J’irai dormir chez vous ce soir

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Après quelques nuits dans la nature, qui ne rêverait pas d’une bonne douche chaude et d’un « vrai » lit ? Un lit, une douche,… on en trouve partout. Sur Route60, le logement « en dur », c’est bien plus que ça. Des gens formidables qui vous ouvrent la porte avec le sourire, qui vous accueillent avec un thé chaud après une journée sous la pluie, qui vous invitent à cuisiner ensemble. Grâce à www.warmshowers.org, je me mets en contact avec d’autres cyclistes. 
On le sait, le vélo nous rapproche tous. La piste cyclable en Allemagne, la route en Tunisie et le magasin de vélos à Riga sont aussi d’excellents points de rencontres. 
Une fois installé bien au chaud ou sur la terrasse de mon hôte, il faut respecter une règle essentielle. Celle de rester soi-même. C’est facile ! Personne n’offre le confort de « Chez Olivier », « Da Francesco » ou encore de « Rebecca’s house ». Rien ni personne ne donne plus envie de poursuivre le voyage que Vita, Rosel, Marcus, Evgen, Christos, Taha, Ahmed ou Isabelle pour n’en nommer que quelques-uns. Des personnes curieuses de l’autre. On se rend vite compte que nos vies se sont déjà croisées. Il ne fallait que monter sur ma bécane pour vivre l’instant présent. Dans les grandes villes ou à la campagne, les gens qui m’accueillent aiment leur ville et leur région. Pas question de claquer la porte derrière soi et de ne rien voir ! Quel que soit le logement, sur Route60, les chambres ne sont ni climatisées ni numérotées. Elles sont comme nous.

NEDERLANDS

Ik moet het deemoedig toegeven, na enkele dagen wildcamperen zijn een douche en een « echt » bed geen overbodige luxe. Niet dat de tent geen luxe biedt maar enkele dagen van meditatie is enkel mogelijk na inspirerende ontmoetingen. Samen koken, een nieuwe stad ontdekken,…meer moet dat niet zijn. Via www.warmshowers.org ontmoet ik talrijke fietsfanaten. Maar het kan ook anders: op straat of in de fietswinkel sla ik snel aan de babbel van Riga tot Tunis, van Sarajevo tot Den Bosch. Mijn nieuwe vrienden zitten niet allemaal dagelijks op de fiets. Ze geloven echter allemaal dat autocentrisme de wereld uit moet. Van Kopenhagen die de fietsers omhelst tot in het bijna fietsloze Rusland zal ik veel meer dan enkel reisverhalen uitwisselen.
Om zich thuis te voelen bij Bram, Evgen, Rebecca, Francesco of Ahmed is er er maar één regel: jezelf zijn. En de rest gaat vanzelf.
Slapen langs Route60, dat zijn geen kamers maar ontmoetingen en ontdekkingen. De nachten zijn net als de fietsdagen: telkens anders.

ENGLISH

No doubt about it: after a few days wild camping I enjoy meeting new folks on Route60. Wildcamping means meditating. New friends means stuff to meditate about. There’s always www.warmshowers.org to meet cyclist from around Europe and beyond to make you see the world. But cycling brings us together in many other ways. The street or the cycling path is still the perfect way to get in touch with new friends too. Wherever we meet and whoever they are. Together with my new friends we always try to find a solution to the world’s problems while cooking or having a tea. One of these problems is the huge transport problem for which bicycle is a part of the solution. Steering clear of the standard ‘nice to meet you’ with great people often makes me wanna stay longer. So I did often stay longer to discover more. No matter the length of the stay.
Every night gives me the right energy and so much more to cycle the next day. Route60, powered by people.

 

 

 

Meet the world in Genoa

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A labyrinth city. Built to keep the invaders away.

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Gênes, c’est la ville qui m’accueillera en premier sur le continent européen après ma virée en Tunisie. J’arrive par bateau la nuit et c’est sans doute la plus belle façon d’arriver à Gênes. La ville glisse doucement devant mes yeux dans un calme étonnant. Gênes, c’est d’abord un grand port italien et la capitale de la Ligurie. Elle est bien moins prisée des touristes que par exemple Rome et Venise. La littérature m’apprend que la ville a le plus grand centre historique d’Europe. Visite.
D’abord, ce fameux centre historique. C’est vrai qu’il ne se limite pas à quelques ruelles piétonnes bordées de magasins de souvenirs. Le centre de Gênes, c’est tout simplement tout le centre historique ! Avec des magasins, mais aussi des bars, des restos, des artisans, des agences de transport qui trouvent un toit dans le labyrinthe du centre où même un vélo ne passe pas ! Gênes, c’est toute l’animation d’une grande ville portuaire qui n’a pas d’heure de fermeture. Ce sont des tribus de quartiers et des quartiers de tribus. Quand les uns partent, les autres arrivent de partout. Sauf que, il n’y a pas (encore) de quartier « touristique » ou « hipster » ou « branché » ou que sais-je. On est Génois à Gênes !
Ensuite, il y a le patrimoine culturel. Bon nombre d’églises et d’édifices artistiques se trouvent dans le centre historique qui – rappelons-le – est le plus étendu d’Europe. Un grand centre historique au grand patrimoine. En fait, il ne faut que quelques centaines de mètres pour traverser les siècles.
Enfin, Gênes a aussi la particularité de disposer d’un immense viaduc qui envoie les voitures au-dessus du vieux port et qui défigure les bâtiments construits ultérieurement. En effet, comme partout, la voiture règne en maître dans les années soixante et il faut absolument mener tout le monde d’un bout à l’autre de la ville en voiture. La « Soprelevata » est inaugurée en 1965. Pensée simpliste du tout-à-la-voiture, résultat bien décevant. Le viaduc ne résout pas les problèmes de mobilité de la ville. Sans parler de la laideur de son concept. De plus, elle coupe le port de la vieille ville. Et c’était pire avant car jusqu’à la rénovation de 1992 (l’année des 500 ans de la découverte de l’Amérique), les poutres étaient reliées entre elles par un mur ! Aujourd’hui on peut marcher en-dessous de la voirie et admirer les œuvres street art sur les poutres. On respire un peu. Cela dit, cette autoroute urbaine fait tellement partie du tissu urbain qu’on pourrait, avec un peu de bonne volonté, lui accorder du charme… en attendant sa démolition. On regrettera en revanche le manque de volonté criant à mettre plus de pistes cyclables dans une des plus belles villes d’Europe. Mais Gênes est unique de par sa conception et questionne notre mode de vie. C’est sans doute ce que j’aime le plus dans une grande ville et ce que j’adore à Gênes.

NEDERLANDS

De boot uit Tunis komt rond middernacht in Genua aan. Zo hoort men eigenlijk voor het eerst in een havenstad aan te komen. De Italiaanse kunst- en havenstad verwerkt jaarlijks miljoenen tonnen vracht in de haven. Op toeristisch vlak staat de stad ver achter pakweg Rome of Venetië voor wat betreft het aantal toeristen. Nochtans beschikt Genua over het grootst historisch centrum van Europa. Dit nogal onduidelijk begrip verwijst naar de oppervlakte van het labyrint van oude steegjes in the centrum van de stad. Ik besef maar al te goed dat het hier om meer dan twee oude steegjes met een souvenirwinkel gaat. Het centrum van Genua is éénvoudigweg het historisch centrum van de stad. Hier mengen toeristen zich met de inwoners die wonen en werken en uitgaan. Vergeet het « uitgangsbuurt » of de « hippe wijken ». Er is maar één buurt, de oude buurt met mensen van overal! En hier bevindt zich een kunstpatrimonium dat andere wereldsteden het nadenken geeft. In één dag wandelde ik door de eeuwen heen.
Genua mag dan wel een wereldhaven zijn. De stad heeft het maar moeilijk de haven naar zich toe te trekken. De « Soprelevata » is een soort ringweg die in 1965 aangelegd werd om volgens de mobiliteitstheorie van toen zoveel mogelijk auto’s rond de stad te krijgen. Aan duurzame mobiliteit werd toen niet gedacht. Aan esthetica evenmin. Deze speedway raakt net niet de Renaissance gebouwen en zet de enkele kilometers fietspaden in de schaduw. Jammer.
Maar de Soprelevata maakt deel uit van de stad. Sinds de renovatie in 1992 kunnen de wandelaars eenvoudigweg wandelen van de stad naar de haven omdat de muren die de steunpilaren verbonden, afgebroken zijn. En de streetartists zorgen voor kunst op de grijze pilaren. Parijs, Londen en Rome al gezien? Wel, Genua is een kunststad, een havenstad én een grootstad. Onverwachts.

