Meet the world in Genoa

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A labyrinth city. Built to keep the invaders away.

Cycling in Genoa

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Gênes, c’est la ville qui m’accueillera en premier sur le continent européen après ma virée en Tunisie. J’arrive par bateau la nuit et c’est sans doute la plus belle façon d’arriver à Gênes. La ville glisse doucement devant mes yeux dans un calme étonnant. Gênes, c’est d’abord un grand port italien et la capitale de la Ligurie. Elle est bien moins prisée des touristes que par exemple Rome et Venise. La littérature m’apprend que la ville a le plus grand centre historique d’Europe. Visite.
D’abord, ce fameux centre historique. C’est vrai qu’il ne se limite pas à quelques ruelles piétonnes bordées de magasins de souvenirs. Le centre de Gênes, c’est tout simplement tout le centre historique ! Avec des magasins, mais aussi des bars, des restos, des artisans, des agences de transport qui trouvent un toit dans le labyrinthe du centre où même un vélo ne passe pas ! Gênes, c’est toute l’animation d’une grande ville portuaire qui n’a pas d’heure de fermeture. Ce sont des tribus de quartiers et des quartiers de tribus. Quand les uns partent, les autres arrivent de partout. Sauf que, il n’y a pas (encore) de quartier « touristique » ou « hipster » ou « branché » ou que sais-je. On est Génois à Gênes !
Ensuite, il y a le patrimoine culturel. Bon nombre d’églises et d’édifices artistiques se trouvent dans le centre historique qui – rappelons-le – est le plus étendu d’Europe. Un grand centre historique au grand patrimoine. En fait, il ne faut que quelques centaines de mètres pour traverser les siècles.
Enfin, Gênes a aussi la particularité de disposer d’un immense viaduc qui envoie les voitures au-dessus du vieux port et qui défigure les bâtiments construits ultérieurement. En effet, comme partout, la voiture règne en maître dans les années soixante et il faut absolument mener tout le monde d’un bout à l’autre de la ville en voiture. La « Soprelevata » est inaugurée en 1965. Pensée simpliste du tout-à-la-voiture, résultat bien décevant. Le viaduc ne résout pas les problèmes de mobilité de la ville. Sans parler de la laideur de son concept. De plus, elle coupe le port de la vieille ville. Et c’était pire avant car jusqu’à la rénovation de 1992 (l’année des 500 ans de la découverte de l’Amérique), les poutres étaient reliées entre elles par un mur ! Aujourd’hui on peut marcher en-dessous de la voirie et admirer les œuvres street art sur les poutres. On respire un peu. Cela dit, cette autoroute urbaine fait tellement partie du tissu urbain qu’on pourrait, avec un peu de bonne volonté, lui accorder du charme… en attendant sa démolition. On regrettera en revanche le manque de volonté criant à mettre plus de pistes cyclables dans une des plus belles villes d’Europe. Mais Gênes est unique de par sa conception et questionne notre mode de vie. C’est sans doute ce que j’aime le plus dans une grande ville et ce que j’adore à Gênes.

NEDERLANDS

De boot uit Tunis komt rond middernacht in Genua aan. Zo hoort men eigenlijk voor het eerst in een havenstad aan te komen. De Italiaanse kunst- en havenstad verwerkt jaarlijks miljoenen tonnen vracht in de haven. Op toeristisch vlak staat de stad ver achter pakweg Rome of Venetië voor wat betreft het aantal toeristen. Nochtans beschikt Genua over het grootst historisch centrum van Europa. Dit nogal onduidelijk begrip verwijst naar de oppervlakte van het labyrint van oude steegjes in the centrum van de stad. Ik besef maar al te goed dat het hier om meer dan twee oude steegjes met een souvenirwinkel gaat. Het centrum van Genua is éénvoudigweg het historisch centrum van de stad. Hier mengen toeristen zich met de inwoners die wonen en werken en uitgaan. Vergeet het « uitgangsbuurt » of de « hippe wijken ». Er is maar één buurt, de oude buurt met mensen van overal! En hier bevindt zich een kunstpatrimonium dat andere wereldsteden het nadenken geeft. In één dag wandelde ik door de eeuwen heen.
Genua mag dan wel een wereldhaven zijn. De stad heeft het maar moeilijk de haven naar zich toe te trekken. De « Soprelevata » is een soort ringweg die in 1965 aangelegd werd om volgens de mobiliteitstheorie van toen zoveel mogelijk auto’s rond de stad te krijgen. Aan duurzame mobiliteit werd toen niet gedacht. Aan esthetica evenmin. Deze speedway raakt net niet de Renaissance gebouwen en zet de enkele kilometers fietspaden in de schaduw. Jammer.
Maar de Soprelevata maakt deel uit van de stad. Sinds de renovatie in 1992 kunnen de wandelaars eenvoudigweg wandelen van de stad naar de haven omdat de muren die de steunpilaren verbonden, afgebroken zijn. En de streetartists zorgen voor kunst op de grijze pilaren. Parijs, Londen en Rome al gezien? Wel, Genua is een kunststad, een havenstad én een grootstad. Onverwachts.

ENGLISH

Genoa is still off the beaten tracks for mass tourism. Vessels from around the world know the way to its port. And I’m fortunate enough to be on one of those calling from Tunis. Arriving by boat in Genoa is the logical way to get there. Genoa offers as much artistic and architectural treasures as other big cities but it’s not yet a citytrip destination. The ones taking time to visit will be rewarded with the most extended historical centre in Europe. Don’t expect a few cobblestoned streets full of souvenir shops here. Genoa prouds itself to be « more than this ». Some streets are so narrow and steep I choose to leave the bike behind. Let’s have a walk through history! The history of Genoa spans the centuries and guides the retina through it with superb Renaissance Palazzi and Barok churches! And I don’t feel like a tourist, Im Genovese as I walk in the old center where locals work and play. The city has no hype neighbourhoods yet. All you need, from bars to tourist attractions are all spread over the old town.
I walk under the « Soprelevata » to visit the harbour. This viaduct cuts off the city from the harbour. I can barely imagine that walls linked the beams together till 1992. The aim of this urban highway was not to protect the city from invaders but to let as many cars around the city. It feels like it is now part of the urban landscape that shapes the skyline. Street artist now take care of decorating the gray beams. Whatever one may think about city shaping, Genoa is the city that makes people think about the way we live. It’s not Paris nor London. It’s more than that.

