A vélo en Tunisie. Encore plus proche.

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(NL & ENGLISH, video and photos below)

Le Sud de l’Italie étant entouré par la mer Méditerranée, je ne peux continuer davantage vers le Sud du continent européen car la mer sépare l’Europe de l’Afrique. Un continent est une sphère d’influence sur l’autre et inversement. Je me sens littéralement entre deux continents et la mer qui relie les deux cultures est fascinante. Un bateau relie Salerne en Italie à Tunis. L’Afrique n’est plus qu’à une nuit de navigation.
C’est en Tunisie qu’entre décembre 2010 et janvier 2011 ont eu lieu des manifestations et des marches de protestation contre la corruption, le chômage élevé et la répression. La Tunisie se veut si proche et si différente et elle fait cela très bien.
Du port de Tunis, je me dirige immédiatement vers la médina. Finalement, je ne suis plus si près de chez moi. J’aime ça. Dans la partie nouvelle de Tunis, c’est l’architecture coloniale qui domine. L’avenue de France est le centre névralgique de la capitale avec ses banques, ses cinémas, ses salons de thé… et sa cathédrale. Dans la capitale, je dois régulièrement passer par des contrôles de police. Plusieurs fois, on me demandera si je suis rabbin. Mais quel que soit le statut qu’on me donne, rabbin ou cyclovoyageur barbu, l’accueil par les autorités et les habitants est chaleureux. « Soyez le bienvenu en Tunisie, Monsieur ! » Quelques Tunisois me disent qu’on se bat ici contre les barbes longues et que les hommes aux longues barbes sont mal vus et parfois rejetés par leur famille et leur quartier. « On n’en veut plus ici, de ces barbes longues, on veut simplement vivre en paix dans notre pays et on veut que les touristes reviennent. » En effet, la Tunisie est fortement dépendante du tourisme et les événements récents (les attaques au musée du Bardo à Tunis, entre autres) affectent directement le tourisme et donc l’économie du pays.
Tunis, c’est la grande ville cosmopolite tournée vers l’Europe. Mais le grand sud tunisien n’est plus qu’à quelques centaines de kilomètres de là… J’y vais. La route longe la côte méditerranéenne. Les grands complexes touristiques manquent de touristes. C’est la basse saison et… les touristes boudent encore la Tunisie. À Sfax, des bateaux partent toutes les heures pour une petite croisière en Méditerranée au prix de 0,30 euro. Le bateau navigue vers les îles de Kerkennah. Cet archipel à 20 km des côtes ne dispose pas d’aéroport et est dépourvu de plages. Le relief est plat, des milliers de palmiers décorent l’horizon et tous les Kerkenniens se connaissent. Kerkennah, c’est le paradis pour les cyclistes. Et pour les touristes qui devraient un jour pouvoir s’y loger dans un énorme complexe touristique doté de plages artificielles. Quoique, pas sûr, car le promoteur est en faillite. On pourrait presque fêter cela… Il y a cependant encore moyen de transformer l’archipel en pôle touristique et ça créerait de l’emploi. C’est une question de choix…
Retour sur le continent et peu à peu les champs d’oliviers font place aux étendues plus arides du sud du pays. Les villages se font plus rares. Il faut penser à se ravitailler à temps. Mais les Tunisiens m’apportent tout ce dont j’ai besoin pour avancer sous la chaleur et passer les nuits froides dans la tente. On s’arrête pour m’offrir des boissons, des croissants,… Je disais bien que la Tunisie soigne ses visiteurs avec le sourire. À Douz, aussi appelée la « porte du Sahara », je rencontre Taha, passionné de vélo. Son fils de 12 ans a déjà fait le tour de la Tunisie à vélo. Ce père de famille ouvrier dans une école maternelle accueille volontiers les cyclistes de passage et a créé CyclotourismeOmar, une association faite pour et par des cyclistes. Il organise aussi la première édition du Festival des Voyageurs à Douz (http://www.douztravelersfestival.com). Un festival qui se veut une rencontre entre voyageurs du monde entier. Taha m’emmène, avec une autre cycliste allemande, pour une nuit de bivouac près des premières dunes du Sahara. L’humidité dès le coucher du soleil, le froid, et surtout le calme, valent les kilomètres dans les mollets. Avec la bande d’amis de Taha, nous chantons et préparons un pain dans le sable. La Tunisie a beau être proche de l’Europe, je me sens à mille lieues de chez moi…
Je pousse le vélo vers Tozeur, toujours dans le sud de la Tunisie. À la sortie d’un village, la Garde Nationale (disons la police touristique) propose de m’escorter jusqu’à Tozeur. Pour les agents, il est hors de question de me laisser camper dehors. La Garde Nationale a pour mission de garantir la sécurité des touristes. Elle le fait très bien. Si bien que j’embarque dans le fourgon et suis accompagné jusqu’à l’auberge de jeunesse de Tozeur, 90 km plus loin. Mon tour du grand sud tunisien se poursuit. Les grands espaces entre les villes me procurent de superbes endroits pour camper et les villages sont propices aux rencontres. Les villageois m’accueillent tel un chamelier du désert qui revient de loin… Et toujours, des automobilistes qui s’assurent que tout va bien. Ibrahim en est un. Il travaille pour une société qui exporte du gaz et il fait sa ronde car il est chargé de la sécurité. Ses journées de travail sont longues, de 8 h à 18 h avec des mois qui comptent parfois 25 journées de travail. Mais c’est vendredi, et lui et ses amis me convient à une sortie à Gabès, la ville industrielle du sud. Les trois jeunes hommes parlent arabe, français et aussi anglais. Ils connaissent le monde et savent qu’ils ne sont pas si mal lotis en travaillant pour une boîte étrangère. Mais ils n’excluent pas de vivre un jour à l’étranger… En remontant vers le nord, je fais halte à Sousse. Le centre-ville a été restauré et la médina grouille de vie. Je rencontre Ahmed. Il travaille comme assistant professeur en physique à l’université. Sa ville et ses plages, c’est son biotope. Nous nous retrouvons avec ses amis autour d’un thé. On mélange le français et l’anglais. On parle de politique, du droit des femmes, d’homosexualité,… Le monde n’a qu’à bien se tenir. La Tunisie de demain est là. Mais il y a du chemin à faire. Car pouvoir parler librement, c’est bien la seule chose qu’ait apportée la révolution. « Avant la révolution, on se faisait arrêter si on disait du mal de Ben Ali, la police était partout. Mais pour le reste, rien n’a changé. Il y a encore beaucoup de chômage et les politiciens s’en foutent », dit un ami. Ahmed confirme. Lui fait de la recherche en physique dans son laboratoire de l’université mais, faute de moyens, les résultats sont souvent obtenus dans d’autres pays qui profitent du savoir-faire tunisien… Les jeunes Tunisiens aiment leur pays mais ne le portent pas haut, faute de soutien de la classe politique. Des politiciens qui semblent avoir oublié que ce sont les Tunisiens qui ont changé le visage de leur pays en écartant la dictature du pouvoir. Seul espoir de voir changer les choses : le temps. Les Tunisiens que je rencontre savent que la liberté d’expression obtenue après une lutte acharnée est le début d’une autre histoire pour la Tunisie. En exemple, ils ont la Révolution française, qui n’a pas changé le visage de la France en quelques jours. Autour d’un thé vert, on s’accordera pour dire qu’il ne faut rien changer aux paysages de la Tunisie, ni aux Îles Kerkennah, ni au patrimoine artistique et culturel du pays. Et encore moins à l’accueil chaleureux que m’ont réservé les Tunisiens. Je me fais peu de souci à ce niveau-là.