ENGLISH

Genoa is still off the beaten tracks for mass tourism. Vessels from around the world know the way to its port. And I’m fortunate enough to be on one of those calling from Tunis. Arriving by boat in Genoa is the logical way to get there. Genoa offers as much artistic and architectural treasures as other big cities but it’s not yet a citytrip destination. The ones taking time to visit will be rewarded with the most extended historical centre in Europe. Don’t expect a few cobblestoned streets full of souvenir shops here. Genoa prouds itself to be « more than this ». Some streets are so narrow and steep I choose to leave the bike behind. Let’s have a walk through history! The history of Genoa spans the centuries and guides the retina through it with superb Renaissance Palazzi and Barok churches! And I don’t feel like a tourist, Im Genovese as I walk in the old center where locals work and play. The city has no hype neighbourhoods yet. All you need, from bars to tourist attractions are all spread over the old town.
I walk under the « Soprelevata » to visit the harbour. This viaduct cuts off the city from the harbour. I can barely imagine that walls linked the beams together till 1992. The aim of this urban highway was not to protect the city from invaders but to let as many cars around the city. It feels like it is now part of the urban landscape that shapes the skyline. Street artist now take care of decorating the gray beams. Whatever one may think about city shaping, Genoa is the city that makes people think about the way we live. It’s not Paris nor London. It’s more than that.

Artistic chaos in Naples

Cruel, crazy, beautiful Southern Italy

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Morning duty

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Quand je descends du bateau un lundi matin à Bari, je me dirige tout de suite vers un bar pour déguster mon premier « cappu ». Suivra mon premier croissant que je mange en lisant le journal « Il Corriere del Mezzogiorno ». La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel. Bonne nouvelle : l’économie italienne se porte plutôt bien. Mieux encore, le sud de la péninsule se porte bien aussi. Pas besoin de cette bonne nouvelle économique pour animer le centre de Bari. Le bar se remplit vite. Les bateaux venant de Grèce déversent leur lot de voyageurs, les locaux s’arrêtent pour un espresso avant le boulot et les touristes se dirigent vers la vieille ville qui bat son plein.
Le Meridione qu’on appelle aussi le « Mezzogiorno » en termes plus économiques, ce territoire qui comprend les régions au sud de Rome, c’est la partie la plus pauvre d’Italie. Des villages se sont vidés de ses habitants, les infrastructures y sont moins développées et de nombreux Italiens du Sud sont partis vivre dans le Nord de l’Italie ou à l’étranger. « Non c’è lavoro qui » est la phrase que j’aurai le plus entendu. Les trésors artistiques et les plages ne manquent pas. Le soleil encore moins. Et pourtant…
De Bari, je pique encore plus vers le sud en traversant des champs d’olivier à perte de vue. L’agriculture est la principale ressource économique. Il fait encore doux mais les plages sont vides et les villages sur la côte des Pouilles (la région qui forme le talon de la botte italienne) manquent d’animation. Presque tout est fermé malgré les vacances de Toussaint. À Tarente, je fais une halte d’une nuit tant la ville est surprenante. Grand port et ville industrielle… et sa vieille ville entourée par la mer avec son quartier des pêcheurs. Tout y est ! Un passionné de cyclisme responsable du tourisme aimerait faire en sorte que les touristes passent plus de nuitées dans la ville. Mais il faut aussi changer les mentalités car les touristes n’attendent pas. Cela signifie aussi travailler le dimanche et à des heures irrégulières, ce que les gens n’ont pas encore l’habitude de faire. Matera, une des plus anciennes villes du monde, en est déjà là et tout est prévu pour le touriste d’aujourd’hui. Même le petit hôtel du coin y est taillé dans la pierre.
Il est difficile de ne pas aimer l’Italie profonde. En fin d’après midi, les villages de montagne s’animent. Je demande des infos aux gens du bar tout en sirotant mon café à Grottole. C’est le maire du village en personne qui me renseignera. Lui accuse moins le pouvoir central à Rome pour le manque de dynamisme. C’est que faire revivre des villages ne se fait pas du jour au lendemain…
Les petites routes du Mezzogiorno me mènent à Montegiordano, un village de 1800 habitants perché sur la colline, pratiquement que des anciens car les jeunes sont partis. Le village est connu pour ses « murales », des peintures sur les façades des maisons. L’idée date d’il y a 15 ans : quelques profs de l’école primaire aujourd’hui fermée dessinent sur la façade d’une maison avec les élèves. Un peintre le remarque et lui vient l’idée d’égayer le village. Les propriétaires des maisons concernées et le maire ne s’y opposent pas. Résultat : un village coloré comme aucun autre. En été, des cars entiers arrivent au village pour les murales. Mais le soir, tout le monde est reparti. Moi je reste, et l’ambiance dans le bar Derby est celle d’un village où tout le monde se connaît. Ce ne sont pas les prix du verre de vin à 0,60 € qui repousseront les étrangers. Comme je suis le seul encore présent et cycliste, c’est la communauté qui offre. Le lendemain, j’ai droit à une visite guidée. Un habitant raconte qu’à chaque fois que quelqu’un meurt, la maison se vide, et est bien entretenue par les enfants qui vivent dans le Nord et qui ne viennent plus. Donc le village se dépeuple…
À Montegiordano Marina, je m’arrête dans un autre bar pour un petit-déjeuner. Teresa me demande d’où je viens et inspecte mon vélo. Elle et ses copines sont des clients réguliers ici. Toutes ces mamans ont des enfants à Malte, à Turin, ou à Milan qui adorent le Sud de l’Italie, mais le manque de travail les oblige à partir. La fille de Teresa songe cependant à revenir pour y commencer un Bed & Breakfast car son job ne lui plaît pas. Teresa ajoute : « Les jeunes partent pour bosser mais ils n’aiment pas leur boulot. Dans 10 ans, ils auront tous envie de revenir après une vie de merde en ville. » Les autres dames confirment. Je pense qu’elle a tout compris…
En pédalant 45 km, j’arrive à Riace où je rencontre Lamin. Il est Guinéen et parle couramment l’italien. Il est embauché par la commune comme nettoyeur de rue. Riace, c’est ce village perché de la Calabre dont le maire a décidé d’embaucher les migrants. Et la formule marche. Dans les rues, on entend l’italien de la mamma ainsi que de l’anglais, du français et des langues africaines. Riace rappelle ce que le Sud de l’Italie a toujours été: une terre de migrations située entre deux continents. Une terre prisée par les touristes en été seulement, étouffée par la présence de clans mafieux toute l’année.
C’est sûr qu’on ne transformera pas le Sud profond avec du soleil et des sourires uniquement. L’agriculture qui a fait fuir toute une génération pourrait se combiner avec du tourisme rural. Encore faut-il renoncer à « faire carrière » dans le Nord. Cela veut dire une politique qui soutienne le Mezzogiorno et des mentalités qui changent peu à peu. Ça change tout pour le Sud de l’Italie.