 

Artistic chaos in Naples

Greece in green, blue and white

Bosnia’s future on two wheels

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Après avoir traversé la Serbie, j’arrive un soir d’automne en Bosnie-Herzégovine. La Bosnie, c’est un concentré d’abord de Yougoslavie et puis d’Europe. Sa capitale Sarajevo fut en 1914 le théâtre de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, l’héritier de l’Empire austro-hongrois et de sa femme Sophie Chotek, par un nationaliste serbe. Cet événement marque le début de la Première Guerre mondiale. La Bosnie, c’est aussi la guerre de Bosnie. Après la mort de Tito, des querelles nationalistes se font entendre de part et d’autre de la Yougoslavie. Et l’ultra-nationalisme serbe incite les républiques qui composent le pays à déclarer leur indépendance. Il en va de même pour la Bosnie. Mais la route sera plus longue car la Bosnie est la seule à être multiethnique. La Slovénie est majoritairement composée de Slovènes, la Croatie de Croates et la Serbie de Serbes. La Bosnie est composée de Serbes, de Croates et de musulmans ou Bosniaques. Les Serbes de Bosnie refusent de vivre dans un état où ils seront minoritaires. Le pays est malgré tout reconnu par la communauté internationale le 7 avril 1992. Mais les Serbes de Bosnie déclarent « leur » partie de la Bosnie indépendante. De plus, l’armée serbe se positionne à Sarajevo pour s’opposer à l’éclatement de la Yougoslavie. C’est le siège de Sarajevo qui fera des milliers de morts. Qui n’a pas en tête ces images de la guerre de Bosnie ? Tout à coup, la guerre semblait toute proche. C’est le président américain Bill Clinton qui réussira à mettre autour de la table les trois communautés de Bosnie (Croates, Serbes et musulmans) et non l’Union européenne, divisée sur la question de l’indépendance de la Bosnie. Le résultat des accords obtenus : un état multiethnique très divisé politiquement et aux institutions fortement décentralisées. En effet, la Bosnie est un État fédéral avec deux grandes entités, une pour les Croates de Bosnie et une pour les Serbes de Bosnie (appelée la « Republika Srspka » ou République serbe). Les Musulmans vivent dans toute la Bosnie. Chaque entité a son parlement, son président et ses compétences. Autre point commun des deux parties : l’entente est fragile et de façade entre les deux. Il n’est pas rare que les Serbes et les Croates claquent la porte du parlement fédéral de Bosnie, situé à Sarajevo.
Sarajevo, la capitale d’un pays qui existe tant bien que mal, vit sans complexe son multiculturalisme. Pendant la période yougoslave, les étrangers venaient à Belgrade pour étudier le modèle yougoslave, mais c’est à Sarajevo qu’on dansait et qu’on sortait. C’était la ville branchée de la Yougoslavie. Et sportive aussi, puisqu’elle organise les Jeux Olympiques en 1984. Aujourd’hui, Sarajevo est une ville particulièrement animée qui se refait chaque jour. Le cadre naturel qui entoure la ville invite à la balade, au VTT… Quant aux infrastructures des Jeux Olympiques, il ne reste plus que la piste de bobsleigh délabrée mais prisée des artistes… À Sarajevo, je rencontre Zejnil. Il est artisan dans le vieux centre qu’on appelle aussi le quartier turc. Les Turcs étaient les premiers habitants de Sarajevo. Le quartier est touristique, mais quelques artisans résistent encore entre les restaurants et les bars du quartier. Zejnil est ferrailleur et les cadres de vélo en acier, il connaît ! Pour le reste, cela pourrait être Istanbul, mais on est bien à Sarajevo. Quelques rues plus loin, je bavarde avec Juliet. Cette Australienne est venue en Bosnie faire des stages en ferronnerie. Elle a ouvert un lavoir (www.laundrolounge.net) à deux pas du centre-ville. Derrière ses machines à laver, elle dispose d’un petit atelier où elle fabrique des boucles d’oreilles et des colliers. Elle en vend parfois à ses clients, principalement des touristes. Dans son lavoir, on peut aussi voir ses œuvres et attendre son linge en lisant ou en bavardant. Juliet adore Sarajevo, mais déplore la lenteur de l’administration en Bosnie. Dans les quartiers à l’ouest du centre, une femme musulmane m’indique le chemin. Elle se sent bien à Sarajevo car il n’y a pas de quartier pour les uns ou pour les autres. « Regardez, il y a une mosquée et une église. C’était comme ça avant la guerre et le conflit n’a rien changé à la situation. » Si la Bosnie souffre encore (économiquement) de la guerre et des tensions qui subsistent au sein de ses peuples, Sarajevo démontre que l’inverse est possible. La ville ne compte qu’un bon demi-million d’habitant mais le dynamisme et les rencontres entre les gens de tout bord et de toutes ethnies (car oui, c’est par là que les conflits ont commencé) donnent envie de croire au meilleur. Oui, les marques du temps confectionnent l’univers mental et physique des gens. Il y a des guerres qui séparent et des villes qui unissent, Sarajevo en est une !
De Sarajevo, la route nationale mène vers Mostar, la deuxième ville du pays. Une autre ville qui espère bientôt être plus connue pour son architecture que pour les stigmates de la guerre. Mostar a beaucoup souffert car elle était au centre des combats entre Serbes, Croates et musulmans. Stefan y tient un petit hôtel dans le centre-ville. Il parle très bien allemand car, comme beaucoup de gens ici, il est parti vivre en Allemagne, d’où il est revenu après quelques années. D’abord pour être guide touristique puis gérant d’hôtel. Il en a marre des institutions lourdes. « Tout est dans les mains des régions de ce pays. Le gaz, l’électricité, etc. Il faut d’abord savoir quelle électricité vous voulez, serbe ou croate… » Il ne compte pas non plus le nombre exorbitant de ministres, d’institutions et de parlementaires que compte la Bosnie. Il préfère faire dans la légèreté et l’humour. Je lance un « Hello » en arrivant et le check-in est fait, on se passera de formalités ! On est une famille dans son hôtel et il sait pourquoi : il vient de la partie serbe de la Bosnie, mais il est catholique et non orthodoxe. Trouvez la logique. Stefan m’indique l’entrée de l’immeuble criblé de balles d’où tirait l’armée croate vers la partie musulmane de la ville. La vue est « belle », l’histoire est glaçante.
L’histoire et l’avenir ne sont jamais bien loin en Bosnie. À quelques kilomètres de Mostar, je continue mon chemin vers Dubrovnik en Croatie. J’utilise un nouvel itinéraire cyclable dont le tracé suit l’ancienne ligne de chemin fer depuis Mostar vers la Croatie (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). Les paysages sont magnifiques. Le parcours traverse des villages fantômes. Le sud de la Bosnie s’est vidé de ses habitants fuyant la guerre et le marasme économique. Le calme est saisissant. On est loin du tourisme sensationnel. Le vélo silencieux permet encore mieux de se réserver un moment de réflexion. Le tout sur un itinéraire cyclable qui incite à en faire davantage pour la Bosnie. Le pays ne dispose pas de plages ou d’îles comme la Croatie voisine. Pas grave, des touristes responsables lui conviennent très bien. Traverser la Bosnie à vélo, ce ne sont pas seulement des montagnes et des villes, c’est aussi ouvrir un livre d’histoire, l’histoire de l’Europe. Les mollets seront assez sollicités, c’est vrai, mais la Bosnie vaut bien cela, vraiment !