NEDERLANDS

Na enkele honderden kilometers langs de Middellandse zee in Zuid-Italië kan ik zuidwaarts niet meer verder. Ik ben nog in Europa maar Afrika ligt plots dichtbij. Een nachtboot brengt me er naartoe, in Tunis, hoofdstad van Tunesië. Hier vond in december 2010 en januari 2011 de revolutie plaats. Massale manifestaties en protestacties tegen de hoge werkloosheid, tegen censuur en corruptie. Daarna kwam een einde aan het regime van Ben Ali, die meer dan 13 jaar lang Tunesië met een ijzeren hand leidde. Tunesië is al lang een toeristische bestemming bij uitstek voor zonnekloppers. Het land is bekend als « zo dichtbij en toch zo anders ». Dichtbij alleszins. Een nachtje slapen op de varende boot en ik ben er al! Zo anders eveneens. In de medina van Tunis, het historisch hart, voel ik me ver van huis. Des te beter. De medina bezoek ik te voet maar het moderne Tunis met zijn grote boulevards leent zich perfect voor een fietstocht. Het coloniale verleden is nog heel dichtbij. De architectuur in Tunis herinnert aan de aanwezigheid van de Fransen. De klokken luiden hier luider dan de muezzin vanop zijn minaret…
Meermaals vraagt de politie om mij te legitimeren, ze willen weten of ik een Rabbijn ben. Op zich is dit geen probleem, de ‘flikken’ wensen me hoe dan ook een fijn verblijf in Tunesië.
Opvallend is dat vrijwel niemand een lange baard draagt. Dat willen ze hier niet meer, verklaart een inwoner die zijn groene thee drinkt bij valavond. Hij, en waarschijnlijk alle Tunesiërs, willen weer veel toeristen zien aankomen. Tunesië was ooit een topbestemming. Door de aanslagen op onder andere het Bardo Museum, is het aantal bezoekers in Tunis drastisch gedaald.
De « Grand Sud », oftewel het zuiden van Tunesië, aan de rand van de Sahara, is nog maar enkele honderden kilometers verwijderd. Ik start mijn tocht doorheen Tunesië met de fiets. Aan de kust staan grote hotels waar maar weinig toeristen vertoeven. Het is laagseizoen een het toerisme ligt nog op een laag pitje.
Net zoals wanneer ik gemakkelijk op de boot stapte richting Tunesië, brengt een andere boot mij nu op de Kerkennah-eilanden. Voor 0,3 euro vaar ik er een uur lang over, ongeveer 20 km ver van de kust. De eilanden beschikken niet over een luchthaven en evenmin over zandstranden. Sinds enkele jaren echter komen de eerste toeristen de rust opzoeken. En de fietsers genieten van vlakke wegen tussen de duizende palmbomen. Her en der wordt de bouw van een reusachtig toeristisch complex aangekondigd, mét kunstmatige stranden. Of toch niet. De promotor is failliet gegaan. De vissers zullen er alvast niet om klagen. Het zal nog lang rustig zijn op Kerkennah, al is de sfeer onder de inwoners grimmiger geworden, sinds de revolutie.
Geleidelijk aan wordt het landschap dor en desolaat. In Douz, ook wel de poort van de Sahara genoemd, ontmoet ik Taha. Hij werkt in de lagere school en heeft veel fietsprojecten. Zo fietste hij met zijn 12-jarige zoon Tunesië rond. Met zijn fietsvereniging organiseert hij ook jaarlijks een festival waar reizigers elkaar ontmoeten (http://www.douztravelersfestival.com). Taha gelooft dat Tunesië een ideale plek is om elkaar beter te leren kennen. Gelijk heeft hij alleszins! Ik mag met hem en zijn vrienden mee voor een nachtje kamperen dicht bij de eerste duinen van de Sahara. We nemen de fietsen mee. En ook zetmeel om samen een « Saharabrood » te bakken. De rust en de sterrenhemel én de goede vrienden zijn de afgelegde 500 km vanuit Tunis meer dan waard!
De weg kronkelt verder richting Tozeur langs oases en dorpjes. De ‘Garde Nationale’ (die instaat voor de veiligheid van toeristen) onderbreekt mijn route echter en stelt me voor om de fiets op de pick up te zetten en in alle veiligheid naar Tozeur te gaan. Niet dat ik me onveilig voel in Tunesië, integendeel. Maar veel keuze is er niet. De agenten zijn echter gastvrij en bieden me zelfs aan even te stoppen voor een foto-moment.
De ruimte en prachtige landschappen zetten me aan om nog 4 dagen lang te fietsen in de Grand Sud. Rust, vriendelijke mensen, prachtige plekken om te kamperen in het wild,…alles waar ik zin in heb. De dorpen liggen echter ver van elkaar verwijderd. Veel voedsel en vooral water neem ik mee op de fiets. Automobilisten stoppen langs de weg om te vragen of alles goed gaat. Een melkboer stopt zijn vrachtwagen en biedt me verse melk aan. Anderen bieden me water en dadels aan. Zo ontmoet ik Ibrahim die instaat voor de beveiliging van de gasleiding voor een buitenlands bedrijf. De jongeman werkt van 8 tot 18 uur tot 25 dagen par maand. Maar net vandaag heeft hij 3 dagen vrijaf en hij stelt me voor om met enkele vrienden in Gabès vanavond uit te gaan. Hij en zijn vrienden spreken Arabisch, Frans en Engels en ze beseffen allemaal dat ze meer professionele mogelijkheden hebben in een groot bedrijf. Toch sluit niemand een carrière in het buitenland uit…
In Sousse ontmoet ik Ahmed, een assistent-professor aan de universiteit. Hij roept zijn vrienden erbij en we drinken samen een thee in de medina van Sousse. Over vrouwenrechten, homoseksualiteit en politiek praten we vrijuit. Dat was vroeger niet mogelijk! Voor de revolutie hing de politie overal uit en over de politiek mocht niet gepraat worden. Toch geloven de jongeren dat er niet veel gaat veranderen. Er is nog steeds heel wat werkloosheid. Vrije meningsuiting komt toch op, dat is al een goed begin. Zo blijven ze optimistisch: de Franse revolutie heeft het huidige Frankrijk toch ook niet in één dag geschapen, zeggen ze. We zijn het er allemaal over eens. Ook over de ruime landschappen en het rijk cultureel patrimonium van Tunesië: daar mag niets aan veranderen! Evenmin aan de gastvrijheid van de Tunesiërs… daar maak ik me nu weinig zorgen over!