NEDERLANDS

 Vanuit Griekenland brengt de boot me naar Bari. Een maandagochtend in Zuid-Italië… met een echte Italiaanse koffie en een krant erbij. Ik lees dat het Italiaanse Rekenhof gisteren zijn jaarrapport uitbracht. Het gaat best goed met de Italiaanse economie. Zowel Noord-Italië (de motor van de Italiaanse economie) als het Zuiden scoren goed. Dat is goed nieuws. Economische groei of niet, de cafés in Bari zitten vol. De werkende bevolking neemt nog snel een espresso en de toeristen nemen hun tijd voor hun ontbijt.
Het Zuiden van Italie (ook wel Meridione of Mezzogiorno genoemd) omvat de provincies ten zuiden van Rome. Het is ook het armste gedeelte van Italië, een streek die steeds agrarisch is, waardoor veel mensen naar het Noorden van Italië of naar het buitenland vertrokken zijn. Dat is sinds de jaren 60 zo en er verandert nog maar weinig. De mensen hier betreuren dat Rome zo weinig interesse toont voor het Zuiden. Aan kunst en cultuur is er echter geen gebrek. In Lecce staan de palazzi de ene na de andere naast elkaar. Barok tot en met. De stranden en de nationale parken in Zuid-Italië leveren mij prachtige slaapplekken, ondanks het schoolverlof is het echter allemaal vrijwel verlaten.
Ik wandel door het prachtige oude centrum van Taranto. Daar vertelt een verantwoordelijke voor toerisme dat iedereen hier graag méér toeristen zou willen zien, toch moet men ook in eigen boezem kijken. « De politiek vergeet zeker dat het Zuiden ook nog bestaat maar de mensen van hier moeten ook beseffen dat toerisme een 24-uren business is. Daar is nog niet iedereen klaar voor ».
In Matera is men er wel klaar voor. De stad is één van de oudste ter wereld en wordt in 2019 de Culturele hoofdstad van Europa. Nu al zijn de hotelletjes in de oude stad klaar voor hét evenement.
Verder van de toeristische paden ontmoet ik Francesco De Giacomo in Grottole. Hij is burgemeester van het dorp en biedt me een koffie aan als ik hem de weg vraagt. Hij verafschuwt niet zomaar het centraal gezag in Rome, al is het omdat hij van dezelfde politieke kleur is. De burgemeester tettert met de ‘Belgische fietser’, maar ook met zijn medeburgers. Het dorpscafé blijkt dé plek te zijn om te weten wat er gaande is.
In Montegiornado vestigen de schilderijen op de witte huizen mijn aandacht. Zo’n 15 jaar geleden besloot een leerkracht van de inmiddels gesloten dorpsschool samen met leerlingen een paar gevels te beschilderen. Dat bracht een kunstenaar op een idee, hij voegde de creativiteit van de bewoners en de bereidheid van een burgemeester eraan toe om het dorp opnieuw leven in te blazen. Een veelbelovend en geslaagd project is het geworden want met bussen vol komen de bezoekers aan om naar de « Murales » te kijken. ’s Avonds zijn die toeristen echter weer weg. Sommige huizen zijn ware kunstwerken, toch woont er vaak niemand in. Dorpelingen worden oud en sterven. Hun zonen onderhouden de familiale woning maar komen hier nooit meer wonen, aldus een oude Italiaan. Maar ’s avonds is het toch druk van jewelste in de cafés van het dorp. Een glaasje wijn kost hier niet veel, zo’n 60 eurocent. Maar voor mij trakteren de ouderen! Ze willen meer van die fietsers die hier overnachten.
Enkele dorpen verder ontmoet ik Teresa en haar vriendinnen tijdens het ontbijt in een bar. Hun kinderen wonen in Malta, Turijn of Milaan omdat ze er werk gevonden hebben. De dochter in Milaan overweegt wel een B&B te openen in het Zuiden. Weg uit Milaan! Teresa lacht en vertelt: « Wacht maar, die jongeren gaan hier weg maar na 10 jaar zijn ze hun rotleventje in de stad wel beu ». De andere dames bevestigen. Wijze woorden, denk ik.
In Riace richt ik me tot Lamin, een man uit Guinea die hier als straatveger werkt. Riace is inmiddels bekend door zijn visionaire burgemeester ervan, die migranten aan een baan helpt. Ik hoor in de straten van het dorp alle talen door elkaar spreken. De « mama » en de Afrikaanse familie zijn buren. Riace is een wereld in het klein.
De Meridione heeft veel mensen zien vertrekken. Degene die er nu aankomen, uit Afrika of terug uit Milaan, merken nu op dat landbouw en toerisme eigenlijk heel goed bij elkaar passen. Met slechts leuke bars en veel zon volstaat het niet om de economie op gang te brengen maar daar begint het wel bij, zoals vaak in Zuid-Italië.

ENGLISH

Getting off the boat on a Monday morning in the Southern Italian city of Bari. The perfect time for my first cappuccino in a bar downtown with a newspaper. I read in « Il Corriere del Mezzogiorno » Italy’s economy is doing well and the Mezzogiorno is not lacking behind with sound economic figures, says the Italian Court of Auditors. This might be a topic of conversation. The bars fills up anyway with locals drinking an espresso before heading to work and tourists visiting the old town. Welcome in Italy.
Southern Italy that some call the Meridione or the Mezzogiorno is Italy’s least developed part if we talk in economical terms. The region has always been living from agriculture while the north of Italy’s is the engine of the country’s economy.
Heading southwards from Bari I cycle through the barok city of Lecce and one of the world’s oldest town of Matera. One easily notices South Italy has it all to please the eye of very visitor. The beaches and the coastal towns are empty however despite the sunny weather and the school holidays. What’s wrong? A responsable for tourism in the magnificent city of Taranto knows it will take some time to change mentalities. Tourism industry requires working during weekends and not everyone is prepared for it in Southern Italy’s deeply rooted strong familiar tradition.
My bike also brings me through stunning villages more inland. I’ll have a coffee with Grottole’s mayor while Im having a break in the bar on the main square. We’ll quickly agree upon transforming town and villages takes time. Other locals will join us during the conversation and everyone has a say in the matter. It’s more than politics…
Montegriordano is yet another village where you simply want to have that little coffee and croissant and take some time for yourself or for the others around you. The village is famous for its paintings on the houses. Some teachers of the former elementary school came to the idea to let the pupils paint some walls in the village. This brought an artist to the idea to involve the community in his project and put some colours in the streets and the soul of the village. Today the Murales of Montegiordano are known well beyond the region. But the toursits don’t stay overnight. I’m offered some wine glasses by the locals at the bar for my effort to climb the hill up to the village and for my stay in the only B&B. The people here are mostly elderly. The day after the streets are empty as we are in low season and so are lots of houses. The young generation left to North Italy to work and never come back when their parents pass by.
In Montegiordano Marina I enjoy another breakfast in the bar facing the sea. Teresa and her friends are discussing the world while having a coffee and a cigarette. All the ladies have their sons living in Malta, in Turin or in Milan….far from home. As many young people they left for better working conditions and higher salaries. However, Teresa’s daughter plans to start a B&B nearby as she doesn’t like the stressful life in Milan. Teresa laughs at me saying it takes 10 years for the young to realise they are just having a shitty life but they’ll soon want to be back down in the sun. The other mama’s in the bar all agree. I guess they’re right.
The next village is Riace lying on a lovely hill near the coast. Lamin comes from Guinea and shows me the way around in the centre of the village. He is hired by the public authorities as a street cleaner. Riace’ visionary mayor took the decision to let migrants (mostly from Africa) to be part of the community instead of making them wait for a better future somewhere else. Riace today reflects what Southern Italy has always been and what it might be tomorrow: a land of immigration and emigration. A place where tourists should stay longer. A place smothered by drug cartels.
It’ll take time for Southern Italy to recover from economical decline. As the old guys told me, agriculture is still a hard job and politics should encourage rural life. But youth once may turn their back to office jobs and get back to the south to make tourism and agriculture more sustainable. A changing way of life makes the difference.

Albania like no other

Albanie_01

Northern Albania

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L’Albanie était hermétique jusqu’au début des années 90. Le pays communiste ne fait pas comme les autres pays de l’Est. Ce ne sera pas un état satellite de l’URSS, avec laquelle elle rompt tous les ponts. L’Albanie quitte même le Pacte de Varsovie en 1968. L’Albanie ne veut pas de contacts avec son voisin, la Yougoslavie, qu’elle estime trop modérée. Et encore moins avec son voisin du sud, la Grèce, qu’elle soupçonne d’ambition territoriale. Cette Albanie-là, c’est celle d’Enver Hoxha, le chef du gouvernement qui lance sa politique de stalinisme dur. Personne ne rentre en Albanie… et personne n’en sort. Pour défendre le petit État, le leader mégalomane fait construire des milliers de bunkers éparpillés sur tout le territoire : à la campagne, dans les villes, partout. Et ce avec un seul but : la défense du pays par la militarisation du peuple. Les habitants des campagnes « surveillent » à tour de rôle les plaines et les montagnes dans les petits bunkers reliés par radio aux grands bunkers, habités, eux, en permanence, par des commandants. Cette « bunkerisation » a ruiné le pays tout entier. Quelques kilomètres après le poste-frontière, j’aperçois les premiers bunkers sur la plage. Ils n’ont pas encore été rénovés et ne le seront peut-être jamais. Dans les campagnes, les minarets et clochers d’églises ne sont jamais loin les uns des autres. Les villages ne se ressemblent pas. Première halte à Shköder. La ville est « multireligious », comme on dit ici. Y vit une grande population catholique et musulmane. La ville a son quartier historique, ses petits commerçants, ses marchés matinaux, ses bars à vin et à chicha. L’Albanie m’accueille à bras ouverts ! Étonnamment, le pays compte beaucoup de cyclistes et de grosses cylindrées. Il n’a pourtant aucune usine automobile ni d’infrastructure cyclable. Ça doit être l’économie de l’extrême…
Tirana, c’est le centre névralgique de l’Albanie. Le centre culturel et économique, et une grande ville européenne. On pourrait se croire à Athènes, à Sofia, à Istanbul, voire plus à l’est. Il fait bon rêver à Tirana. Le soir, elle se transforme en place M’as-tu-vu. Dur dur de trouver son quartier préféré pour sortir quand tout le centre-ville est rempli de bars, de bistrots et de restaurants. Tirana vit. Et pour se promener, il y a la place Skanderbeg, devenu piétonne il y a peu, avec la nouvelle mosquée en construction à deux pas. Tirana respire. Le bunker, un de plus, qu’avait fait construire le régime cinglé à côté des bureaux du parti pendant l’ère communiste-staliniste, a été transformé en centre d’exposition. Tirana bouge. L’architecture « brutaliste » du dernier régime autoritaire est omniprésente. Tirana intrigue. L’aventure albanaise continue vers le sud. Loin des grands axes nord-sud. Je me perds sur les routes de campagne dans les hauts plateaux. Un peu d’« off road » ne me déplaît pas, même si le vélo est mis à rude épreuve. Camping sauvage, rencontres avec les villageois et les bergers, les petits-déjeuners sur la place du village… On se sent bien en Albanie. La côte du sud du pays annonce déjà la Grèce. Les villages perchés, la mer turquoise, les oratoires le long des routes, c’est la face méditerranéenne de l’Albanie. Mais ne nous trompons pas, l’Albanie est uns des pays les plus pauvres d’Europe avec un fort taux d’émigration. Comme de nombreux pays européens, c’est l’histoire qui les rend culturellement si riches. L’Albanie a été vénitienne, ottomane, stalinienne,… Il y a encore beaucoup d’histoires à ne pas oublier et de patrimoine à restaurer. En 1984 encore, le staliniste Enver Hoxha déclarait la République Populaire d’Albanie « fermée aux ennemis, aux espions, aux touristes hippies et autres vagabonds ». Aujourd’hui, l’Albanie est plus que jamais ouverte aux cyclistes nomades.