NEDERLANDS

Via Servië fiets ik naar Bosnië-Herzegovina. Dit land is één van de vroegere Joegoslavische republieken. Bosnië is als geen ander. In de hoofdstad Sarajevo werden Aartshertog Franz-Ferdinand en zijn vrouw vermoord. Dit leidde tot het begin van WO1.
Bosnië kennen we nog van de oorlog die er tussen 1992 en 1995 woedde. Na de dood van Tito rezen nationalistische eisen in de verschillende deelrepublieken van Joegoslavië. Zij verklaarden later hun onafhankelijkheid. Zo ook Bosnië. Maar de weg naar onafhankelijkheid zal moeizaam verlopen want hier wonen Kroaten, Serviërs en Moslims. De andere deelrepublieken zoals Kroatië en Slovenië zijn vooral mono-etnisch. De Serviërs in Bosnië weigeren de onafhankelijkheid te erkennen omdat ze er een minderheid zijn. Maar Bosnië wordt toch onafhankelijk op 7 april 1992. Als gevolg hiervan, stuurt het ultra-nationalistisch regime van Servië het leger naar Sarajevo. Gedurende 4 jaar is Sarajevo in handen van het Servische leger en Servische milities. Er vallen meer dan 5000 doden. Bosnië ontstaat in het puin van de oorlog.
We herinneren ze ons nog, die beelden van de Sniper Alley in hartje Sarajevo, elke dag op televisie. Oorlog woedde opnieuw in Europa sinds WOII. De Amerikaanse president Bill Clinton (en niet de verdeelde Europese Unie) slaagde erin de drie partijen (Serviërs, Kroaten en Moslims) rond de tafel te krijgen. Men slaagde erin de oorlog te beëindigen en de staatsstructuren van Bosnië vast te leggen in een grondwet die door alle partijen aanvaard werd. Het resulteerde in een zeer zwakke staat met twee entiteiten: één voor de Kroaten en één voor de Serviërs.
De Moslims zijn verdeeld over het hele land. De entiteiten hebben veel bevoegdheden, een eigen parlement en een president. Van samenwerking tussen de deelstaten is er echter nauwelijks sprake.
De hoofdstad Sarajevo geeft nochtans een ander beeld weer van Bosnië. Sarajevo is multicultureel! Hier leven Serviërs, Kroaten en Moslims bij mekaar. Er zijn geen afzonderlijke wijken voor de verschillende gemeenschappen.
De oude stad is de Turkse buurt. Hier lopen veel toeristen rond. Te veel om de wijk nog als echt Turks aan te voelen. Toch zijn er nog enkele ambachtslui, zo Zejnil, metaalbewerker. Een stalen fietskader rechtzetten is voor hem een ‘fluitje van een cent’.
Enkele straten verder kom ik Juliet tegen. Uit Australië is ze naar hier gekomen. Ze loopt stage in enkele musea en als juwelenmaakster. Het bevalt haar hier best. Om rond te komen opende ze een wasserette (www.laundrolounge.net) die vooral op toeristen rekent als klanten. Terwijl de wasmachines draaien werkt ze in haar atelier in dezelfde ruimte. Ze vindt het dynamisme in Sarajevo geweldig maar betreurt de logge administratie van Bosnië.
Net buiten het centrum wijst een moslima mij de weg. Zij vindt het hier goed leven. De buurten zijn voor en van iedereen. « Kijk, daar een moskee en daar, een kerk. Dit is al altijd al zo geweest. »
Sarajevo was in het Joegoslavië van Tito dé stad bij uitstek waar het goed leven was, bekend van onder meer het nachtleven. Trendy Sarajevo organiseerde ook de Olympische spelen in 1984. Daar blijft nog maar een afgedankte bobslee-piste van over die nu door de ‘street artists’ een nieuw leven krijgt. Voor het nachtleven is men nog steeds op het juiste adres. Sarajevo bruist van het leven.Sarajevo is geen lab voor multiculturalisme, Sarajevo is multicultureel.
Van hieruit reis ik door naar Mostar. Ook hiervan blijven nog beelden over. Misschien vakantiebeelden met de oude brug die de bewoners van de oude stad (vooral Moslims) verbindt met de het oostelijk gedeelte (vooral Kroaten). En dan herinneringen van het dagelijks geweld tussen de gemeenschappen, tijdens de Bosnische oorlog. Ik overnacht in Hostel Golden Bridge. De eigenaar Stefan spreekt perfect Duits. Net als veel landgenoten vluchtte hij naar Duitsland om een nieuw leven te beginnen maar hij keerde terug. In Mostar werkte hij als gids en opende later een hotel. De zware staatsstructuren is Stefan meer dan beu. Hij wil zelfs niet weten hoeveel ministers en parlementen er in Bosnië zijn. « Alles is hier in handen van de deelstaten. Zelfs voor elektriciteit moet je weten of je die Kroatisch of Servisch wilt. » In zijn hotel houdt hij het liever simpel. Bij het binnenstappen ben je meteen ingecheckt, zonder enige formaliteit. Betalen kan pas nadat je geslapen hebt en vertrekken, dat doe je wanneer je wil.
Hij toont mij de ingang van het gebouw van waaruit de Kroatische militairen in de richting van de Moslims schoten. Het uitzicht is indrukwekkend…ik krijg er rillingen van.
Vanuit Mostar rijd ik door naar Dubrovnik in Kroatië. Fietsers genieten nu van een nieuwe fietsroute (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). Het zuiden van Bosnië is dun bevolkt. Ik rijd door spookdorpen. Dit is geen sensatietoerisme. De stilte is aangrijpend. De fiets is dé ideale manier van reizen door dat open geschiedenisboek. Bosnië heeft geen lange kustlijn noch eilanden als in Kroatië. Geen massatoerisme dus maar verantwoord toerisme. Bosnië heeft het broodnodig.