ENGLISH

Cycling in Southern Italy means that once I will be as close as I can to the African shores. It’s a place where Europe meets Africa, where cultures mix and where people meet. Tunisia is only one night away with the ferry from the Italian harbour city of Salerno. Let’s go to Tunisia!
The Tunisian Revolution took place in December 2010 and January 2011. The population demonstrated and protested against the regime, the poor living conditions and the lack of freedom of speech. It led to the ousting of president Ben Ali.
Tunisia has always been a tourist destination but tourism dropped sinds terrorist attacks took place on a tourist resort and a museum.
Tunis, the capital is the perfect starting point for my cycling tour. The country prides itself as being different and close by for European tourists. In the Tunis’ medina however I feel miles away from home spiritually. Colours and sounds on the morning market. Let’s feel far away from home! The ‘ville nouvelle’ around the Avenue de France is the economical centre with colonial architecture, bars, and the cathedral.
Regular police controls on the streets of Tunis take place. The police often asks me the purpose of my travel. Locals in Tunis tell me that my long beard might be suspicious here. Indeed, I see almost no bearded men here. « A long beard is best avoided as it symbolises all the opposite of what we want: leaving peacefully and welcoming tourists again », says the old man. I feel welcome anyway, wether by police officers or by the locals.
Northern Tunisia is a mix of beaches, nice towns and millions of olive trees through which I easily find my way. I also take a boat to the Kerkennah islands some 20 km from Sfax. These islands have no airport nor natural beaches. For sure there is the potential to make more tourists visit the island by building infrastructure and beaches. It’s underway but already stopped as the real estate company in charge of a huge tourist complex went bankrupt. No extra jobs but nature is preserved…as long as petrol companies do not drill all the petrol nearby….
After leaving Kerkennah « le Grand Sud » or the southern part of the country with its sand dunes and arid landscapes is calling. Douz is the gateway to the Sahara where I meet Taha. He’s working in the elementary school and welcomes cyclists from around the world. He set up the first edition of the Travellers Festival (http://www.douztravelersfestival.com) in Douz to bring travellers closer and started a cycling association to promote cycling in the country. He and his friends take me and a German cyclist for a night out…near the desert. No disco nor beer here. Only songs, quietness, ingredients to bake bread and lots of stars above us. The perfect Saturday night out here.
Southern Tunisia and its friendly inhabitants make me want to start a tour on a self sufficient basis. One night will turn out in a police escort to the nearest hostel as the ‘Garde Nationale’ seems to care very much about the safety of the tourists. They will even stop the pick up to make some pictures of the sunset.
Locals too take care of cyclists on the small roads of the county. Im offered food and drinks by car drivers stopping to say hello and make sure I am fine. Ibrahim is one of these. He’s driving all day to check the facilities of a gaz company. He works 10 hours a day up to 25 days a months. He realises he’s well off working for an international company. But working abroad is still an option. He and his friends offer me to go for a evening out in Gabès. We all mix French and English as we speak while having a meal. No doubt, Tunisians make foreigners feel comfortable!
In Sousse I meet Ahmed, an assistant professor at the University of Monastir. Again, his friends quickly join us and invite me for a tour around the medina. This generation is not afraid of talking about women’s rights, homosexuality and politics. They tell me that before the revolution people got arrested when getting out the wallet about the president. « We now got freedom of speech but nothing else has changed », says a friend. Fortunately the youngster are aware that this small step towards freedom might be the next big step towards a sound economy and a fair political system. I can’t deny I feel pity to see that a country where the Arab revolution started is not yet carried by its population.
Cyclists shouldn’t wait to visit Tunisia. The country is rather flat and offers a variety of landscapes that suits everyone. Tunisians are still waiting for politicians that listen to them. But they can’t wait to welcome even the most interpit cyclists!

 

By bike Moldova and Romania

Cycling in Ukraine

 

War in Donbass, colours in Kiev

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Tanya’s art

(Scroll down for NL & ENG & gallery)

Après 5850 km sur le vélo, Kiev, la capitale de l’Ukraine, est en vue. J’arrive à Kiev par les quartiers nord. Andriy et sa compagne y vivent dans un appartement attribué aux « réfugiés du Donbass ». En effet, Andriy vient de l’est de l’Ukraine (le Donbass) où ont lieu les hostilités entre les pro-russes et les Ukrainiens. Son frère également a dû fuir leur région natale : les pro-russes sont entrés dans la maison et y ont vu une photo de famille devant des drapeaux ukrainiens en arrière-plan. C’est suffisant pour se faire tuer ! L’appartement qu’Andriy loue à présent pour une bonne centaine d’euros seulement n’est cependant pas enviable : les châssis sont délabrés, les parties communes vétustes, la cuisine est inachevée… tant pis. Il ne sait pas dans quel état se trouve sa propre maison dans le Donbass, la région étant en guerre. À Kiev, Andriy est journaliste, métier qu’il exerce depuis toujours. Pendant l’ère soviétique, le journalisme était considéré comme un métier « facile » que tout le monde pouvait exercer, par conséquent il était mal payé, au contraire des ingénieurs ou des médecins. Le salaire n’a jamais augmenté depuis la chute du communisme. Pire, comme beaucoup d’Ukrainiens, Andriy a vu son salaire ramené à un tiers seulement, après l’invasion russe. Il a aussi connu le « fourchettisme » dans les années 1990 : les journalistes, trop peu payés, étaient invités aux réceptions des grandes entreprises. Un repas copieux était servi en échange d’un article bien ficelé ! Aujourd’hui, Andriy serait déjà bien content de pouvoir écrire ses articles de chez lui mais la rédaction a d’autres priorités.
Sa compagne Tanya met de la couleur non seulement dans leur vie mais aussi dans l’appartement. Elle est artiste et dessine sur les murs dépourvus de couleur ou de tapisserie. Inspirée entre autres par les peintures de Van Dyck et Jérôme Bosch, elle vend ses dessins aux « quelques fous qui veulent encore acheter de l’art ». Ses dessins en trompe-l’œil dans la salle de bains font oublier tout le gris de l’appartement.
Andriy passe ses week-ends à vélo. Il a de quoi regretter le manque d’infrastructure cyclable à Kiev. Il n’est pas tendre avec la petite association cycliste de la capitale : cette association reçoit des fonds de l’Union européenne et organise des soirées « cyclistes » en été. Il vaudrait mieux attribuer l’argent à l’aménagement de l’infrastructure. Le quartier d’Andriy et Tanya est celui d’immenses tours à appartements en très mauvais état et des tours nouvelles sont érigées, tout aussi simples et laides. Les appartements neufs n’ont absolument aucun charme. Les projets immobiliers sont dénués de logique urbaine. L’aménagement de l’espace urbain n’existe pas ici, avec comme résultat des tours dans tous les quartiers mais sans écoles, ni crèches, ni parkings. Les tours « soviétiques » ne valent guère mieux : les propriétaires réparent les châssis et fournissent des terrasses ou des ajouts aux immeubles existants, sans normes ni esthétique. Une cacophonie de couleurs et d’extensions illégales met à mal le patrimoine architectural d’origine. Je vois que quelques jeunes du quartier ont installé eux-mêmes un petit parcours VTT dans le parc. Il y a de l’espoir ! Quelques bancs publics tout neufs, aux couleurs vives sont, quant à eux, bien visibles. Le nom du politicien ou de la politicienne les ayant commandés est inscrit sur le dossier. La politique est partout et malheureusement, la guerre n’est pas loin non plus : dans le cimetière communal, on enterre les soldats qui étaient partis se battre dans l’est de l’Ukraine. On ne sait cependant pas s’il s’agit de militaires officiels ou de membres de milices. L’Ukraine souffre encore d’une autre maladie: des radios officieuses diffusent des chansons de haine et la pensée militaire est bien trop présente. Certes, les Russes ont envahi le Donbass mais cela n’a fait qu’éveiller des tensions au sein des Ukrainiens, dont certains sont russophones, d’autres parlant l’ukrainien. Peu importe la langue : le marasme économique dans lequel le pays se trouve, ainsi que la classe politique, divisent non seulement le pays mais aussi les Ukrainiens entre eux. Seule certitude pour Andriy et les habitants du quartier : ils savent où aller en cas d’invasion russe, l’adresse de l’abri est indiquée sur les murs du quartier.