NEDERLANDS

Albanië is tot in de jaren 90 Europa’s meest gesloten land: niet toegankelijk, noch voor toeristen, noch voor zakenreizigers. Na WOII wordt Albanië een communistisch land maar net als zijn buurland Joegoslavië, wordt het toch geen satellietstaat onder leiding van Moskou. In tegenstelling tot Joegoslavië echter, kiest Enver Hoxha, leider van de regering, voor de harde hand afkomstig uit het stalinisme: niemand mag het land binnen en niemand verlaat het land.
Dat vergt infrastructuur. Hoxha laat in Albanië duizenden bunkers bouwen, in de steden en op het platteland. Zo verdedigt het volk het vaderland. Het zijn inderdaad de burgers die vanuit de kleine bunkers de buurt bewaken tegen invallers. Die kleine bunkers zijn via radio verbonden met grotere bunkers, die door de commandanten bewoond zijn. Het bouwen van de bunkers kost handenvol geld, dat dus niet aan wegen of huisvesting besteed wordt. Het land verarmt. Zo zie ik langs de weg net na de grenspost reeds de eerste bunkers. Van verwijdering of renovatie is er blijkbaar geen sprake.
Via de hoofdweg rijd ik langs bunkers afwisselend met kerken, moskeeën en dorpen. Shköder is de eerste agglomeratie op mijn weg. Hier leven moslims en orthodoxe Albanezen naast elkaar. De stad heeft een oude stadskern en het krioelt van kleine handelaars, vakwerkers, markten, wijn- en chichabars. Centraal in het land ligt Tirana, de hoofdstad. Ook hier heerst er een geweldige sfeer. De grote invalswegen versmallen naarmate ik het centrum nader en de sfeer wordt intenser. Opvallend is de architecturale mix van de stad, zoals rauwe betonnen appartementsgebouwen naast de nieuwe moskee in aanbouw. Het strakke operagebouw uit de 50er jaren met de fresco van de revolutie. Ik bevind me op de Skanderbegplaats, dé plaats waar het allemaal begon in Albanië: de revolutie tegen het regime die zich uitbreidde tot het hele land. Nu is het plein een voetgangerszone. De donkere geschiedenis is zichtbaar én tastbaar: een bunker, voormalige schuilplaats voor de megalomane ministers, herbergt thans een cultureel centrum.
Vanuit het noorden doorkruis ik Albanië naar het zuiden toe, waar kleine veldwegen meer en meer de grote wegen vervangen. Dat gaat langzaam want de fiets is zwaar beladen…ik neem de tijd. Tijd om in de velden wakker te worden, de herders te begroeten, een stevig ontbijt in het nabijgelegen dorp te benuttigen. Zo kan het ook in Albanië.
Zuid-Albanië lijkt al eerder op Griekenland. Hoe afwisselend kan een klein land zijn! Nu zijn het witte dorpen, verlaten stranden en orthodoxe kapellen op de weg. De bunkers herinneren er toch nog aan, dat dit wel Albanië is!
Het land lag achtereenvolgens onder Venetiaans, Ottomaans en communistisch bewind, een rijke geschiedenis dus voor de Albanezen maar velen onder hen zoeken toch elders een beter leven, voornamelijk in Duitsland. Albanië is nog steeds één van de armste landen in Europa. Welvaart is nog ver weg maar we mogen het gesloten land vergeten. Albanië is open voor iedereen.

ENGLISH

Albania was a closed country from the end of World War II to the collapse of communism. It didn’t follow the same way as most of the communist states in Europe as the country was not USSR controlled. Albania pursued a hardline Stalinism regime while Enver Hoxha was on power. Neighbouring Yugoslavia was too moderate and Greece was believed to have territorial ambitions on Albania. In order to defend the country from foreign agression he built thousands of bunkers throughout the country. The smalls ones were manned by civilians to control the land and were in sight of the big ones manned by commanders. By so doing, Albania got almost completely isolated under its paranoid leader, and completely ruined as the bunkerisation prevented other public works to be carried out.
I can already catch a sight of bunkers a few kilometers after the border control in the north of the country. Albania is not only about dark history. Mosques and church towers are within sight all around the countryside. And the city of Shköder welcomes me in its historical centre full of local fruit markets, wine bar and chicha café’s.
Albania’s capital Tirana is a bustling city and the economical and political centre of the country. Tirana is the kind of the city that makes you think you could be everywhere. And the pedestrianised square Skanderbeg allows one to walk through the history of the country. The revolution against the totalitarian regime started here and the past left its mark. But Tirana lives it up now. The bunker that once served to protect ministers is now a cultural centre. Brutalist architecture buildings have been refurbished and is now everyones to discover. Tirana doesn’t go to sleep after office hours. The good news is that there is no one neighbourhood to go out as all the city invites you to party.
Albania makes me wanna go exploring the south at a slow speed. I go off road and choose to wild camp.Small beaches and white villages with the blue cupolas in Southern Albania heralds nearby Greece. Albanians are curious and warm. Albania pulls me in and makes me feel relaxed.
The People’s Republic of Albania used to be « closed to enemies, spies, hippie tourists and other vagabonds… » as the regime said. Today’s Albania is now open for everyone.

 

Eastern play in Croatia and Montenegro

Dubrovnik

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Souvent, on arrive à Dubrovnik, en Croatie, après avoir longé la côte croate ou en descendant d’un avion dans son aéroport international. En venant de la Bosnie par contre, on descend des montagnes droit sur les rives de la Méditerranée. Le climat est encore doux en octobre. La grande bleue… elle me rappelle que j’ai bientôt fini ma traversée de l’Europe de l’Est qui a commencé à Tallinn en Estonie, 4 250 km avant. Sur Route60, ce sont des milliers de kilomètres à faire (et à refaire) à son rythme à travers l’Est du continent européen. Oublions d’abord ce vilain nom : l’Europe de l’Est, c’est l’Europe. L’Europe qui ne se pose pas trop de questions. L’Europe qui est ouverte et qui n’a pas été épargnée par l’histoire. Des pays qui ont vu passer des dictateurs, des fascistes. Des pays qui ont vu des régimes bien obscurs, de ceux qui ont voulu briller de leur plus belle lumière en laissant les populations dans l’ombre.
Non, le vélo n’est pas toujours de tout repos ici. Il faudra faire face aux chiens agressifs et aux bolides qui n’ont pas été étudiés pour partager la route. Mais ce n’est pas ça qui arrêtera un cycliste ! De plus, la diversité des paysages et la curiosité des gens nous font vite oublier tout cela. C’est ici qu’on lancera le plus de « How are you » le long de la route. C’est ici que les habitants veulent tout savoir de vous. Et qu’on veut tout savoir d’eux et de leur pays. Des pays où tout est allé très vite. Aussi à Dubrovnik. On l’appelle « la perle de l’Adriatique » à juste titre. Des ruelles, des remparts, des églises et des couvents. Le tout entouré par la mer d’une part et les montagnes d’autre part. Il n’y a pas de doute, on aime ! La ville est aussi le lieu de tournage de « Game of Thrones », ce qui fait exploser le nombre de touristes… et elle n’en peut plus ! Et elle n’en veut plus : les habitants (la ville n’en compte que 40 000) en ont marre et des caméras comptent le nombre de touristes présents. Au-delà d’un certain nombre, les portes de la vieille ville se ferment. Le vélo ne nécessite pas l’usage des parkings laids aux abords de la ville. Je le gare près des remparts, puis la vieille ville est à moi. Une balade nocturne reste un moment fort à Dubrovnik !
La route continue plus au sud vers le Monténégro. J’arrive chez Rebecca près de Tivat. Elle est anglaise et travaille comme professeur d’anglais dans une école internationale qu’on appelle aussi « l’école russe » car bon nombre des élèves sont russes. La côte est très prisée et est encore souvent libre de bâtiments. Mais attention, ça pousse comme des champignons et ce ne sont pas les politiciens corrompus qui arrêteront les promoteurs immobiliers, me confie-t-on. La maison de Rebecca est perchée dans la montagne, une vieille maison où le temps s’est arrêté. Non loin de là, je monte littéralement les Bouches du Kotor par la petite route à du 7 % sur 12 km. Il s’agit en fait d’un fjord formé par le Kotor qui s’enfonce dans les terres. La montée est difficile certes, et la vue est méritée, donc plus belle. Le petit pays a sa « petite » capitale, Podgorica, au centre du pays. La ville ne serait pas très belle, selon les gens que je rencontre sur la route. Mais comme toutes les villes un peu loin de tout, Podgorica fait office de phare qui illumine toute la plaine qui l’entoure. Les gens viennent de partout. Les bars sont pleins, on est sur son 31 et on profite de l’été indien. La ville me donne l’impression d’une ville inachevée, un peu comme le reste du pays d’ailleurs. Un peu comme beaucoup de pays de l’Est.
Les dictateurs font à présent partie de l’histoire. Quant aux corrompus et aux parvenus, on espère qu’ils feront bientôt partie des archives nationales. Et s’ils restent, qu’ils sachent que cette Europe a changé.