ENGLISH

My way through the Balkans goes on via Bosnia; this small country is one of the former Yugoslav republics.
The murder of Franz Ferdinand in the Bosnian capital Sarajevo is accepted as the cause of World War I. More recently we have known Bosnia for the war that took place between 1992 and 1995. After Tito’s death nationalism in the Yugoslav republics grows and leads to the independence of those republics. The same goes for Bosnia, but the way to independence is more difficult as Bosnia is the only multiethnic republic, formed by Serbs, Croats, and Muslims. The Serbs fear they will become a minority in the new country. Bosnia’s independence is recognised on 7th april 1992. But the Bosnian Serbs, whose aim was to create a new state including only the Serbian part of Bosnia with a Muslim minority, encircled and assaulted the city almost 4 years after the independence was declared. Bosnia is born in war. We still all have the images in our mind of Sniper Alley in Sarajevo. This event marked war taking place on the European mainland once again.
The Dayton agreements put an end to the war and the State of Bosnia Herzegovina was set up as two entities, the Croats and the Serbs. The Muslim population is spread all over the country, but has no official role in the government. The Croats and Serbs each have their own parliament, ministers, and local government for practical things such as road works, education etc. Both entities however are not into working together to make a strong Bosnia.
Today Sarajevo looks like any other multicultural city. There are no « neighbourhoods for Serbs » or « Croat neighbourhoods ». People live close together as the city is sandwiched between mountains. The old town (also known as the Ottoman quarter) has too many tourists walking around to really feel Ottoman but the skyline could be the one of Istanbul. And some craftsmen are still working out there. So does Zejnil, a scrap dealer located in between the shops and the restaurants. He knows how to repair steel bike frames!
A bit further away I stop to talk to Juliet, she’s Australian but moved to Sarajevo for an apprenticeship in a museum. She later openend the Laundro Lounge (www.laundrolounge.net), a laundry where you can have a coffee while the clothes are being washed. Juliet holds a small metalworking studio behind the washing machines and her work is on display at the laundry.
A bit further away a muslim woman shows me the right way. « Look, there’s a mosque and a church. It has always been like this here. » For sure, Sarajevo is not just a lab for multiculturalism, it’s a diverse city. It used to be the place to be for its nightlife in Tito’s Yugoslavia. And it’s a sporty place too, the winter Olympics took place here in 1984. Today, Sarajevo is still a vibrant place at night but the bobsleigh track is now used by street artists. The city nevertheless is not intact; war wounds of defensive fighting holes are still visible on some buildings all over the city.
The main road leads from Sarajevo to Mostar. Bosnia’s second largest city is known for its old bridge linking the Croatian part and Muslim part. But most of us remember Mostar as the city which was the focus of bombing among Serbs, Croats, and Muslims during the Bosnian war. I stay at Stefan’s Golden Bridge Hostel. Stefan is a Catholic Bosnian Serb, but doesn’t care too much to which community he belongs to. He speaks German as he worked for several years in Germany but decided to come back, first as a tourist guide before he opened his own hostel. Bosnia is his home but he’s fed up with the crazy institutions here. He doesn’t wanna know how many ministers and MPs his country has. He deplores the power of the regional government and the lack of cooperation. « Even electricity is either Croat or Serb » he says. Unlike the Bosnian institutions he keeps it easy and simple at his hostel, say « hello » and check in is done.
Stefan shows me the building from where the Croat artillery used to shoot in the direction of the Muslim part of the city. The view on the city is amazing…and frightening.
From Mostar I cycle my way down to Dubrovnik in Croatia using the new cycling route that was inaugurated some years ago (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). It runs through the south of Bosnia to the shores of the Mediterranean Sea and it follows an old railway line. It brings cyclists to green landscapes that were abandoned during the war. The old station buildings along the way were closed after the last train ran on the tracks in the 70s. Cycling through Bosnia is definitely more than cycling through mountains and cities. This open-air museum brings us back in time and cycling is probably the best way to go. Miles away from tourists traps or black tourism. Bosnia’s history is one not to be forgotten. Responsible tourism won’t change Bosnia’s politics but certainly will help Bosnia be on the map of Europe again.