NEDERLANDS

Na 5850 km bereik ik Kiev, de hoofdstad van Oekraïne. Het noorden van Kiev is een groot voorstedelijk gebied met veel appartementsblokken. Hier woont Andriy met zijn vriendin in een appartement. Hij noemt het een « flat voor migranten uit Donbass ». Donbass is de streek in het oosten van Oekraïne waar Russische rebellen en het Oekraïense leger oorlog voeren. Andriy heeft er een huis maar hij weet niet of het er nog staat ofwel in puin is. Pro Russen die de huizen doorzochten, zagen een foto van hem en zijn broer met symbolen en vlaggen van Oekraïne op de achtergrond. Dat is al genoeg om veroordeeld te worden. De familie heeft alles achtergelaten en is naar Kiev gevlucht. Het gehuurd appartement in Kiev verkeert in slechte staat: het heeft oude ramen, een onafgewerkte keuken en grijze muren. Gelukkig worden de muren door zijn vriendin Tanya versierd met haar eigen creaties. Ze is artiest en verkoopt allerlei tekeningen aan enige zeldzame « gekken die nog geld uitgeven aan kunst ». Het appartement is thans een soort van groot tekenblad, haar inspiratie haalt Tanya zelf uit de kunstwerken van Van Dyck en Jeronimus Bosch.
Andriy is journalist in Kiev. In de Sovjetperiode kon hij voor een krant tegen een laag loon aan de slag, zogezegd omdat het een « gemakkelijk beroep » is, zonder enige specifieke vereiste, in tegenstelling tot ingenieurs en dokters. Net als voor vele Oekraïners is zijn inkomen met bijna twee derden gedaald na de Russische invasie. Andriy heeft tevens het « fourchettisme » van de jaren negentig gekend: journalisten werden uitgenodigd op recepties en aten op kosten van bedrijven, in ruil voor een gunstig artikel in de krant. Graag zou hij van huis uit willen werken maar dat is helaas nog niet mogelijk.
In zijn vrije tijd gaat de journalist vooral rondfietsen ondanks het schrijnend gebrek aan infrastructuur daartoe. Andriy hekelt ook een kleine fietsvereniging in Kiev. Die ontvangt Europese subsidies en organiseert er « fietsavonden » mee voor de promotie van het fietsen. Het zou efficiënter zijn om de politici te benaderen teneinde de grote lanen van de hoofdstad, van parkings en fietspaden te voorzien. Dat zou bruikbaar en doeltreffend zijn.
De verouderde hoge woontorens kenmerken de buurt van Andriy en Tanya. Ook de torens uit de Sovjetperiode zijn in slechte staat. Daarenboven verbouwt iedereen zijn appartement met een terras of nieuwe ramen, echter zonder aanwezige reglementering, dus zonder regels. De oude woonblokken worden er niet fraaier door. De nieuwe woontorens, even saai en zonder enige charme, zijn het resultaat van de immo promotoren die misbruik maken van de laksheid van de locale politici. De eenvoudige woonéénheden waarborgen een onderdak voor de mensen in de stad maar de infrastructuur en de ruimtelijke ordening laten te wensen over. Er zijn geen parkings, scholen, crèches, noch sociale aangelegenheden. En uiteraard geen fietspaden. Nieuwe zitbanken zie je her en der op straat, ze vermelden wel de naam van de politicus die ze besteld hebben. Zitbankliefhebbers worden verwacht…
Jeugdverenigingen hebben een mountain bike-parcours aangelegd op braakliggende gronden in de omgeving. Nu kan het nog. Dat is pas ondernemend!
Even verderop wijst Andriy op geschreven tekst op de muren van gebouwen: het is het adres van de dichtstbijzijnde schuilplaats tegen een Russische aanval of invasie.
In het kerkhof wijst Andriy op de graven van overleden soldaten na hun gevecht in het Oosten. Toch is het geen militair kerkhof. Aan de militairen die aan het front gesneuveld zijn, wordt geld noch ceremonie besteed. Andriy is er echter van overtuigd dat de oorlog in het Oosten van Oekraïne méér is dan een gewapend conflict tussen de Pro Russische rebellen en het leger. Illegale radio’s zenden haatliederen uit die tot geweld aanzetten. Ook milities zijn tegen het regime en gaan gewapend tegen het Oekraïnse leger aan. De economische situatie verandert hierdoor: de import van buitenlandse goederen wordt bevorderd maar de modale Oekraïner wordt in de steek gelaten, of er nu Russische of Oekraïense taal gesproken wordt. De politiek en de bevolking zijn niet éénsgezind.

ENGLISH

I enter Kiev city limits after 5850 km on my bike. The most eastern point on Route60. Andriy and his girlfriend Tanya live in a flat allocated to the « Donbass Refugees ». Andriy fled the eastern part of Ukraine (Donbass) because of the fights between Pro-Russian troops and the Ukrainians. His brother left the family house as well as the Pro-Russians noticed a picture of him with Ukrainian flags in the background. And no one knows if the house still stands….
Andriy and Tanya’s rented flat has no isolation and looks unfinished without even a complete kitchen. Tanya is a painter and does not hesitate to paint the wall of the grey appartement. Andriy started his career as a journalist in the Soviet era. That job was considered ‘easy’ by the authorities and not well paid. After the fall of communism most journalist enjoyed free meals at receptions of private companies in exchange of a well-reasoned article. And the chance to make ends meet every month.
Andriy jumps on his bike every weekend to cycle around Kiev. Cycling infrastructure is scarce and the cycling association is more into organising cycling events than into reaching politicians. The neighbourhood in the suburbs of Kiev lacks any form of spatial planning. New apartment building almost as ugly as the old ones are sprouting like weeds but there are no schools, no kindergarten nor parkings around it. The street is at the mercy of real estate promotors.
Existing buildings are being equipped with new double glazed windows but every window has a different colour and scheme. Young people built a mountain bike race track in one of the abandoned parks. Local politicians do they share of the work to make it a better place by putting brand-new benches….with their names on it! In the local cemetery it’s not always clear if the buried soldiers were official servicemen or member of a militia army.
Besides corruption, Andriy thinks Ukraine is plagued by unofficial radios broadcasting hateful songs and the military way of thinking still sickens society. Russia’s invasion of the Donbass steer some tension amongst Ukrainians and some politicians take this opportunity to gain power. Some walls are tagged with the address of the place to shelter in case of military invasion. One of the few certainties for Andriy and many others in the neighbourhood.