NEDERLANDS

Reeds ten tijde van Joegoslavië was Dubrovnik één van de belangrijkste trekpleisters voor buitenlandse toeristen. Chartervluchten brachten de toeristen massaal naar de zogenoemde « Parel van de Adriatische Zee » . Wie met de auto reisde, bewonderde de Dalmatische kust met de talrijke eilanden. Vandaag is er weinig veranderd. Dubrovnik blijft de topbestemming van Kroatië in tegenstelling tot Bosnië, beëindigd door bergen in plaats van het water. Vergeet het continentaal klimaat, hier in Dubrovnik is het nog zacht in Oktober.
In Dubrovnik ben je nooit alleen. De stad telt slechts 40.000 inwoners maar het architecturaal patrimonium is uitzonderlijk. De oude stad zit vol met kerken en kloosters en is omringd door oude stadswallen. Eigenlijk is het decor van « Game of Thrones » de weergave van het oude stadsgedeelte. Dat ook lokt veel toeristen. Tot op deze zondagavond, in de herfst, zijn de toeristen trouwens nog massaal aanwezig. Net als in sommige andere Europese steden wordt het aantal toeristen in de binnenstad door camera’s bewaakt. Als er te veel toeristen toekomen, wordt de oude stad verboden terrein. Ik probeer, met mijn fiets, onopvallend te blijven want ja, ik geef het deemoedig toe, een nachtelijke tocht doorheen de oude straten van Dubrovnik is onvergetelijk.
De weg leidt verder zuidwaarts naar het landje Montenegro. Daar kom ik bij Rebecca toe, nabij de stad Tivat. Ze is Brits en werkt hier als leerkracht in de internationale school of « Russische school », hier zo genoemd want de Russen zijn er massaal aanwezig. De kust van Montenegro is inderdaad nog ongerept maar hier en daar valt er mij toch wat op: gebouwen die kriskras naast elkaar staan, met tennisvelden, zwembaden,… en allemaal met zeezicht. Montenegro « heeft het », dat is zeker maar zullen de corrupte politici de bouwwoede kunnen bedaren? Rebecca twijfelt eraan. Haar oud huisje in de bergen maakt niet uit van het moderne decor. De tijd heeft er stilgestaan.
Niet ver vandaan volg ik de Baai van Kotor en rijd enigszins op een fjord. Ik heb nog 12 km te rijden, met een helling van 7% vanuit het zeeniveau. Uitblazen kan, en met zicht op de bergen en de zee, dat heb ik verdiend!
Nadien is het gemakkelijk naar de hoofdstad Podgorica af te dalen. « Niet zo mooi  om te zien», zeggen de mensen me onderweg. Zoals vaker in dun bewoonde gebieden beïnvloedt de sfeer van de stad de hele omgeving. « Afzakken » naar de hoofdstad. Alle Montenegrijnen en hun cultuur in één klap. Zo moet ik het van een hoofdstad hebben! Na Montenegro zullen mijn volgende bestemmingen Albanië en Griekenland zijn.
Van Route60 uit Tallin tot aan de de Albanese grens, waren het 4250 km doorheen Oost-Europa, wel met het besef dat ‘Oost-Europa’ vooral Europa is. Een fietstocht door dat gedeelte van Europa, waar het allemaal zo snel gaat. Europa, waar de geschiedenis zich niet zal herhalen. Dictatoriale regimes hebben hier sporen achtergelaten. Fascisten en communisten zijn er echter niet meer, of amper. Het multiculturialisme was de bron van oorlogen maar nu staat dat niet meer als een probleem op de politieke agenda want het is een feit. De Oost-Europeanen zijn geen broeders noch buren, ze zijn wel Europeanen tout court. Tja, ze praten toch liever over hun nieuwe auto dan over een fietspadbeleid. Maar ze zijn open, ze praten veel en willen graag alles over je weten en de fietsers alles over hen en hun cultuur. Van Tallin tot Albanië, daar verandert Europa snel!

ENGLISH

Arriving in Dubrovnik generally means touching down on its international airport or driving down the Croatian coastline with many other tourists flocking to the Adriatic coastal city. The scenery is different while arriving from Bosnia. The road leads down from the mountains straight to the big blue sea. The climate is Mediterranean and even in October, temperatures are perfect for an evening walk through the city.
Dubrovnik has only 40.000 inhabitants but is a major tourist attraction in the region. The city has it all: an old town full of churches, monasteries and cobblestoned streets surrounded by medieval walls. And there’s more: the old town is also the place where the TV show Game of Thrones is filmed….and how it looks in real life. The city however is going to turn tourists away. Cameras monitor the number of tourists and above a certain amount the acces to the old city is restricted. On Sunday evening in October there is little chance to suffer from this crackdown. My bicycle is easily parked near the walls surrounding the city. Let’s be honest: strolling down the streets of Dubrovnik at night is a unforgettable experience.
The next country is Montenegro. I meet Rebecca near Tivat. She is a British teacher at the international school nearby. Also called the « Russian school » as many Russians recently discovered Montenegro pristine coastline. Rebecca’s house is a old house where time stood still. A good place to relax and to think about what we see more and more: new hotel projects and huge theme parcs near the coastline. But no one seems to care about spatial planning. Rebecca doubts if corrupt politician will ever stop real estate promoters.
The road leads me to the bay of Kotor. It’s a winding bay surrounded by mountains. The 12km long ascent at 7% takes me two hours but the view is gorgeous and deserved.
Further southwards I head to Montenegro’s capital Podgorica. The city has not the grandeur that speaks for its own but has that typical attractiveness of a capital. It is ‘the centre’ of the country. The cultural centre that shines its light on the rest of the country. A city where one needs to be seen. The ‘small’ capital is a bustling city I wouldn’t miss while on Route60.
Montenegro is one of the last countries in East Europe before heading to Greece. The Eastern part of my Europe tour started in Tallinn for a amazing trip through countries that weren’t even open for foreigners up to 25 years ago. Eastern Europe is where Europe is ahead of time with religions and multiculturalism. Eastern Europe is Europe. Not yet the easiest part for bike touring. Car drivers are often more into speeding up a fancy car than slowing down for cyclists. But those Europeans are curious and wanna know it all about who’s there on the bike. For sure things are changing rapidly in Eastern Europe. Dictators and war have now made place for peace and for change. Now more than ever a place to be back again in a near future.