By bike Moldova and Romania

Megawatts and velowatts in Varash

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Varach, ville de près de 42.000 habitants, se situe sur la route principale qui relie l’ouest de l’Ukraine à la capitale. Varach, une ville et une centrale nucléaire à 5 kilomètres du centre. La ville vit avec « sa » centrale. Varach fut fondée en 1973 au moment de la construction de la centrale. Depuis la route principale, une petite route mène vers la ville en passant d’abord par la centrale nucléaire. De là, je fais quelques photos de l’entrée. Seulement voilà, dans la seconde qui suit, deux militaires arrivent en courant et m’ordonnent de les suivre dans un bureau. Là, un agent administratif ne parlant pas l’anglais demande mon passeport et me fait attendre la venue d’un traducteur. L’attente est longue, près de 2 heures, sans doute parce qu’on est dimanche. Finalement, le traducteur arrive et me pose des questions sur le motif de ma présence, de mon voyage et me rappelle qu’il est interdit de faire des photos près de la centrale. Le traitement qui m’est réservé est correct, l’attente mise à part. Je crains de me voir confisquer la carte mémoire de mon appareil photo mais non, on me demande de montrer mes messages avec les personnes contactées à Varach et d’effacer les photos prises trop près de la centrale, ce que j’exécute. Je dois signer un document pour preuve de la suppression des images, on me laisse partir et me propose aussi d’appeler un cycliste que j’avais contacté par messagerie pour un possible séjour dans la ville. Ce cycliste est employé à la centrale… Après l’arrêt administratif, j’arrive dans la ville, typique de l’urbanisme soviétique. Un grand boulevard avec trois bandes de circulation sous-utilisées mène vers le centre. Des blocs à appartements longent le grand boulevard. Je m’arrête sur la place centrale où deux artères principales se croisent. C’est le centre de Varach. La ville est animée en ce dimanche soir, gris et chaud : cafés et terrasses sont pleins. Tout à coup, un cycliste m’aborde et me dit qu’on me cherche car on m’attendait vers 16 h comme j’avais indiqué avant mon arrestation à la centrale. Je réalise que toute la communauté des cyclistes de Varach attendait un Belge à vélo… C’est vrai que la ville n’attire pas beaucoup de visiteurs. La plupart des touristes visitent plutôt Lviv et Kiev et le sud, non l’extrême nord du pays. D’ailleurs, la ville ne compte qu’un seul hôtel, celui de l’organisme gestionnaire de la centrale nucléaire. Les cyclistes qui m’entourent décident que je dormirai chez celui qui réside le plus près : Evgen habite avec sa famille derrière le coin. Il est graphiste et l’auteur des logos de la Ville et de la centrale. Que l’on y travaille ou pas, la centrale est omniprésente. L’esprit de communauté est frappant : même si les gens ne se connaissent pas, ils reconnaissent beaucoup de visages. Tout voisin de palier est peut-être un collègue de la centrale car 8000 personnes, vivant à Varach majoritairement, y travaillent. Il y a peu de villes avec un aussi grand rassemblement d’actifs chez le même employeur. La centrale détient une partie importante de la vie des gens. Au bord du lac, à 20 km au nord de la ville, les employés peuvent réserver un chalet de vacances à moindre prix. Le gestionnaire de la centrale organise aussi des activités sportives, pour les employés et pour les personnes extérieures. Ainsi, le « Velowatt » est un parcours de 100 km à vélo autour de la ville et de la centrale. L’image est soignée. Un centre d’information est ouvert en ville et fait découvrir toutes les phases de la production d’électricité. Yulia travaille comme éducatrice dans une petite organisation qui rassemble les jeunes, les soirs d’été, autour des transformateurs d’électricité (sans doute celle produite à la centrale !) pour peindre sur les murs gris. La ville ne les aide pas financièrement et on apporte donc ses propres pinceaux et peintures. La musique et la bonne humeur sont au rendez-vous. Quant à Yelena, ingénieur à la centrale, elle aussi donne un coup de main aux jeunes, après son travail. À Varach, on vit de moins en moins comme sous l’ère soviétique : la centrale nucléaire fait bien partie de la vie quotidienne, mais le gris disparaît peu à peu, les immeubles sont rénovés, les murs se colorent. Cependant, les habitants ne sont pas dupes. Un jour, il faudra fermer la centrale. Ce n’est pas encore pour tout de suite : la durée de vie des réacteurs nucléaires est rallongée et l’Ukraine est encore loin de passer à d’autres sources d’énergie. Quand la centrale sera fermée, la ville, elle aussi, s’éteindra. Un patrimoine architectural bien entretenu, des alentours qui se prêtent au tourisme et une population soudée : voilà toute la ville, la fascinante Varach, en quelques mots. Pourra-t-on préserver la ville et son patrimoine le plus cher après l’ère nucléaire ? J’ai envie d’y croire…

