! On est une famille dans son hôtel et il sait pourquoi : il vient de la partie serbe de la Bosnie, mais il est catholique et non orthodoxe. Trouvez la logique. Stefan m’indique l’entrée de l’immeuble criblé de balles d’où tirait l’armée croate vers la partie musulmane de la ville. La vue est « belle », l’histoire est glaçante.
L’histoire et l’avenir ne sont jamais bien loin en Bosnie. À quelques kilomètres de Mostar, je continue mon chemin vers Dubrovnik en Croatie. J’utilise un nouvel itinéraire cyclable dont le tracé suit l’ancienne ligne de chemin fer depuis Mostar vers la Croatie (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). Les paysages sont magnifiques. Le parcours traverse des villages fantômes. Le sud de la Bosnie s’est vidé de ses habitants fuyant la guerre et le marasme économique. Le calme est saisissant. On est loin du tourisme sensationnel. Le vélo silencieux permet encore mieux de se réserver un moment de réflexion. Le tout sur un itinéraire cyclable qui incite à en faire davantage pour la Bosnie. Le pays ne dispose pas de plages ou d’îles comme la Croatie voisine. Pas grave, des touristes responsables lui conviennent très bien. Traverser la Bosnie à vélo, ce ne sont pas seulement des montagnes et des villes, c’est aussi ouvrir un livre d’histoire, l’histoire de l’Europe. Les mollets seront assez sollicités, c’est vrai, mais la Bosnie vaut bien cela, vraiment !