Bosnia’s future on two wheels

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Après avoir traversé la Serbie, j’arrive un soir d’automne en Bosnie-Herzégovine. La Bosnie, c’est un concentré d’abord de Yougoslavie et puis d’Europe. Sa capitale Sarajevo fut en 1914 le théâtre de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, l’héritier de l’Empire austro-hongrois et de sa femme Sophie Chotek, par un nationaliste serbe. Cet événement marque le début de la Première Guerre mondiale. La Bosnie, c’est aussi la guerre de Bosnie. Après la mort de Tito, des querelles nationalistes se font entendre de part et d’autre de la Yougoslavie. Et l’ultra-nationalisme serbe incite les républiques qui composent le pays à déclarer leur indépendance. Il en va de même pour la Bosnie. Mais la route sera plus longue car la Bosnie est la seule à être multiethnique. La Slovénie est majoritairement composée de Slovènes, la Croatie de Croates et la Serbie de Serbes. La Bosnie est composée de Serbes, de Croates et de musulmans ou Bosniaques. Les Serbes de Bosnie refusent de vivre dans un état où ils seront minoritaires. Le pays est malgré tout reconnu par la communauté internationale le 7 avril 1992. Mais les Serbes de Bosnie déclarent « leur » partie de la Bosnie indépendante. De plus, l’armée serbe se positionne à Sarajevo pour s’opposer à l’éclatement de la Yougoslavie. C’est le siège de Sarajevo qui fera des milliers de morts. Qui n’a pas en tête ces images de la guerre de Bosnie ? Tout à coup, la guerre semblait toute proche. C’est le président américain Bill Clinton qui réussira à mettre autour de la table les trois communautés de Bosnie (Croates, Serbes et musulmans) et non l’Union européenne, divisée sur la question de l’indépendance de la Bosnie. Le résultat des accords obtenus : un état multiethnique très divisé politiquement et aux institutions fortement décentralisées. En effet, la Bosnie est un État fédéral avec deux grandes entités, une pour les Croates de Bosnie et une pour les Serbes de Bosnie (appelée la « Republika Srspka » ou République serbe). Les Musulmans vivent dans toute la Bosnie. Chaque entité a son parlement, son président et ses compétences. Autre point commun des deux parties : l’entente est fragile et de façade entre les deux. Il n’est pas rare que les Serbes et les Croates claquent la porte du parlement fédéral de Bosnie, situé à Sarajevo.
Sarajevo, la capitale d’un pays qui existe tant bien que mal, vit sans complexe son multiculturalisme. Pendant la période yougoslave, les étrangers venaient à Belgrade pour étudier le modèle yougoslave, mais c’est à Sarajevo qu’on dansait et qu’on sortait. C’était la ville branchée de la Yougoslavie. Et sportive aussi, puisqu’elle organise les Jeux Olympiques en 1984. Aujourd’hui, Sarajevo est une ville particulièrement animée qui se refait chaque jour. Le cadre naturel qui entoure la ville invite à la balade, au VTT… Quant aux infrastructures des Jeux Olympiques, il ne reste plus que la piste de bobsleigh délabrée mais prisée des artistes… À Sarajevo, je rencontre Zejnil. Il est artisan dans le vieux centre qu’on appelle aussi le quartier turc. Les Turcs étaient les premiers habitants de Sarajevo. Le quartier est touristique, mais quelques artisans résistent encore entre les restaurants et les bars du quartier. Zejnil est ferrailleur et les cadres de vélo en acier, il connaît ! Pour le reste, cela pourrait être Istanbul, mais on est bien à Sarajevo. Quelques rues plus loin, je bavarde avec Juliet. Cette Australienne est venue en Bosnie faire des stages en ferronnerie. Elle a ouvert un lavoir (www.laundrolounge.net) à deux pas du centre-ville. Derrière ses machines à laver, elle dispose d’un petit atelier où elle fabrique des boucles d’oreilles et des colliers. Elle en vend parfois à ses clients, principalement des touristes. Dans son lavoir, on peut aussi voir ses œuvres et attendre son linge en lisant ou en bavardant. Juliet adore Sarajevo, mais déplore la lenteur de l’administration en Bosnie. Dans les quartiers à l’ouest du centre, une femme musulmane m’indique le chemin. Elle se sent bien à Sarajevo car il n’y a pas de quartier pour les uns ou pour les autres. « Regardez, il y a une mosquée et une église. C’était comme ça avant la guerre et le conflit n’a rien changé à la situation. » Si la Bosnie souffre encore (économiquement) de la guerre et des tensions qui subsistent au sein de ses peuples, Sarajevo démontre que l’inverse est possible. La ville ne compte qu’un bon demi-million d’habitant mais le dynamisme et les rencontres entre les gens de tout bord et de toutes ethnies (car oui, c’est par là que les conflits ont commencé) donnent envie de croire au meilleur. Oui, les marques du temps confectionnent l’univers mental et physique des gens. Il y a des guerres qui séparent et des villes qui unissent, Sarajevo en est une !
De Sarajevo, la route nationale mène vers Mostar, la deuxième ville du pays. Une autre ville qui espère bientôt être plus connue pour son architecture que pour les stigmates de la guerre. Mostar a beaucoup souffert car elle était au centre des combats entre Serbes, Croates et musulmans. Stefan y tient un petit hôtel dans le centre-ville. Il parle très bien allemand car, comme beaucoup de gens ici, il est parti vivre en Allemagne, d’où il est revenu après quelques années. D’abord pour être guide touristique puis gérant d’hôtel. Il en a marre des institutions lourdes. « Tout est dans les mains des régions de ce pays. Le gaz, l’électricité, etc. Il faut d’abord savoir quelle électricité vous voulez, serbe ou croate… » Il ne compte pas non plus le nombre exorbitant de ministres, d’institutions et de parlementaires que compte la Bosnie. Il préfère faire dans la légèreté et l’humour. Je lance un « Hello » en arrivant et le check-in est fait, on se passera de formalités ! On est une famille dans son hôtel et il sait pourquoi : il vient de la partie serbe de la Bosnie, mais il est catholique et non orthodoxe. Trouvez la logique. Stefan m’indique l’entrée de l’immeuble criblé de balles d’où tirait l’armée croate vers la partie musulmane de la ville. La vue est « belle », l’histoire est glaçante.
L’histoire et l’avenir ne sont jamais bien loin en Bosnie. À quelques kilomètres de Mostar, je continue mon chemin vers Dubrovnik en Croatie. J’utilise un nouvel itinéraire cyclable dont le tracé suit l’ancienne ligne de chemin fer depuis Mostar vers la Croatie (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). Les paysages sont magnifiques. Le parcours traverse des villages fantômes. Le sud de la Bosnie s’est vidé de ses habitants fuyant la guerre et le marasme économique. Le calme est saisissant. On est loin du tourisme sensationnel. Le vélo silencieux permet encore mieux de se réserver un moment de réflexion. Le tout sur un itinéraire cyclable qui incite à en faire davantage pour la Bosnie. Le pays ne dispose pas de plages ou d’îles comme la Croatie voisine. Pas grave, des touristes responsables lui conviennent très bien. Traverser la Bosnie à vélo, ce ne sont pas seulement des montagnes et des villes, c’est aussi ouvrir un livre d’histoire, l’histoire de l’Europe. Les mollets seront assez sollicités, c’est vrai, mais la Bosnie vaut bien cela, vraiment !