 

Drifting silence in Chernobyl

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(Scroll down for NL & ENG & gallery)

Tout d’abord, il faut savoir qu’on ne va pas à Tchernobyl à vélo, à pied ou en voiture. Seules les agences de voyages sont autorisées à vendre des excursions d’un ou deux jours vers la « zone interdite ». Cette zone n’est pas synonyme de zone contaminée, il s’agit d’une zone de 30 km autour de l’ancienne centrale nucléaire qui est interdite au public. Tchernobyl… Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 explose à la suite d’un exercice de sécurité qui tourne mal. Ce qui suit, une explosion, un nuage radioactif et surtout… du silence.
Réserver une journée à Tchernobyl par quelques coups de clics, c’est se demander si on ne contribue pas à ce tourisme macabre qui existe dans plusieurs endroits du monde. En grattant l’internet, on se rend vite compte que l’offre de tourisme « noir » est le résultat de la demande… ou l’inverse. C’est presque choquant : les agences autorisées vous proposent une journée « pour épater vos amis » ou « dont vos amis seront jaloux » ! Après lecture de ces sites web tout aussi macabres, il faut bien passer à l’action. Je réserve. Aujourd’hui, je serai un touriste. Le minibus qui part du centre de Kiev est tout sauf discret : un grand logo atomique et ces mêmes phrases criantes affichent la couleur. Bref… Tchernobyl, c’est avant tout un lieu de recueillement et de réflexion. La veille du départ, je relis le résumé des événements du 26 avril 1986. Je lis une des versions possibles… juste comme ça. Une journée à Tchernobyl est émouvante. Le réacteur 4 se trouve sous son sarcophage récemment construit. Ce qui m’impressionne le plus, c’est le réacteur 5 pas loin. Ce réacteur est le même que le numéro 4 et était encore en construction lors de la tragédie. Les grues autour du « 5 » témoignent des travaux de construction subitement arrêtés après l’explosion du numéro 4. Le réacteur 5, c’est cette même vétusté que le 4, cette même machine mal conçue, cette même technologie à faire de l’énergie, cette même propagande pour montrer le savoir-faire soviétique…
En fin de journée, la visite continue vers Prypiat, la ville-dortoir ouvrière, fleuron de l’urbanisme soviétique, évacuée deux jours après l’accident. La piscine, le stade, le parc d’attractions, les appartements : tout y est pour un voyage à travers le temps. En revanche, pour ceux qui rêvent de revivre le moment quelques heures après l’évacuation, c’est raté. Pilleurs, vandales et autres visiteurs sont passés avant. Mais Prypiat reste le moment fort de la visite. Le compteur Geiger (appareil de détection de la radioactivité) mis à disposition montre parfois des niveaux de radioactivité 10 supérieurs à la normale. Pas grave, selon les guides, tant qu’on ne reste pas longtemps. Donc, on clôture la visite par les « radioactive hotspots » où on peut faire crier les appareils de détection. L’unique sensation forte que je me permets, c’est celle de m’arrêter un instant et d’écouter le silence qui règne à Prypiat. Avec les années, la nature a repris ses droits, des arbres et des plantes sortent de partout… mais la radioactivité est bien là. Ce silence rappelle aussi le côté dégueulasse de la radioactivité. On ne la sent pas, on ne l’entend pas, on ne la voit pas… La ville est morte et les gens sont partis. La journée se termine, le car remet son moteur bruyant en route et tout le monde passe par un contrôle de radioactivité. Il y a pas mal de photos à visionner. Je n’épaterai pas mes amis avec des photos de Tchernobyl, ce n’était pas le but…

NEDERLANDS

Bussen vertrekken dagelijks vanuit Kiev naar de centrale van Tsjernobyl, zo’n 120 km van de hoofdstad. Voor alle duidelijkheid, ik moet mijn fiets in Kiev achterlaten en met een toeristenbusje naar de kerncentrale van Tsjernobyl gaan. Sinds enkele jaren is het toegelaten om via een erkende reisagentschap naar de « exclusion zone » te reizen. Dit is de zone waar enkel werknemers en wetenschappers gaan, na controle op radioactiviteit op hun lichaam. Dit wil echter niet zeggen dat de hele zone radioactief is.
Tsjernobyl, dit is 26 april 1986. De reactor nummer 4 ontploft ten gevolge van een menselijke fout tijdens een veiligheidstest. De gevolgen kennen we, een radioactief wolk die richting Noord-Europa drijft en Sovjet-leiders die de catastrofe minimaliseren.
Sensatietoerisme draait hier op volle toeren. Tsjernobyl fascineert. Vandaag laat ik de fiets achter om ook een « dagje Tsjernobyl » te beleven. Een bezinningsmoment. Volgens de touroperators wordt dit een dag your friends will be jealous about. Maak sensatietoerisme nog macaberder. En het was te verwachten: de busjes naar Tsjernobyl  zijn beklad met dezelfde sensatiezinnetjes die we op de websites terugvinden. Discreet is anders. Eens aan boord volgen de grappen over hoe we doorheen megaradioactieve zones gaan rijden.
Een bezoek aan Tsjernobyl blijft een interessante en een ontroerende ervaring. Reactor 4 bevindt zich nu onder een sarcofaag om te beletten dat er nog radioactieve deeltjes de wereld ingaan. Niet ver van de sarcofaag zien we reactor nr. 5. Dezelfde als reactor 4. Dezelfde oude technologie, dezelfde onveiligheid, dezelfde propagandamachine, dezelfde rotzooi,…
De excursie wordt afgesloten met een bezoek aan Pripjat. De stad op nog geen 5 km van de kerncentrale was het symbool van modern Sovjeturbanisme en werd 2 dagen na de explosie in reactor 4 geëvacueerd. Toeristen op zoek naar een het-is-pas-gebeurd-gevoel zijn eraan voor de moeite: vandalen en plunderaars bezochten de stad eerder. Bomen en planten groeien terug tot zelfs tussen de gebouwen door. Waarschijnlijk zeer radioactief. Maar Pripiat in werkelijkheid zien is een onvergetelijk moment: mensen zijn er niet meer. De gebouwen zijn verlaten en getuigen van Sovjetwaanzin. De stilte wordt enkel doorbroken door het gepiep van de radioactiviteitmeters die op te hoge radioactiviteit wijzen. Pripjat is het enige voelbare element van de kernramp: de stad krioelde van het leven naast de kerncentrale en is nu een grote ruïne. Op het einde van de dag herinneren de lawaaiige motoren van de autobussen en de geplande selfiemomenten dat dit een dagexcursie is. De camera zit boordevol foto’s van de dode stad. Niets sensationeel.