NEDERLANDS

Via Servië fiets ik naar Bosnië-Herzegovina. Dit land is één van de vroegere Joegoslavische republieken. Bosnië is als geen ander. In de hoofdstad Sarajevo werden Aartshertog Franz-Ferdinand en zijn vrouw vermoord. Dit leidde tot het begin van WO1.
Bosnië kennen we nog van de oorlog die er tussen 1992 en 1995 woedde. Na de dood van Tito rezen nationalistische eisen in de verschillende deelrepublieken van Joegoslavië. Zij verklaarden later hun onafhankelijkheid. Zo ook Bosnië. Maar de weg naar onafhankelijkheid zal moeizaam verlopen want hier wonen Kroaten, Serviërs en Moslims. De andere deelrepublieken zoals Kroatië en Slovenië zijn vooral mono-etnisch. De Serviërs in Bosnië weigeren de onafhankelijkheid te erkennen omdat ze er een minderheid zijn. Maar Bosnië wordt toch onafhankelijk op 7 april 1992. Als gevolg hiervan, stuurt het ultra-nationalistisch regime van Servië het leger naar Sarajevo. Gedurende 4 jaar is Sarajevo in handen van het Servische leger en Servische milities. Er vallen meer dan 5000 doden. Bosnië ontstaat in het puin van de oorlog.
We herinneren ze ons nog, die beelden van de Sniper Alley in hartje Sarajevo, elke dag op televisie. Oorlog woedde opnieuw in Europa sinds WOII. De Amerikaanse president Bill Clinton (en niet de verdeelde Europese Unie) slaagde erin de drie partijen (Serviërs, Kroaten en Moslims) rond de tafel te krijgen. Men slaagde erin de oorlog te beëindigen en de staatsstructuren van Bosnië vast te leggen in een grondwet die door alle partijen aanvaard werd. Het resulteerde in een zeer zwakke staat met twee entiteiten: één voor de Kroaten en één voor de Serviërs.
De Moslims zijn verdeeld over het hele land. De entiteiten hebben veel bevoegdheden, een eigen parlement en een president. Van samenwerking tussen de deelstaten is er echter nauwelijks sprake.
De hoofdstad Sarajevo geeft nochtans een ander beeld weer van Bosnië. Sarajevo is multicultureel! Hier leven Serviërs, Kroaten en Moslims bij mekaar. Er zijn geen afzonderlijke wijken voor de verschillende gemeenschappen.
De oude stad is de Turkse buurt. Hier lopen veel toeristen rond. Te veel om de wijk nog als echt Turks aan te voelen. Toch zijn er nog enkele ambachtslui, zo Zejnil, metaalbewerker. Een stalen fietskader rechtzetten is voor hem een ‘fluitje van een cent’.
Enkele straten verder kom ik Juliet tegen. Uit Australië is ze naar hier gekomen. Ze loopt stage in enkele musea en als juwelenmaakster. Het bevalt haar hier best. Om rond te komen opende ze een wasserette (www.laundrolounge.net) die vooral op toeristen rekent als klanten. Terwijl de wasmachines draaien werkt ze in haar atelier in dezelfde ruimte. Ze vindt het dynamisme in Sarajevo geweldig maar betreurt de logge administratie van Bosnië.
Net buiten het centrum wijst een moslima mij de weg. Zij vindt het hier goed leven. De buurten zijn voor en van iedereen. « Kijk, daar een moskee en daar, een kerk. Dit is al altijd al zo geweest. »
Sarajevo was in het Joegoslavië van Tito dé stad bij uitstek waar het goed leven was, bekend van onder meer het nachtleven. Trendy Sarajevo organiseerde ook de Olympische spelen in 1984. Daar blijft nog maar een afgedankte bobslee-piste van over die nu door de ‘street artists’ een nieuw leven krijgt. Voor het nachtleven is men nog steeds op het juiste adres. Sarajevo bruist van het leven.Sarajevo is geen lab voor multiculturalisme, Sarajevo is multicultureel.
Van hieruit reis ik door naar Mostar. Ook hiervan blijven nog beelden over. Misschien vakantiebeelden met de oude brug die de bewoners van de oude stad (vooral Moslims) verbindt met de het oostelijk gedeelte (vooral Kroaten). En dan herinneringen van het dagelijks geweld tussen de gemeenschappen, tijdens de Bosnische oorlog. Ik overnacht in Hostel Golden Bridge. De eigenaar Stefan spreekt perfect Duits. Net als veel landgenoten vluchtte hij naar Duitsland om een nieuw leven te beginnen maar hij keerde terug. In Mostar werkte hij als gids en opende later een hotel. De zware staatsstructuren is Stefan meer dan beu. Hij wil zelfs niet weten hoeveel ministers en parlementen er in Bosnië zijn. « Alles is hier in handen van de deelstaten. Zelfs voor elektriciteit moet je weten of je die Kroatisch of Servisch wilt. » In zijn hotel houdt hij het liever simpel. Bij het binnenstappen ben je meteen ingecheckt, zonder enige formaliteit. Betalen kan pas nadat je geslapen hebt en vertrekken, dat doe je wanneer je wil.
Hij toont mij de ingang van het gebouw van waaruit de Kroatische militairen in de richting van de Moslims schoten. Het uitzicht is indrukwekkend…ik krijg er rillingen van.
Vanuit Mostar rijd ik door naar Dubrovnik in Kroatië. Fietsers genieten nu van een nieuwe fietsroute (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). Het zuiden van Bosnië is dun bevolkt. Ik rijd door spookdorpen. Dit is geen sensatietoerisme. De stilte is aangrijpend. De fiets is dé ideale manier van reizen door dat open geschiedenisboek. Bosnië heeft geen lange kustlijn noch eilanden als in Kroatië. Geen massatoerisme dus maar verantwoord toerisme. Bosnië heeft het broodnodig.