NEDERLANDS

Via Servië fiets ik naar Bosnië-Herzegovina. Dit land is één van de vroegere Joegoslavische republieken. Bosnië is als geen ander. In de hoofdstad Sarajevo werden Aartshertog Franz-Ferdinand en zijn vrouw vermoord. Dit leidde tot het begin van WO1.
Bosnië kennen we nog van de oorlog die er tussen 1992 en 1995 woedde. Na de dood van Tito rezen nationalistische eisen in de verschillende deelrepublieken van Joegoslavië. Zij verklaarden later hun onafhankelijkheid. Zo ook Bosnië. Maar de weg naar onafhankelijkheid zal moeizaam verlopen want hier wonen Kroaten, Serviërs en Moslims. De andere deelrepublieken zoals Kroatië en Slovenië zijn vooral mono-etnisch. De Serviërs in Bosnië weigeren de onafhankelijkheid te erkennen omdat ze er een minderheid zijn. Maar Bosnië wordt toch onafhankelijk op 7 april 1992. Als gevolg hiervan, stuurt het ultra-nationalistisch regime van Servië het leger naar Sarajevo. Gedurende 4 jaar is Sarajevo in handen van het Servische leger en Servische milities. Er vallen meer dan 5000 doden. Bosnië ontstaat in het puin van de oorlog.
We herinneren ze ons nog, die beelden van de Sniper Alley in hartje Sarajevo, elke dag op televisie. Oorlog woedde opnieuw in Europa sinds WOII. De Amerikaanse president Bill Clinton (en niet de verdeelde Europese Unie) slaagde erin de drie partijen (Serviërs, Kroaten en Moslims) rond de tafel te krijgen. Men slaagde erin de oorlog te beëindigen en de staatsstructuren van Bosnië vast te leggen in een grondwet die door alle partijen aanvaard werd. Het resulteerde in een zeer zwakke staat met twee entiteiten: één voor de Kroaten en één voor de Serviërs.
De Moslims zijn verdeeld over het hele land. De entiteiten hebben veel bevoegdheden, een eigen parlement en een president. Van samenwerking tussen de deelstaten is er echter nauwelijks sprake.
De hoofdstad Sarajevo geeft nochtans een ander beeld weer van Bosnië. Sarajevo is multicultureel! Hier leven Serviërs, Kroaten en Moslims bij mekaar. Er zijn geen afzonderlijke wijken voor de verschillende gemeenschappen.
De oude stad is de Turkse buurt. Hier lopen veel toeristen rond. Te veel om de wijk nog als echt Turks aan te voelen. Toch zijn er nog enkele ambachtslui, zo Zejnil, metaalbewerker. Een stalen fietskader rechtzetten is voor hem een ‘fluitje van een cent’.
Enkele straten verder kom ik Juliet tegen. Uit Australië is ze naar hier gekomen. Ze loopt stage in enkele musea en als juwelenmaakster. Het bevalt haar hier best. Om rond te komen opende ze een wasserette (www.laundrolounge.net) die vooral op toeristen rekent als klanten. Terwijl de wasmachines draaien werkt ze in haar atelier in dezelfde ruimte. Ze vindt het dynamisme in Sarajevo geweldig maar betreurt de logge administratie van Bosnië.
Net buiten het centrum wijst een moslima mij de weg. Zij vindt het hier goed leven. De buurten zijn voor en van iedereen. « Kijk, daar een moskee en daar, een kerk. Dit is al altijd al zo geweest. »
Sarajevo was in het Joegoslavië van Tito dé stad bij uitstek waar het goed leven was, bekend van onder meer het nachtleven. Trendy Sarajevo organiseerde ook de Olympische spelen in 1984. Daar blijft nog maar een afgedankte bobslee-piste van over die nu door de ‘street artists’ een nieuw leven krijgt. Voor het nachtleven is men nog steeds op het juiste adres. Sarajevo bruist van het leven.Sarajevo is geen lab voor multiculturalisme, Sarajevo is multicultureel.
Van hieruit reis ik door naar Mostar. Ook hiervan blijven nog beelden over. Misschien vakantiebeelden met de oude brug die de bewoners van de oude stad (vooral Moslims) verbindt met de het oostelijk gedeelte (vooral Kroaten). En dan herinneringen van het dagelijks geweld tussen de gemeenschappen, tijdens de Bosnische oorlog. Ik overnacht in Hostel Golden Bridge. De eigenaar Stefan spreekt perfect Duits. Net als veel landgenoten vluchtte hij naar Duitsland om een nieuw leven te beginnen maar hij keerde terug. In Mostar werkte hij als gids en opende later een hotel. De zware staatsstructuren is Stefan meer dan beu. Hij wil zelfs niet weten hoeveel ministers en parlementen er in Bosnië zijn. « Alles is hier in handen van de deelstaten. Zelfs voor elektriciteit moet je weten of je die Kroatisch of Servisch wilt. » In zijn hotel houdt hij het liever simpel. Bij het binnenstappen ben je meteen ingecheckt, zonder enige formaliteit. Betalen kan pas nadat je geslapen hebt en vertrekken, dat doe je wanneer je wil.
Hij toont mij de ingang van het gebouw van waaruit de Kroatische militairen in de richting van de Moslims schoten. Het uitzicht is indrukwekkend…ik krijg er rillingen van.
Vanuit Mostar rijd ik door naar Dubrovnik in Kroatië. Fietsers genieten nu van een nieuwe fietsroute (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). Het zuiden van Bosnië is dun bevolkt. Ik rijd door spookdorpen. Dit is geen sensatietoerisme. De stilte is aangrijpend. De fiets is dé ideale manier van reizen door dat open geschiedenisboek. Bosnië heeft geen lange kustlijn noch eilanden als in Kroatië. Geen massatoerisme dus maar verantwoord toerisme. Bosnië heeft het broodnodig.

ENGLISH

My way through the Balkans goes on via Bosnia; this small country is one of the former Yugoslav republics.
The murder of Franz Ferdinand in the Bosnian capital Sarajevo is accepted as the cause of World War I. More recently we have known Bosnia for the war that took place between 1992 and 1995. After Tito’s death nationalism in the Yugoslav republics grows and leads to the independence of those republics. The same goes for Bosnia, but the way to independence is more difficult as Bosnia is the only multiethnic republic, formed by Serbs, Croats, and Muslims. The Serbs fear they will become a minority in the new country. Bosnia’s independence is recognised on 7th april 1992. But the Bosnian Serbs, whose aim was to create a new state including only the Serbian part of Bosnia with a Muslim minority, encircled and assaulted the city almost 4 years after the independence was declared. Bosnia is born in war. We still all have the images in our mind of Sniper Alley in Sarajevo. This event marked war taking place on the European mainland once again.
The Dayton agreements put an end to the war and the State of Bosnia Herzegovina was set up as two entities, the Croats and the Serbs. The Muslim population is spread all over the country, but has no official role in the government. The Croats and Serbs each have their own parliament, ministers, and local government for practical things such as road works, education etc. Both entities however are not into working together to make a strong Bosnia.
Today Sarajevo looks like any other multicultural city. There are no « neighbourhoods for Serbs » or « Croat neighbourhoods ». People live close together as the city is sandwiched between mountains. The old town (also known as the Ottoman quarter) has too many tourists walking around to really feel Ottoman but the skyline could be the one of Istanbul. And some craftsmen are still working out there. So does Zejnil, a scrap dealer located in between the shops and the restaurants. He knows how to repair steel bike frames!
A bit further away I stop to talk to Juliet, she’s Australian but moved to Sarajevo for an apprenticeship in a museum. She later openend the Laundro Lounge (www.laundrolounge.net), a laundry where you can have a coffee while the clothes are being washed. Juliet holds a small metalworking studio behind the washing machines and her work is on display at the laundry.
A bit further away a muslim woman shows me the right way. « Look, there’s a mosque and a church. It has always been like this here. » For sure, Sarajevo is not just a lab for multiculturalism, it’s a diverse city. It used to be the place to be for its nightlife in Tito’s Yugoslavia. And it’s a sporty place too, the winter Olympics took place here in 1984. Today, Sarajevo is still a vibrant place at night but the bobsleigh track is now used by street artists. The city nevertheless is not intact; war wounds of defensive fighting holes are still visible on some buildings all over the city.
The main road leads from Sarajevo to Mostar. Bosnia’s second largest city is known for its old bridge linking the Croatian part and Muslim part. But most of us remember Mostar as the city which was the focus of bombing among Serbs, Croats, and Muslims during the Bosnian war. I stay at Stefan’s Golden Bridge Hostel. Stefan is a Catholic Bosnian Serb, but doesn’t care too much to which community he belongs to. He speaks German as he worked for several years in Germany but decided to come back, first as a tourist guide before he opened his own hostel. Bosnia is his home but he’s fed up with the crazy institutions here. He doesn’t wanna know how many ministers and MPs his country has. He deplores the power of the regional government and the lack of cooperation. « Even electricity is either Croat or Serb » he says. Unlike the Bosnian institutions he keeps it easy and simple at his hostel, say « hello » and check in is done.
Stefan shows me the building from where the Croat artillery used to shoot in the direction of the Muslim part of the city. The view on the city is amazing…and frightening.
From Mostar I cycle my way down to Dubrovnik in Croatia using the new cycling route that was inaugurated some years ago (http://www.ciro.herzegovinabike.ba). It runs through the south of Bosnia to the shores of the Mediterranean Sea and it follows an old railway line. It brings cyclists to green landscapes that were abandoned during the war. The old station buildings along the way were closed after the last train ran on the tracks in the 70s. Cycling through Bosnia is definitely more than cycling through mountains and cities. This open-air museum brings us back in time and cycling is probably the best way to go. Miles away from tourists traps or black tourism. Bosnia’s history is one not to be forgotten. Responsible tourism won’t change Bosnia’s politics but certainly will help Bosnia be on the map of Europe again.

No Lenin nor Europe in Tiraspol

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Tiraspol and its main avenue