ENGLISH

On 26 april 1986, reactor 4 of the Chernobyl Nuclear Plant takes fire and explodes. As a result, large plumes of radioactive fallout are sent into the atmosphere and drift over the USSR and Europe. Chernobyl is now a main touristic attraction in Ukraine.
No one is allowed to go to Chernobyl by private transport. Every tourist books a one or two day trip to the « exclusion zone » via a travel agency in Kiev. This zone is not a contaminated zone, it’s a 30 km radius around the old nuclear plant that’s forbidden for individual travel but workers are still commuting everyday to work on the remnants of the nuclear plant.
There is one point I think about while reading articles about the Chernobyl disaster. Should I consider going to the stricken power plant with other tourists with cameras and selfie-sticks? Am I not driven by my morbid curiosity? But I get over it as to me, it will be a moment of silence.
There’s only one agency left that accepts last minute bookings and I quickly realise that even a moment of reflection is not part of the day trip. The websites states that you are booking a trip « your friends will be jealous about ». The minibuses leaving Kiev to the plant are everything but discreet with their huge nuclear logos painted on it.
Visiting Chernobyl is an unforgettable experience anyway. Reactor 4 is now covered by a sarcophagus to contain radioactive material. Reactor 5, shut down in 2000, catches my eye as it is the same old reactor as reactor 4 that exploded. The same old technology, the same propaganda machine, the same misery.
The day trip continues to Pripyat, the most intriguing part of the Exclusion zone. The overgrown ghost town was once a Soviet city for the workers of the nuclear plant. Pripyat’s citizens were evacuated after the disaster and never came back. The city is now a photographers’s paradise. The amusement park is the city’s most photographed area. It had to open a few days after the blast took place… Silences settled in.
The tour guides hover Geiger counters over rusted debris to show radiation up to 10 times the normal level. It’s still safe as long as you don’t stay too long….they say. But everyone has to walk through a body scanner before leaving the Exclusion Zone at the end of the day. The scanner alarm doesn’t sound, everyone is allowed to leave. Back to Kiev with lots of memories in mind. Nothing to be jealous about. Lot’s of thoughts to meditate about.

Handmade in Kovel & shipped everywhere

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Stanislav and Elena 

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Stanislav et Elena sont des Ukrainiens russophones et habitent à Kovel, dans le Nord-Ouest de l’Ukraine. Ils ont 29 ans et fabriquent des accessoires de voyage pour vélos sous le nom de 7Roads (https://7rworkshop.jimdo.com). Du porte-gourde à la sacoche latérale pour les grands voyages en passant par le ‘saddle bag’, la sacoche à attacher sur la tige de la selle. Ils m’accueillent dans leur appartement et j’y découvre aussitôt leur bureau/atelier où tout se passe. Ils travaillent sur une table années 70, un peu griffée mais qu’importe. Ici, on crée et on vit avec ce qu’on a. Des croquis, des couteaux, des matériaux… et un ordinateur portable. Tout y est pour fabriquer eux-mêmes des articles qui transforment un vélo en bête de voyage ou de randonnée. Stanislav et Elena sont de la génération internet et savent comment s’en servir. Le matériau est commandé en ligne et livré chez eux; ils s’occupent ensuite de monter le produit. Ils font eux-mêmes les photos de leurs articles pour le site web. La vente et la communication se font via les réseaux sociaux. Tout sur le web… et pourtant ils fabriquent à la main. Pas d’usine ou d’atelier protégé, tout est fabriqué au moment où le client passe commande – le client qui est souvent un follower sur Instagram. À l’avenir, ils envisagent de faire leur premier petit stock pendant les mois d’hiver afin de répondre plus facilement à la demande croissante. En fait, Stanislav et Elena aiment leur train de vie car ils travaillent quand il y a des commandes et profitent des ballades à vélo quand le temps le permet. C’est le vélo qui s’adapte aux entrepreneurs et pas l’inverse. Il n’y a pas d’heure pour travailler, ils aiment fabriquer les accessoires qui se retrouvent sur les vélos partout dans le monde. Stressant ? Pas du tout ! Mais il faut être réactif : Stanislav garde les vélos quand je suis au marché avec Elena… et reste près de son portable pour répondre aux clients et à ses followers. Les deux ne vantent pas trop le « made in Ukraine » de leurs produits car, même s’ils se sentent bien à Kovel, ils iront peut-être vivre ailleurs pour de nouvelles aventures. L’essentiel reste la qualité « hand made », la proximité et le prix compétitif. Leurs mains qui fabriquent les produits sont flexibles et internet livre partout. Du moment qu’il y a du wi-fi… 7Roads, quand le web livre du fait-main. L’internet qui tue le petit commerce ? Pas vraiment. C’est à pied qu’ils vont acheter le pain au centre-ville. Le petit magasin de vélos pas loin a tout ce qu’il faut pour dépanner quand la bécane a besoin d’une réparation urgente. Helen m’assure qu’il n’y a rien de plus agréable que la balade en ville. Avant de lancer 7Roads, mes hosts habitaient à Kiev et Stanislav travaillait chez un marchand de vélos. Il réparait volontiers des vélos mais ne supportait plus le bruit des avions et de la circulation. À première vue, on gagne plus dans une ville selon lui. Mais une bonne partie de l’argent repart dans des choses qui ne rendent pas la vie plus belle : les loyers plus élevés, la voiture, des cours pour apprendre à gérer le stress… La ville de Kovel n’est pas très grande. Le jeune couple n’a pas de voiture et passe les week-ends essentiellement à vélo, au grand air, pour découvrir de nouvelles routes cyclables et tester leurs produits. Le train leur convient très bien quand ils vont voir des amis dans d’autres villes du pays. Les créateurs de 7Roads me montrent leur ville à vélo et me donnent des indications pour des nuitées dans un parc national de la région. Des lieux que seuls les amoureux de la nature connaissent. Stanislav et Elena ont déjà visité l’Europe à vélo pendant trois mois. La durée maximale d’un séjour avec visa touristique. Ils verraient bien l’Ukraine intégrer l’Union européenne mais il faudra d’abord faire le ménage dans la politique intérieure du pays. Une classe politique qui oublie ces Ukrainiens qui veulent faire avancer leur pays. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas ça qui empêchera 7Roads d’être partout.

NL Stanislav en Elena wonen in Kovel, een stadje dichtbij de Poolse grens. Beiden zijn 29 jaar oud en hebben enkele jaren geleden 7Roads opgericht (https://7rworkshop.jimdo.com). Een eigen merk voor allerlei fietstassen en artikelen om met de fiets te reizen. Zowel een flessendrager als de grotere reistas maken deel van het assortiment. De speciale zadeltas die rechtsreeks aan de zadelstang wordt aangehecht hoort daar ook bij. De twee Russisch sprekende Oekraïners wonen in een huurappartement in het centrum van Kovel. Hun woning is tevens hun kantoor en hun atelier. Ze tekenen het ontwerp op een computer en bouwen de tassen zelf…in de living. Stanislav en Elena zijn geen entrepreneurs pur sang. Wel fietsen ze elke dag en weten wat de huidige fietser van een fietstas verwacht. Het internet heeft voor hem geen geheimen. Op de fabricatie na gebeurt alles online: de promotie, de bestellingen, de prospectie. Uiteraard bestellen ze online al het nodige materiaal om de 7Roads-artikelen te vervaardigen. De klanten zijn eerder followers op sociale media. Zij bestellen ook online. Stanislav weet wel dat het snel moet gaan. Hij laat zijn gsm nooit los. De klant stelt een vraag en hij verwacht een antwoord binnen enkele minuten. Hun leitmotiv blijft snelheid, kwaliteit…en steeds met de hand gemaakt. De vraag groeit evenwel en voor het eerst zal er in de winter een kleine stock aangemaakt worden met de meest verkochte artikelen. De « digital makers » vrezen niet voor de verdwijning  van buurtwinkels. Artikelen die via het internet verkocht worden zijn haast niet meer in gewone winkels te verkrijgen en andersom. Ook zij wandelen vaker naar de fietswinkel voor herstelstukken of naar de bakker voor vers brood.
In hun vorig leven woonden Stanislav en Elena in de hoofdstad Kiev. Stanislav werkte er als fietshersteller. Een toffe job, maar het lawaai van de vliegtuigen boven de stad en de auto’s in de stad werd hem snel te veel. 7Roads brengt hen nog niet veel op maar in Kovel is het huren van een flat betaalbaar. Er zijn evenmin een auto of yogalessen nodig. Het leven is hier gewoon rustiger en de trein brengt hen naar andere steden als het moet. Hun vrije tijd wordt bepaald door de vraag naar artikelen maar dat is geen probleem. Hun passie is fietsen en de fiets past zich aan. Ze verkennen de streek rond Kovel, op zoek naar nieuwe fietsroutes. Steeds met 7Roads producten om die aan in de reële omstandigheden uit te testen.
De oprichters van 7Roads nodigen mij uit voor een fietstocht door de stad Kovel. Ze geven mij ook tips voor een overnachting in een nationaal park dat niet bekend is. Stanislav en Elena hebben reeds drie maanden lang door Europa gefietst. Langer gaat niet met een toeristisch visum. Voor hen kan Oekraïne niet snel genoeg bij de Europese Unie toetreden maar veel hoop is er niet. Het huidige establishment in Kiev heeft andere prioriteiten. Fietsen kent echter geen grenzen. Dat geldt ook voor 7Roads.