ENGLISH

My way through the Balkans goes on via Bosnia; this small country is one of the former Yugoslav republics.
The murder of Franz Ferdinand in the Bosnian capital Sarajevo is accepted as the cause of World War I. More recently we have known Bosnia for the war that took place between 1992 and 1995. After Tito’s death nationalism in the Yugoslav republics grows and leads to the independence of those republics. The same goes for Bosnia, but the way to independence is more difficult as Bosnia is the only multiethnic republic, formed by Serbs, Croats, and Muslims. The Serbs fear they will become a minority in the new country. Bosnia’s independence is recognised on 7th april 1992. But the Bosnian Serbs, whose aim was to create a new state including only the Serbian part of Bosnia with a Muslim minority, encircled and assaulted the city almost 4 years after the independence was declared. Bosnia is born in war. We still all have the images in our mind of Sniper Alley in Sarajevo. This event marked war taking place on the European mainland once again.
The Dayton agreements put an end to the war and the State of Bosnia Herzegovina was set up as two entities, the Croats and the Serbs. The Muslim population is spread all over the country, but has no official role in the government. The Croats and Serbs each have their own parliament, ministers, and local government for practical things such as road works, education etc. Both entities however are not into working together to make a strong Bosnia.
Today Sarajevo looks like any other multicultural city. There are no « neighbourhoods for Serbs » or « Croat neighbourhoods ». People live close together as the city is sandwiched between mountains. The old town (also known as the Ottoman quarter) has too many tourists walking around to really feel Ottoman but the skyline could be the one of Istanbul. And some craftsmen are still working out there. So does Zejnil, a scrap dealer located in between the shops and the restaurants. He knows how to repair steel bike frames!
A bit further away I stop to talk to Juliet, she’s Australian but moved to Sarajevo for an apprenticeship in a museum. She later openend the Laundro Lounge (www.laundrolounge.net), a laundry where you can have a coffee while the clothes are being washed. Juliet holds a small metalworking studio behind the washing machines and her work is on display at the laundry.
A bit further away a muslim woman shows me the right way. « Look, there’s a mosque and a church. It has always been like this here. » For sure, Sarajevo is not just a lab for multiculturalism, it’s a diverse city. It used to be the place to be for its nightlife in Tito’s Yugoslavia. And it’s a sporty place too, the winter Olympics took place here in 1984. Today, Sarajevo is still a vibrant place at night but the bobsleigh track is now used by street artists. The city nevertheless is not intact; war wounds of defensive fighting holes are still visible on some buildings all over the city.
The main road leads from Sarajevo to Mostar. Bosnia’s second largest city is known for its old bridge linking the Croatian part and Muslim part. But most of us remember Mostar as the city which was the focus of bombing among Serbs, Croats, and Muslims during the Bosnian war. I stay at Stefan’s Golden Bridge Hostel. Stefan is a Catholic Bosnian Serb, but doesn’t care too much to which community he belongs to. He speaks German as he worked for several years in Germany but decided to come back, first as a tourist guide before he opened his own hostel. Bosnia is his home but he’s fed up with the crazy institutions here. He doesn’t wanna know how many ministers and MPs his country has. He deplores the power of the regional government and the lack of cooperation. « Even electricity is either Croat or Serb » he says. Unlike the Bosnian institutions he keeps it easy and simple at his hostel, say « hello » and check in is done.
Stefan shows me the building from where the Croat artillery used to shoot in the direction of the Muslim part of the city. The view on the city is amazing…and frightening.
From Mostar I cycle my way down to Dubrovnik in Croatia using the new cycling route that was inaugurated some years ago (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). It runs through the south of Bosnia to the shores of the Mediterranean Sea and it follows an old railway line. It brings cyclists to green landscapes that were abandoned during the war. The old station buildings along the way were closed after the last train ran on the tracks in the 70s. Cycling through Bosnia is definitely more than cycling through mountains and cities. This open-air museum brings us back in time and cycling is probably the best way to go. Miles away from tourists traps or black tourism. Bosnia’s history is one not to be forgotten. Responsible tourism won’t change Bosnia’s politics but certainly will help Bosnia be on the map of Europe again.