NEDERLANDS

Tussen de Poolse grens en Kiev hou ik halte in Varach. Een stad met bijna 42.000 inwoners en met één van de vier kerncentrales van Oekraïne, deze op nog geen 5 km van het centrum.
De stad ontstond in 1973 tijdens de bouw van de kerncentrale, onder het Sovjet-regime. Op weg naar de stad kom ik eerst de kerncentrale tegen die ik fotografeer. Al snel lopen twee militairen naar me toe. Ze vragen mij hen te volgen. In een kantoor moet ik aan een man mijn paspoort afgeven en daar 2 uur blijven wachten tot een tolk aankomt. Foto’s nemen op minder dan 3 km van de kerncentrale is verboden. De tolk bekijkt mijn foto’s en vraagt om er 14 van te vernietigen. Hij oordeelt dat ze van te dichtbij genomen zijn. Mails van mijn contactpersonen in de stad leest hij ook in. Er is geen agressiviteit tegenover mij na mijn wandaad. Het uitwissen van de « verboden » beelden en het ondertekenen van een document zijn voldoende. Ik mag de geheugenkaart van mijn fototoestel behouden en weggaan. Een administratief agent stelt me zelfs voor om één van mijn contactpersonen te verwittigen dat ik in Varach ben. Tja, die fietser die ik op Facebook ontmoette, blijkt ook op de nucleaire site te werken! Ik verkies toch om de werkgever niet te betrekken.
Na de opgelegde administrative onderbreking kom ik in Varach aan. De stad is een voorbeeld van socialistisch urbanisme. Een groot, rechtlijnig boulevard met 3 rijstroken leidt naar het centrum. Daar vormen de wegen één grote plein samen met een park, een speeltuin, woningblokken en café’s die goed vol zijn met de mensen die van de warme zondagavond zijn komen genieten. Ik wandel naar een Wifi-spot. Een man met een fiets, komt naar me toe en spreekt me aan. Hij weet wie ik ben, hij stond al op mij te wachten. Het klopt dat ik vroeger zou aankomen. Dat komt door de gevolgen van het foto’s nemen bij de kerncentrale. Het blijkt immers dat ik, de Belg met de fiets, bij naam bekend ben en verwelkomd wordt door de fietsers in Varach. De stad trekt immers weinig toeristen aan. Er is maar één hotel, onder hetzelfde beheer als dat van de kerncentrale.
Al snel komen enkele fietsers bij me en we komen overeen dat ik bij Evgen en zijn familie ga logeren. Hij woont om de hoek. Als graficus heeft hij het logo van de kerncentrale ontwikkeld. Wat opvalt, is het gemeenschapsgevoel onder de inwoners. De kerncentrale is niet ver en biedt werk aan 8.000 mensen van wie de meeste in Varach wonen. Buren zijn waarschijnlijk ook collega’s. In welke steden is er nog zo’n grote werkgever dicht bij de deur? Zo is Varach ontworpen: een stad met een kerncentrale.
Die kerncentrale speelt een grote rol in het sociaal en economisch wezen. De werknemers kunnen bijvoorbeeld tegen een scherpe prijs een vakantiewoning huren aan het meer, op 20 km hiervandaan. Tevens worden er sportactiviteiten georganiseerd voor werknemers en alle andere sportievelingen. Zo is er « Velowatt »: een 100 km lange fietsroute in en rond de stad en de kerninstallaties. Een infocentrum maakt de inwoners en bezoekers warm voor kernenergie.
Naast kernenergie is er ook cultuur in Varach. Yulia werkt voor een VZW. Die brengt mensen uit de buurt samen om met drankje en muziek, tekeningen aan te brengen op de grijze muren van de transformatoren in de stad. Yelena is ingenieur op de kerncentrale en komt ook een steentje bijdragen. Graffiti’s maken plaats voor meer variatie en creativiteit. Het gemeentebestuur biedt hierbij geen financiële hulp maar vrijwilligers en buurtbewoners leveren het nodige verfmateriaal.
Varach is één van de laatste steden die in het Sovjet tijdperk uit de grond gerezen is. De woonblokken worden nu wel verfraaid, her en der ziet men « street art ». De inwoners weten maar al te goed dat de productie van kernenergie niet eeuwig is. Logischerwijze zal de stad verdwijnen na het sluiten van de kerncentrale.
Een socio-economisch laboratorium met een bijzonder architecturaal patrimonium: hier zijn tal van mogelijkheden voor het ontwikkelen van toerisme. Oekraïne zal toch ook nog lang op kernenergie draaien. Laten we hopen dat Varach met of zonder kerncentrale leefbaar blijft, zonder economische noch nucleaire bloedbaden.