ENG Stanislav and Elena, both 29 years old Russian-speaking Ukrainians live in Kovel in northwest Ukraine. Together they make bike accessories called 7Roads (https://7rworkshop.jimdo.com). All hand made. The range of products includes gourd holders, paniers and saddle bags.
They welcome me in their apartment while I’m cycling from the Polish border to Kiev. The flat is the head office of 7Roads. Where it all starts. Sketches, knives, materials, … and a laptop. Everything is there to make their own items to turn a bike into a travel companion. Stanislav and Elena have two main tools: their hands to make their products and the internet to get them everywhere in the world.
The materials for 7Roads items are ordered on internet and delivered at their home. Stanislav and Elena design the items and start the production when someone orders. This is seldom a client and rather a follower on Instagram. The future looks bright for 7Roads but the hard work is not finished yet. Next winter they plan to have their first small stock in order to comply with the growing demand. Still handmade however.
The young entrepreneurs do have spare time when they are no orders. A 9-to-5 job is everything but what they want. This being said, the bike is never far away to discover new cycling roads in the region of Kovel and to put 7Roads items to proof.
They know how to be responsive to customers’s demand anyway. While I’m walking around the marketplace with Elena, Stanislav don’t got his hands off his mobile as he is answering to followers. The leitmotiv remains handmade products delivered everywhere at a fair price.The internet allows them to be quick and responsive, their hands allows them to be flexible. Therefore there are not a small business competitor nor a killer. The local bike store helps them finding the right repair tools for the bike. A quick walk to the local store for fresh bread appeals more than a Saturday excursion to shopping malls. It’s a way of living.
Stanislav and Elena used to live in Kiev and Stanislav worked as a bicycle mechanic. Repairing bicycle definitely made him happy but city chaos quickly made him wanna move to healthier places. At first glance, it seems easier to make more money in a big city. But a lot of money goes into things that do not make life more relaxing: higher rents, a car or yoga classes to destress. The two young Ukrainians I meet in Kovel take it from the other side. A life in a small town with no car and no stress is way more fun. Trains are slow in Ukraine but they do get them to other towns if needed. Stanislav and Elena show me around by bike in Kavel and they know where to sleep in Cheremsky National Park. Their travel tips are the guarantee for the best outdoors adventures ever!
Stanislav and Elena already visited Europe by bike for three months as it is the maximum stay with a tourist visa. Ukraine could never join the European Union quickly enough to bring more stability. For sure politicians in Ukraine don’t have bike industry nor cycling tourism on their list of priorities. This won’t stop 7Roads to be on more bikes soon.

Baltic living (6/6)

Alexej

Alexej and Jean

(Scroll down for NL & ENG & gallery) Alexej vit avec sa femme dans la banlieue de Kaliningrad. Il fait gris et, après une journée de vélo sous la pluie, on m’accueille avec un repas chaud. La ville russe et sa région ne disposent de pratiquement aucun équipement pour les cyclistes et Alexej n’hésite pas à prendre son vélo couché le dimanche pour se balader hors de la ville. Sa maison est en pleine rénovation pour accueillir sa fille est ses petits-enfants qui vivent à Cologne. Avec aussi de la famille en France, il n’y a pas de doute, Alexej se sent russe et européen. Il me déconseille malgré tout de visiter l’extrême ouest de l’Ukraine, la partie peuplée par des Ukrainiens… Un conseil que je ne suivrai évidemment pas. Son hospitalité m’est plus chère. Alexej est fier de sa ville et tient absolument à me montrer tout le centre en voiture. Il me propose aussi la visite du musée de la mer qui exhibe la force navale russe avec notamment un ancien sous-marin. Le musée contraste avec le « quartier soviétique » autour, où règnent les tours à habitation de base qui rappellent l’URSS. Après cela, nous visiterons la ville en voiture, c’est rassurant.

NL Alexej woont in het westen van Kaliningrad. Ondanks het schrijnend gebrek aan fietsinfrastructuur is Alexej eigenaar van een ligfiets. Voor het woon werktraject verkiest hij de auto en dat is begrijpelijk.
Mijn host ontvangt me in zijn huis dat nog volop in renovatie staat. Hij verbouwt om zijn dochter en kleinkinderen die in Keulen wonen, te kunnen ontvangen. Er is ook nog familie in Frankrijk. Alexej reist vaker door Europa en voelt zich ook Europees. Zoals vele Russen hier in Kaliningrad wantrouwt hij het gezag van Moskou. Ik vertel hem dat ik verder naar Kiev reist en hij raadt me dit af wegens de voornamelijk niet Russisch sprekende bevolkingsgroepen rond de stad Lviv. Ik dank hem voor zijn raad en ik waardeer vooral zijn gastvrijheid. Hij stelt me voor om zijn stad te ontdekken en een bezoek te brengen aan het Marinemuseum. Met de auto, een geruststelling…

ENG Alexej lives in the suburbs of Kaliningrad which I reached after one day cycling under the pouring rain. Unfortunately for him and for me, Kaliningrad has almost no cycling paths but Alexej doesn’t give up his weekly bike excursion on his recumbent bike. He drives to work by car on weekdays however… I easily respect his choice.
The house is still in renovation as my host wants it to be big enough to welcome not only cyclists but also his family members living in Germany and France. Alexej feels Russian and European and, as many Russians in this region surrounded by EU countries, he doesn’t trust Moscow that much. He warns me however that travelling to the Western part of Ukraine might be unsafe. Im thankful for his hospitality that doesn’t stop at his house. Together we tour around town in his car and we visit the Maritime Museum where Russia’s navy and power is displayed.