Baltic living (6/6)

Alexej

Alexej and Jean

(Scroll down for NL & ENG & gallery) Alexej vit avec sa femme dans la banlieue de Kaliningrad. Il fait gris et, après une journée de vélo sous la pluie, on m’accueille avec un repas chaud. La ville russe et sa région ne disposent de pratiquement aucun équipement pour les cyclistes et Alexej n’hésite pas à prendre son vélo couché le dimanche pour se balader hors de la ville. Sa maison est en pleine rénovation pour accueillir sa fille est ses petits-enfants qui vivent à Cologne. Avec aussi de la famille en France, il n’y a pas de doute, Alexej se sent russe et européen. Il me déconseille malgré tout de visiter l’extrême ouest de l’Ukraine, la partie peuplée par des Ukrainiens… Un conseil que je ne suivrai évidemment pas. Son hospitalité m’est plus chère. Alexej est fier de sa ville et tient absolument à me montrer tout le centre en voiture. Il me propose aussi la visite du musée de la mer qui exhibe la force navale russe avec notamment un ancien sous-marin. Le musée contraste avec le « quartier soviétique » autour, où règnent les tours à habitation de base qui rappellent l’URSS. Après cela, nous visiterons la ville en voiture, c’est rassurant.

NL Alexej woont in het westen van Kaliningrad. Ondanks het schrijnend gebrek aan fietsinfrastructuur is Alexej eigenaar van een ligfiets. Voor het woon werktraject verkiest hij de auto en dat is begrijpelijk.
Mijn host ontvangt me in zijn huis dat nog volop in renovatie staat. Hij verbouwt om zijn dochter en kleinkinderen die in Keulen wonen, te kunnen ontvangen. Er is ook nog familie in Frankrijk. Alexej reist vaker door Europa en voelt zich ook Europees. Zoals vele Russen hier in Kaliningrad wantrouwt hij het gezag van Moskou. Ik vertel hem dat ik verder naar Kiev reist en hij raadt me dit af wegens de voornamelijk niet Russisch sprekende bevolkingsgroepen rond de stad Lviv. Ik dank hem voor zijn raad en ik waardeer vooral zijn gastvrijheid. Hij stelt me voor om zijn stad te ontdekken en een bezoek te brengen aan het Marinemuseum. Met de auto, een geruststelling…

ENG Alexej lives in the suburbs of Kaliningrad which I reached after one day cycling under the pouring rain. Unfortunately for him and for me, Kaliningrad has almost no cycling paths but Alexej doesn’t give up his weekly bike excursion on his recumbent bike. He drives to work by car on weekdays however… I easily respect his choice.
The house is still in renovation as my host wants it to be big enough to welcome not only cyclists but also his family members living in Germany and France. Alexej feels Russian and European and, as many Russians in this region surrounded by EU countries, he doesn’t trust Moscow that much. He warns me however that travelling to the Western part of Ukraine might be unsafe. Im thankful for his hospitality that doesn’t stop at his house. Together we tour around town in his car and we visit the Maritime Museum where Russia’s navy and power is displayed.

Russia without cycling lanes

Cycling in the Baltics

L’Estonie en capitale, avec le E d’Europe

Tallinn Old Town

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Une courte traversée en bateau me mène d’Helsinki à Tallinn. Cette « petite » capitale étonne par son dynamisme. Le port pour les bateaux de passagers est tout proche de la vieille ville. Ça tombe bien. La vieille ville est entièrement rénovée et ne se limite pas à quelques rues. Dès 1966, la vieille ville devient une zone de conservation, la première en URSS! Des villes hanséatiques, on retient surtout les bâtiments aux briques rouges. Tallinn est cependant une des rares villes dont les bâtiment médiévaux ont été conservés, tel l’hôtel de ville. Certaines rues du centre sont interdites même aux vélos. Le piéton y règne en maître et l’ambiance y est bon enfant.
A quelques kilomètres du centre, on arrive à Kalamaja, l’ancien quartier des pêcheurs et des ouvriers ensuite. La combinaison de maisons en bois et des anciennes usines et on devine déjà la suite: des cafés trendy et des entrepôts prisés par la scène artistique.
C’est la gaypride en ce samedi de juillet: on célèbre les différences. On craignait des perturbateurs à la fête mais il ne seront que quelques-uns cette année. Bien moins que le nombre de drapeaux arc-en-ciel dans les rues. Mais aussi des drapeaux européens car l’Estonie préside le Conseil européen pour six mois. Tallinn la hanséatique, l’européenne et ouverte a tout d’une grande ville.