ENGLISH

Varash is located in the north-east of Ukraine and has a population of almost 42.000 inhabitants. The city is not far from the main road M07 that crosses Ukraine from East to West. The Rivne Nuclear Power Plant (RNPP) is located only 5 km from the city and is one of Ukraine’s 4 nuclear plants. A map of the city of Varash reflects the type of locality that was built in the Sovjet-Union as a semi urban area. This means large straight avenues with those typical socialist apartment units around it. Lots of space is left for the traffic and parks. Varash is one of those cities designed in 1973 to be a permanent city for the workers of the nuclear plant.
The nuclear plant is the first thing I see when I get by bike to Varash. I stop for a while to make some photos but two militaries run into me and ask me to follow them to the office. It seems that it’s forbidden to take pictures near the plant. After two hours in a tiny office in the main building a translator asks me questions about my trip and tells me to delete the pictures of the plant, all in a civilised manner. Fortunately enough I’m not asked to hand over the SD card with photos of the day on my bike.
Due to this unforeseen visit to the plant I arrive in town a few hours later than I had planned. The main boulevard leads me to the city. The centre is lively and bars and restaurants meet everyone’s needs including mine in search of a wifi connection. A cyclist I met before in Ukraine put me in contact with some other bike freaks in Varash. As I settle down outside on the main square a man on a bike bumps into me asking if I’m Belgian. Actually a lot of cyclist were waiting for me as Im one of the very few cycling tourists here. The city is quite remote and has only one hotel managed by RNPP.
I end up walking accompanied by Evgen who lives around the corner. He and his family offers me a coach for some nights as no one wants me to pitch my tent outside town. Evgen is graphic designer and created logo’s of many businesses as well as the logo of the nuclear plant who is indirectly in everyone’s daily life, wether one’s is working at the unit itself or not. It is striking that lots of people know one another here as someone may be your neighbour and your colleague at the plant at the same time. RNPP employs 8000 persons from which a majority originates from Varash. One can say that few cities have such a close relationship with one employer in the nearby area. Well, this is how Varash was meant to be when it was created in 1973.
RNPP is also renting holiday cottages for its employees at low prices on the White Lake, some 20 km from the city. In addition it organises a yearly cycle race called « Velowatt » for cycling enthousiasts. The race is a 100 km loop race around town and the plant. Finally a visitor centre in the centre of Varash displays pictures and scale models of the plant and explains how it works.
But there’s more than nuclear energy in the city. I meet Yulia who works for a small organisation the brings people from all backgrounds together to paint the grey walls of the buildings housing the electric transformers on the streets. It’s still has to do with electricity but not with the plant this time. Mostly young people gather together to create drawings and bring color into their city. The municipality does not support the organisation financially but everyone gets to some painting material thanks to the help of local communities.
Not much might have changed in the daily work routine for those shuttling up and down the road to work at the plant. But Varash is now more colourful than ever before. The city is an open air museum for late Sovjet urbanism and looks like a socio-economical lab after the decommunisation of Ukraine. National parks are all within easy reach by car or even by bike. But inhabitants of Varash have their feet on the ground. Some reactors of the plant are reaching their limit lifetime and RNPP extends this lifetime. But nuclear energy might come to an end in a distant future. The city would lose an important economic underpinning and could disappear if the plant shuts down. Let’s hope Varash could make the difference and reinvent itself…

 

Handmade in Kovel & shipped everywhere

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Stanislav and Elena 

(Scroll down for NL & ENG & gallery)

Stanislav et Elena sont des Ukrainiens russophones et habitent à Kovel, dans le Nord-Ouest de l’Ukraine. Ils ont 29 ans et fabriquent des accessoires de voyage pour vélos sous le nom de 7Roads (https://7rworkshop.jimdo.com). Du porte-gourde à la sacoche latérale pour les grands voyages en passant par le ‘saddle bag’, la sacoche à attacher sur la tige de la selle. Ils m’accueillent dans leur appartement et j’y découvre aussitôt leur bureau/atelier où tout se passe. Ils travaillent sur une table années 70, un peu griffée mais qu’importe. Ici, on crée et on vit avec ce qu’on a. Des croquis, des couteaux, des matériaux… et un ordinateur portable. Tout y est pour fabriquer eux-mêmes des articles qui transforment un vélo en bête de voyage ou de randonnée. Stanislav et Elena sont de la génération internet et savent comment s’en servir. Le matériau est commandé en ligne et livré chez eux; ils s’occupent ensuite de monter le produit. Ils font eux-mêmes les photos de leurs articles pour le site web. La vente et la communication se font via les réseaux sociaux. Tout sur le web… et pourtant ils fabriquent à la main. Pas d’usine ou d’atelier protégé, tout est fabriqué au moment où le client passe commande – le client qui est souvent un follower sur Instagram. À l’avenir, ils envisagent de faire leur premier petit stock pendant les mois d’hiver afin de répondre plus facilement à la demande croissante. En fait, Stanislav et Elena aiment leur train de vie car ils travaillent quand il y a des commandes et profitent des ballades à vélo quand le temps le permet. C’est le vélo qui s’adapte aux entrepreneurs et pas l’inverse. Il n’y a pas d’heure pour travailler, ils aiment fabriquer les accessoires qui se retrouvent sur les vélos partout dans le monde. Stressant ? Pas du tout ! Mais il faut être réactif : Stanislav garde les vélos quand je suis au marché avec Elena… et reste près de son portable pour répondre aux clients et à ses followers. Les deux ne vantent pas trop le « made in Ukraine » de leurs produits car, même s’ils se sentent bien à Kovel, ils iront peut-être vivre ailleurs pour de nouvelles aventures. L’essentiel reste la qualité « hand made », la proximité et le prix compétitif. Leurs mains qui fabriquent les produits sont flexibles et internet livre partout. Du moment qu’il y a du wi-fi… 7Roads, quand le web livre du fait-main. L’internet qui tue le petit commerce ? Pas vraiment. C’est à pied qu’ils vont acheter le pain au centre-ville. Le petit magasin de vélos pas loin a tout ce qu’il faut pour dépanner quand la bécane a besoin d’une réparation urgente. Helen m’assure qu’il n’y a rien de plus agréable que la balade en ville. Avant de lancer 7Roads, mes hosts habitaient à Kiev et Stanislav travaillait chez un marchand de vélos. Il réparait volontiers des vélos mais ne supportait plus le bruit des avions et de la circulation. À première vue, on gagne plus dans une ville selon lui. Mais une bonne partie de l’argent repart dans des choses qui ne rendent pas la vie plus belle : les loyers plus élevés, la voiture, des cours pour apprendre à gérer le stress… La ville de Kovel n’est pas très grande. Le jeune couple n’a pas de voiture et passe les week-ends essentiellement à vélo, au grand air, pour découvrir de nouvelles routes cyclables et tester leurs produits. Le train leur convient très bien quand ils vont voir des amis dans d’autres villes du pays. Les créateurs de 7Roads me montrent leur ville à vélo et me donnent des indications pour des nuitées dans un parc national de la région. Des lieux que seuls les amoureux de la nature connaissent. Stanislav et Elena ont déjà visité l’Europe à vélo pendant trois mois. La durée maximale d’un séjour avec visa touristique. Ils verraient bien l’Ukraine intégrer l’Union européenne mais il faudra d’abord faire le ménage dans la politique intérieure du pays. Une classe politique qui oublie ces Ukrainiens qui veulent faire avancer leur pays. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas ça qui empêchera 7Roads d’être partout.