Baltic Living (4/6)

Intars

Intars at home in Riga

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Je rencontre Intars chez un réparateur de vélos à Riga. Intars est un ancien joueur de football professionnel mais chez lui on trouve plus de vélos que de ballons ronds. Depuis quelques années, il travaille comme DJ dans un bar d’un quartier branché de Riga. Intars, c’est de la musique dans les oreilles et les pieds sur les pédales. Il rêve que sa musique le mène un jour à Berlin dans les grandes discothèques, mais il doit encore produire plus. Son vélo le mène partout où il veut: au Royaume-Uni en 2016. Son prochain voyage sera en Belgique et aux Pays-Bas pour y faire jusqu’à 150 km par jour. Je découvre son quartier à l’est de la vieille ville de Riga. Les touristes à la recherche d’architecture s’y mêlent avec les gens du coin. Et ils ont raison: en suivant la caténaire des trolleybus, on découvre absolument tous les styles architecturaux et un quartier animé où Intars fait battre les tympans. C’est facile, il n’y a qu’à lever la tête et ouvrir les oreilles.

NEDERLANDS Ik ontmoet Intars in de fietswinkel in Riga. Hij is net als mij op zoek naar wisselstukken voor zijn fiets. Vorig jaar fietste hij in het Verenigd Koninkrijk en dit jaar door de Benelux-landen waar hij tot 150 km per dag aflegt. In het appartement van de ex-profvoetballer zijn meer fietsen en muziekinstallaties te vinden dan voetbalmateriaal. Intars werkt nu als DJ in een bar in de trendy buurt ten oosten van Riga. Voor mij de ideale gelegenheid om het andere Riga te ontdekken. Hier komen toeristen en inwoners voor de café’s en de leuke winkels, ver weg van de grote ketens. De architectuurliefhebbers komen ook aan hun trekken.  Vrijwel alle stijlen zijn zichtbaar vanaf begin 20e eeuw tot 1970.  Op en top Riga!

ENGLISH

Intars enters the same bike shop in Riga where I need to be for some repair tools. He’s getting his bike ready for his next bike trip throughout Belgium and the Netherlands where he plans to cycle up to 150 km a day. As a DJ, he hopes to make a big noise here to be played in the Berlin music scene. The former national soccer player lives in a trendy neighbourhood where locals and tourists mix in one of the bars and café’s. The trolley bus lines guides me through Riga’s Eastern part with diverse architectural specifications and local shops. Riga, my treat for my eyes and my ears.

 

 

 

Baltic Living (3/6)

Vita

Vita in Rezekne

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Vita habite à Rezekne dans l’est de la Lettonie. Elle vit dans ces blocs à appartements qui caractérisent tant le passé communiste. Mais on ne s’ennuie pas avec Vita dans la ville proche de la Russie. J’y suis accueilli par sa sœur et un ami qui m’emmène au festival de musique de la ville. On y danse sur les beats de Musiqq, le groupe poprock letton et on se sent tout de suite très bien! Vita travaille pour World-OurHome (www.worldatourhome.com), une association qui promeut la citoyenneté européenne et le multiculturalisme chez les jeunes. Elle voyage souvent dans le cadre d’échanges avec des Européens au sein de l’Union européenne. 
La ville de Rezekne n’est pas inconnue des amateurs de spectacles. Le nouveau centre culturel GORS qui a été rénové avec des fonds européens dispose d’une salle de spectacles avec la meilleure acoustique du pays. L’Europe est partout à Rezekne.

NEDERLANDS

Rezekne ligt in het oosten van Letland. Vita woont in die eindeloze oostblok-achtige grijze appartementsgebouwen. Droevig allemaal? Verre van! Ik leg mijn fiets in de kelder en we zijn meteen weg naar het zomerfestival buiten de stad.
Vita werkt voor World-OurHome (www.worldatourhome.com), een vereniging die Europese burgerschap onder jongeren promoveert. Ze reist vaak door Europa voor uitwisselingsprojecten. Rezekne mag dan wel in het Oosten van Letland gelegen zijn, de stad straalt vernieuwing uit. Met Europese fondsen werd het cultureel centrum GORS gerenoveerd en het beschikt nu over de beste akoestiek van het land. Europese steun voor meer luisterplezier.

ENGLISH

Vita lives in the Eastern Latvian city of Rezekne. She owns an appartement on one the numerous Soviet-style buildings not far from town. Might sounds boring but it’s not! My bike helps me tracing Europe’s history and Vita gives me the chance to experience it even more. She and her family invite me to the local music festival where the folk dance on the beats of Musiqq, the national pop star. Vita works for Word-OurHome (www.worldatourhome.com) that promotes European citizenship amongst youth trough exchange programs.
The city of Rezekne is known for its cultural centre who was refurbished with EU funds to give it the country’s best acoustics. Shh, listen.

Baltic living (1/6)

Jaan

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Jaan vit près de Hapsaalu à l’ouest de l’Estonie. Jaan est un bon vivant: il fabrique de la bière artisanale qu’il vend aux gens du village. Son potager et son poulailler lui procurent pratiquement tout ce dont il a besoin pour se nourrir. On mangera plus que bio. Jaan était réparateur de vélos avant qu’un accident de voiture ne lui fasse perdre la vue d’un œil. Il ne roule plus guère ni en voiture ni à vélo mais sa mobylette l’emmène en Suède et en Finlande. Et l’aventure continue: il accueille des cyclistes de passage en l’absence de sa femme et de son fils qui sont en vacances. 
Forcément, je goûterai ses bières et malgré une pluie d’été on se retrouvera autour du barbecue avec les autres cyclistes: des amis français qui suivent leur route60 en Europe et des Canadiens qui ont tout compris: toute la famille sur deux tandems à travers les pays baltes et la Scandinavie. Je fais même un selfie de toute la bande…

NEDERLANDS

Jaan woont in de buurt van Hapsaalu in het westen van Estland. Oorspronkelijk is hij fietshersteller maar door een auto-ongeval heeft hij het zicht in het rechteroog verloren. De auto blijft nu vaak in de garage maar zijn brommertje voert hem nog door de Scandinavische landen… een kerel die niet weet van stoppen.
Zijn moestuin en kippen leveren hem bijna alles wat hij nodig heeft om zich te voeden. Verder brouwt hij zijn eigen bier die hij aan de buurtbewoners verkoopt én met de wielertoeristen deelt. Want fietsen blijft zijn passie en als zijn vrouw en kind in de zomer op vakantie zijn, stelt hij zijn boerderij open. Tussen de regenbuien door slagen we er toch in om een barbecue te organiseren met een stel Franse vrienden die op hun beurt Europa per fiets ontdekken en een Canadese familie die Noord-Europa met tandems doorkruist. We keuren Jaan’s bier meteen goed…

ENGLISH

Jaan lives near Hapsaalu, western Estonia. He used to work as a bike mechanic but he’s lost the use of one eye in a car accident. He has never stopped exploring the Baltic states and  Scandinavia ever since. But on his moped.
His vegetable garden and his chickens give him almost everything he needs to live with the exception of beer that he brews himself and sells to the local community and shares with bike packers. In summer his farm tend to look more like a rural camping site. The perfect place for a barbecue with French bike travellers and a Canadian family on their tandems. We eat locally grown vegetables and drink locally brewed beer. It’s not just a camping, it’s Jaan’s place and everyone’s home for a night!