NEDERLANDS

Een korte oversteek vanuit Helsinki en hier is Tallinn. Van de boot naar de oude stad in nog geen 2 minuten. De stad is niet groot maar het oude stadsgedeelte is volledig gerenoveerd. Bijna te blinkend. Renoveren is niet nieuw: Tallinn was de eerste stad van de Soviet-Unie die vanaf 1966 gerestaureerd zou worden. Geen rode bakstenen gebouwen die we gewoon zijn in de handelssteden rond de Baltische Zee. Tallinn heeft nog middeleeuwse gebouwen zoals het stadhuis. De fiets moet aan de kant in sommige straten. De auto’s ook.
De oude arbeidersbuurt Kalamaja is aan zijn gentrificationproces begonnen. Trendy bars rijzen er als paddestoelen uit de grond en de artistieke wereld heeft haar intrek genomen in de oude pakhuizen. Met de fiets ben je zo weer weg uit die bekende buurten. In de periferie heeft het communistisch regime ook zijn sporen achtergelaten…Dat architecturale melting pot bevalt me. En de sfeer ook. De regenboogvlaggen voor de gaypride wapperen naast die van de Europese Unie. Estland is voorzitter van de Europese Raad. Klein maar fijn Tallinn? Jazeker, Baltisch en Europees erbovenop!

ENGLISH

Tallinn is only 2 hours away  by boat from Finland. It’s Estonia capital and the ideal place to start cycling down the Baltic states. Tallinn is a Hanseatic city but unlike the other cities the typical red brick buildings are missing. Tallinn has a superb refurbished medieval city centre. Renovating buildings is not new as the city was USSR’s first conservation area as from 1966. The old town and its medieval architectural highlights are shining as if they were brand new. It goes without saying that cars are not allowed in the cobble stoned streets but bikes are not allowed neither. Let’s have a walk and get as far as Kalamaja: the trendy neighbourhood is now a heaven for the artistic scene. However, the weight of the colonial past is never far behind: Soviet symbols and buildings are still visible all over the city from petrol stations to residential buildings. Nor is the future: I visit Tallinn during the annual gaypride and during Estonia’s 6 months presidency of the European Union. Tallinn celebrates all kinds of freedom.

 

Functionalism and beauty of Sweden

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La lumière se faisant si belle, je décide de monter encore plus vers le Nord… la Suède. Ce vaste pays fascinant par ses étendues, ses lacs, ses maisons rouges et son savoir-vivre. Les routes se font plus longues et plus rares. Une solitude s’installe et le temps varie d’un jour à l’autre. Le camping sauvage est un droit en Suède. Il y a assez de lacs et de plages désertes pour que tout le monde y dorme confortablement. Je rencontre les Suédois au gré des chemins. De mon vélo, la Suède a l’air parfaite. Les Suédois me contredisent, mais ils admettent qu’on n’est pas loin de la perfection. Les trains sont en retard quand il neige et l’énergie solaire bientôt découragée fiscalement pour sauver les fournisseurs d’énergie. En revanche, nombreux sont ces hommes tatoués et décomplexés qui se baladent avec leur enfant sur la poitrine. Les magasins sont ouverts le dimanche, l’économie n’est pas déconnectée de l’être humain. Un laboratoire social qui marche plutôt bien : dans les quartiers multiculturels du sud de la ville, le « nous » l’emporte souvent sur le « eux » car… on est Suédois et il n’y a pas « d’autres ». Les enfants d’immigrés bosniaques jouent avec les enfants de la famille marocaine. On n’en fera pas des Suédois, ils sont déjà Suédois! Les immeubles fonctionnalistes des banlieues sont peu rassurants. L’idée que chacun aurait une cuisine, une voiture et un arrêt de bus tout proche a fait son chemin. Tout ceci est tellement normal de nos jours qu’après rénovation, certains quartiers aux immeubles tout simples sont devenus impayables. Un fonctionnalisme qui se paie! J’arrive à Stockholm après 2000 km sur mon vélo. La perfection en ce qui concerne l’aménagement pour les cyclistes. Je commence à m’y faire. Les mollets font une pause bien méritée et le vélo passe à l’atelier. Ca tombe bien, c’est Midsommar le 23 juin. Le pays fête collectivement l’été. Stockholm profite des journées longues où le soleil ne se couche pas vraiment. La ville ne s’arrête pas non plus. On ne va pas pédaler mais plutôt danser…