NL Stanislav en Elena wonen in Kovel, een stadje dichtbij de Poolse grens. Beiden zijn 29 jaar oud en hebben enkele jaren geleden 7Roads opgericht (https://7rworkshop.jimdo.com). Een eigen merk voor allerlei fietstassen en artikelen om met de fiets te reizen. Zowel een flessendrager als de grotere reistas maken deel van het assortiment. De speciale zadeltas die rechtsreeks aan de zadelstang wordt aangehecht hoort daar ook bij. De twee Russisch sprekende Oekraïners wonen in een huurappartement in het centrum van Kovel. Hun woning is tevens hun kantoor en hun atelier. Ze tekenen het ontwerp op een computer en bouwen de tassen zelf…in de living. Stanislav en Elena zijn geen entrepreneurs pur sang. Wel fietsen ze elke dag en weten wat de huidige fietser van een fietstas verwacht. Het internet heeft voor hem geen geheimen. Op de fabricatie na gebeurt alles online: de promotie, de bestellingen, de prospectie. Uiteraard bestellen ze online al het nodige materiaal om de 7Roads-artikelen te vervaardigen. De klanten zijn eerder followers op sociale media. Zij bestellen ook online. Stanislav weet wel dat het snel moet gaan. Hij laat zijn gsm nooit los. De klant stelt een vraag en hij verwacht een antwoord binnen enkele minuten. Hun leitmotiv blijft snelheid, kwaliteit…en steeds met de hand gemaakt. De vraag groeit evenwel en voor het eerst zal er in de winter een kleine stock aangemaakt worden met de meest verkochte artikelen. De « digital makers » vrezen niet voor de verdwijning  van buurtwinkels. Artikelen die via het internet verkocht worden zijn haast niet meer in gewone winkels te verkrijgen en andersom. Ook zij wandelen vaker naar de fietswinkel voor herstelstukken of naar de bakker voor vers brood.
In hun vorig leven woonden Stanislav en Elena in de hoofdstad Kiev. Stanislav werkte er als fietshersteller. Een toffe job, maar het lawaai van de vliegtuigen boven de stad en de auto’s in de stad werd hem snel te veel. 7Roads brengt hen nog niet veel op maar in Kovel is het huren van een flat betaalbaar. Er zijn evenmin een auto of yogalessen nodig. Het leven is hier gewoon rustiger en de trein brengt hen naar andere steden als het moet. Hun vrije tijd wordt bepaald door de vraag naar artikelen maar dat is geen probleem. Hun passie is fietsen en de fiets past zich aan. Ze verkennen de streek rond Kovel, op zoek naar nieuwe fietsroutes. Steeds met 7Roads producten om die aan in de reële omstandigheden uit te testen.
De oprichters van 7Roads nodigen mij uit voor een fietstocht door de stad Kovel. Ze geven mij ook tips voor een overnachting in een nationaal park dat niet bekend is. Stanislav en Elena hebben reeds drie maanden lang door Europa gefietst. Langer gaat niet met een toeristisch visum. Voor hen kan Oekraïne niet snel genoeg bij de Europese Unie toetreden maar veel hoop is er niet. Het huidige establishment in Kiev heeft andere prioriteiten. Fietsen kent echter geen grenzen. Dat geldt ook voor 7Roads.

ENG Stanislav and Elena, both 29 years old Russian-speaking Ukrainians live in Kovel in northwest Ukraine. Together they make bike accessories called 7Roads (https://7rworkshop.jimdo.com). All hand made. The range of products includes gourd holders, paniers and saddle bags.
They welcome me in their apartment while I’m cycling from the Polish border to Kiev. The flat is the head office of 7Roads. Where it all starts. Sketches, knives, materials, … and a laptop. Everything is there to make their own items to turn a bike into a travel companion. Stanislav and Elena have two main tools: their hands to make their products and the internet to get them everywhere in the world.
The materials for 7Roads items are ordered on internet and delivered at their home. Stanislav and Elena design the items and start the production when someone orders. This is seldom a client and rather a follower on Instagram. The future looks bright for 7Roads but the hard work is not finished yet. Next winter they plan to have their first small stock in order to comply with the growing demand. Still handmade however.
The young entrepreneurs do have spare time when they are no orders. A 9-to-5 job is everything but what they want. This being said, the bike is never far away to discover new cycling roads in the region of Kovel and to put 7Roads items to proof.
They know how to be responsive to customers’s demand anyway. While I’m walking around the marketplace with Elena, Stanislav don’t got his hands off his mobile as he is answering to followers. The leitmotiv remains handmade products delivered everywhere at a fair price.The internet allows them to be quick and responsive, their hands allows them to be flexible. Therefore there are not a small business competitor nor a killer. The local bike store helps them finding the right repair tools for the bike. A quick walk to the local store for fresh bread appeals more than a Saturday excursion to shopping malls. It’s a way of living.
Stanislav and Elena used to live in Kiev and Stanislav worked as a bicycle mechanic. Repairing bicycle definitely made him happy but city chaos quickly made him wanna move to healthier places. At first glance, it seems easier to make more money in a big city. But a lot of money goes into things that do not make life more relaxing: higher rents, a car or yoga classes to destress. The two young Ukrainians I meet in Kovel take it from the other side. A life in a small town with no car and no stress is way more fun. Trains are slow in Ukraine but they do get them to other towns if needed. Stanislav and Elena show me around by bike in Kavel and they know where to sleep in Cheremsky National Park. Their travel tips are the guarantee for the best outdoors adventures ever!
Stanislav and Elena already visited Europe by bike for three months as it is the maximum stay with a tourist visa. Ukraine could never join the European Union quickly enough to bring more stability. For sure politicians in Ukraine don’t have bike industry nor cycling tourism on their list of priorities. This won’t stop 7Roads to be on more bikes soon.