NEDERLANDS

De wegen worden smaller en de afstanden langer. De bossen zijn uitgestrekt en je kan er vrijwel overal kamperen. Het staat in de Grondwet! Ik verkies meertjes en verlaten stranden boven de uitgestrekte bossen. Kies je kamer in Zweden!
Alweer kom ik nieuwe mensen tegen op Route60. Ze herinneren mij eraan dat het land niet perfect werkt. Ook hier zijn de treinen vertraagt als het sneeuwt. Groene zonne-energie wordt fiscaal minder aftrekbaar om tegemoet te komen aan de traditionele energieleveranciers.
Wel opvallend zijn de mannen die complexloos met hun kind door de straten kuieren, al dan niet vergezeld van hun vrouw, of man. De supermarkten zijn op zon- en feestdagen geopend. Door mijn nieuwe kennissen beland ik in de multiculturele buurten ten zuiden van Stockholm. De woongebouwen zijn eenvoudig maar het fonteintje aan de metrohalte werkt. Er is een supermarkt en een parking. Vanaf de jaren 60 moest je hier alles bij de hand hebben: een individuele keuken, een auto en openbaar vervoer. Het leven vindt plaats op het centrale plein in de buurt. De woonblokken zijn circulair gebouwd en de barbecues bevinden zich in de centrale tuintjes nabij de kinderspeeltuin. Mijn gastgezin ontvluchte de oorlog in Bosnië. En de buren ontvluchtten andere oorlogen in andere landen. De kinderen van overal spelen samen voetbal. Een moeder van Morakkaanse origine vertelt me de we hier allemaal Zweden zijn. En je bent wat je wilt.
Stockholm bereik ik na 2000 km fietsen. Eind juni is het Midsommar festival. Het land viert de zomer. Stockholm slaapt niet en de zon gaat er niet helemaal onder. Ondanks het licht wil ik de kuiten de verdiende rust geven, niet fietsen dus. Er zal veel gestapt en gedanst worden…

ENGLISH

Northern vibes bring me to Sweden. One of the few countries where you can pitch your tent almost everywhere. « Allmansrätten », or « Everyone’s right » means everyone’s access to Sweden’s countryside. It’s part of the cultural heritage. I choose to sleep near clean lakes and cold rivers. At some places there’s a fireplace to enjoy summer evenings around a fire. The roads are almost empty and the forests unspoiled. Everything’s alright in Sweden? To me, yes. But Swedes on Route60 do complain about delayed trains because of heavy snowfall. And solar power is being discouraged to help traditional power suppliers. Just try to make sense of that. However supermarkets are open on Sunday. The generous welfare system relies on a strong economy. It makes sense.
Functionalism is everywhere. Southern Stockholm suburbs are full of those refurbished multi-storey buildings from the 60’ where everything is included: the small kitchen, a bathroom and also a supermarket and a busstop nearby. And a fireplace for everyone in the middle of the yard. People should gather together during the short summer nights. This is precisely what Im gonna do with my new friends in Stockholm. Im in the capital city at the end of June and there’s a party everywhere. « Midsommer » celebrates the beginning of the summer. It’s like wild camping: there’s room for everyone!