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Tiraspol, c’est la capitale de la Transnistrie, cette région de Moldavie autoproclamée indépendante mais non reconnue par les Nations Unies et qui se situe, comme son nom l’indique, de l’autre côté du Dniestr. Après l’éclatement de l’Union soviétique, la jeune république de Moldavie adopte le roumain comme seule langue officielle. Le russe perd ce statut. Mais la pilule passe mal chez les habitants de Transnistrie qui, eux, sont majoritairement russophones. Ils souhaitent un rattachement de leur région de 4 163 km2 à la Russie et la région déclare son indépendance le 2 septembre 1990. En 1992, l’armée moldave essaie de reprendre le contrôle mais la Russie intervient et les forces moldaves quittent le territoire. Depuis, rien n’a vraiment changé en Transnistrie. Ce « pays » pas plus grand que la province du Luxembourg est accessible après un passage par l’un de ses check points. Les données disponibles sur le web quant aux modalités d’entrée ne sont pas à jour ou, autrement dit, les modalités changent vite en Transnistrie. On mentionne la possibilité de devoir payer pour quitter le pays ou de ne pas s’y sentir en sécurité. De plus, la Transnistrie est réputée pour être un musée à ciel ouvert de l’URSS. En effet, la capitale Tiraspol dispose encore d’une statue de Lénine et de bien d’autres choses encore qui rappellent l’URSS. Le drapeau national de la Transnistrie porte l’effigie de la faucille et du marteau. C’est avec un sentiment partagé que je quitte la route principale côté moldave pour me diriger vers un check point dans le sud de la Moldavie. D’abord, il y a un contrôle de la police moldave. L’agent me dit que je risque de ne pas pouvoir entrer en Transnistrie. Mais je continue ma route dans la zone tampon. Il n’y a pas d’habitations le long de la route, mais après 5 km j’arrive au « poste-frontière » qui n’est guère plus qu’une vieille barrière rouillée et deux bureaux dans des containers. Et deux officiers au képi russe. Les deux m’indiquent que je dois retourner sur la route principale en Moldavie pour ensuite rejoindre Tiraspol par un autre poste-frontière. Pas de réponse à ma question du pourquoi je ne peux pas entrer ici même et aller à Tiraspol par la route sur le territoire de Transnistrie. L’agent moldave avait raison… il faut retourner. Je suis donc la route principale qui traverse la Moldavie sur l’axe Nord-Sud. Jusqu’à la jonction qui mène vers Tiraspol, cette fois-ci il s’agira d’un check point principal. Le passage se fait rapidement. Je reçois mon sésame pour trois jours à Tiraspol. Dans un anglais courant, l’agent me dit que je peux prolonger mon séjour à condition de revenir au check point dans les trois jours. Je demande s’il faut payer pour prolonger le séjour. « Of course not ! » Comme tout étranger, je suis impatient de voir ce musée à ciel ouvert mais il faut bien vite se rendre compte que c’est surtout le boulevard central de Tiraspol qui arbore des symboles soviétiques (le buste de Lénine, le char de l’armée soviétique). La république de Transnistrie, ce n’est d’ailleurs pas du communisme, c’est un système mafieux de quasi-monopole d’un parti politique non communiste, en partie dans les mains de deux anciens militaires qui détiennent aussi le groupe Sheriff, qui à son tour détient le quasi-monopole sur l’économie. Sheriff, ce sont des supermarchés, des pompes à essence, des casinos, de la téléphonie mobile, de l’internet, de l’immobilier et même le marché matinal. Bien loin de l’idée d’un communisme quelconque et de l’Etat qui détient l’outil de travail. Un habitant me dira que les emblèmes communistes sur le drapeau, les timbres et les billets de banque ne sont maintenus que pour faire vivre la nostalgie de l’URSS qui règne encore chez les plus anciens. Ce no man’s land a tout d’un état indépendant : un gouvernement, un parlement, un système postal, une banque nationale, une armée et une police. Et même des plaques d’immatriculation, mais la plupart des voitures sont immatriculées en Moldavie car une voiture immatriculée en Transnistrie ne pourra pas quitter le petit territoire faute de reconnaissance par les autres pays. Les jeunes qui disposent d’un passeport moldave quittent volontiers le pays pour ne plus y revenir de sitôt…

NEDERLANDS

Tiraspol is de hoofdstad van Transnistrië, een regio (4 163 km2 ) die zich van Moldavië onafhankelijk verklaard heeft. De VN hebben dit echter niet erkend. Tiraspol is dus hoofdstad van een vergeten conflictzone.
In het Oostblok verloor de Russische taal het statuut van officiële taal in de vele satellietstaten die na het uiteenvallen van de Sovjet-Unie ontstonden. Aldus wordt enkel de Roemeense taal in Moldavië thans erkend. Dat valt echter niet in de smaak van de vooral Russisch sprekende bevolking in Transnistrië, de regio in het oosten van Moldavië. De bevolking eist dan ook al lang aansluiting bij Rusland. Reeds op 2 september 1990 riep Transnistrië de onafhankelijkheid uit. Het leidde tot een conflict in 1992 dat escaleerde wanneer het Moldavische leger de regio probeerde over te nemen. Het Russische leger kwam ertussen en de Moldavische legertroepen trokken zich terug. Wat overblijft is wat Transnistrië nog steeds is: een de facto staat.
Informatie van fietsers die over de grens van Moldavië naar Transnistrië zouden rijden, is er niet. Ik fiets dan maar naar één van de checkpoints in het zuiden van Moldavië. Daar staat een Moldavische agent. Hij laat me doorrijden naar de bufferzone zonder enige vragen. Na 5 km bereik ik de checkpoint, de overgang van Moldavië naar Transnistrië. De aanwezige militairen weigeren me echter door te laten rijden en raden me aan via een ander checkpoint nabij Tiraspol Transnistrië binnen te rijden. Niets aan te doen, ik doe dan maar rechtsomkeer en op het einde van de dag bereik ik een ander checkpoint. Daar ontvang ik een soort visum voor het aantal gewenste dagen, het mag zelfs verlengd worden, zonder onkosten, mits ik de aanvraag voor het einde van de geldigheidsdatum indien. Op internet valt immers veel te lezen over corruptie, ook bij de agenten aan de grens. Ik ondervind hier echter geen hinder door, al weet ik nog steeds niet waarom ik via de andere controlepost niet door mocht rijden…
Van Tiraspol wordt vaak gezegd dat het een USSR openluchtmuseum is. Communistische symboliek komt hier inderdaad nog veel voor. De officiële vlag en de bankbriefjes dragen nog steeds het logo van de hamer met de sikkel. Het standbeeld van Lenin in het centrum van Tiraspol wordt evenmin weggehaald. Toch oogt de stad niet zo Sovjet. Welkom in Transnistrië !
Transnistrië is vooral een bastion van privé-bedrijven die hun weg vinden tot in het parlement. Eén privé-bedrijf genaamd Sheriff, steekt er bovenuit, opgericht door twee ex-militairen. Het heeft niet alleen supermarkten, maar ook benzinestations, casinos, mobiele telefonie, een voetbalclub en de openlucht groentemarkt. Niet communistisch dus.
’s Avonds zitten veel mensen buiten hoewel er weinig bars of restaurants zijn. Het regime aan de macht laat het nochtans toe. De stad is niet minder bruisend dan pakweg Sofia of Chisinau. Er zullen wel andere prioriteiten zijn, neem ik aan.
Dit no man’s land heeft alles van een onafhankelijke staat: een regering, een parlement, een post- en banksysteem, een leger en een politie-éénheid. Moskou levert gas tegen een gunstprijs. Maar toch geraak je hier niet ver: de jongeren die over een Moldavisch paspoort beschikken hopen elders een beter leven te kunnen opbouwen. Auto’s rijden met Moldavische nummerplaten ipv locale nummerplaten die nergens erkend worden. Met mijn officieus visum, mijn Schengen-paspoort en rijdend op mijn fiets, voel ik me niet alleen vrijer dan de inwoners van Transnistrië, dat ben ik ook.

ENGLISH

 On the way between Odessa and Chisinau I leave the main road to head to Tiraspol, the capital of Transnistria, a land-locked and self-proclaimed state within Moldova. However no UN member states recognise Transnistria as an independent state.
After the dissolution of the USSR, Moldova declares its independence and adopts Romanian as the only official language. Transnistrians however are Russian speaking and want to be part of Russia. By so doing Transnistria declares its independence on 2 September 1990. Two years later Moldovan army tries to get back control over Transnistria (4163 km2) but the Russian Army pushes back Moldovan forces. An agreement between Russia, Moldova and Transnistria is signed a few months later.
Transnistria that forms a narrow strip on the East side of the Dniestr is reachable after some check points. My first attempt to enter the territory is soon aborted as the Border Police in a small check point tells me to head to the main border control some 50 km up north. My second attempt is successful. Entering Transistria is easy at the main entrance in Bender near Tiraspol. Im granted a 3 days ‘visa’ to travel within the territory. I didn’t have much information on how to get to Transnistria by bike. Some say it might be difficult to leave the country without paying bribes. Other mention troubles for foreign visitors.
Transnistria is known to be a USSR open air museum. The national flag as well as bank notes feature the Communist hammer and sickle. And a statue of Lenin lies pall in the middle of the main boulevard of Tiraspol.
For what safety is concerned I don’t feel unsafe at all. I soon realize that lots of information about Transnistria is not correct. The unrecognised republic might look like the USSR with all its symbols but it’s political system and institutions are everything but communist! It’s rather a maffia system where one non-communist party has almost all power. That party is led by former military officers, close to the Sheriff group. Its logos are on almost every business on Transnistria, ranging from supermarkets to petrol stations and casinos and mobile network. Transnistria has its own government, a parliament, a national bank, an army and police forces. License plate from Moldova wont bring people far as they are not recognised neither. A man tells me that the USSR symbols are displayed to keep the nostalgia amongst the old ones alive. Youth with a Moldovan passport in their hands can leave the country. They might not come back soon…

 

 

 

Cycling in Ukraine

 

War in Donbass, colours in Kiev

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Tanya’s art

(Scroll down for NL & ENG & gallery)

Après 5850 km sur le vélo, Kiev, la capitale de l’Ukraine, est en vue. J’arrive à Kiev par les quartiers nord. Andriy et sa compagne y vivent dans un appartement attribué aux « réfugiés du Donbass ». En effet, Andriy vient de l’est de l’Ukraine (le Donbass) où ont lieu les hostilités entre les pro-russes et les Ukrainiens. Son frère également a dû fuir leur région natale : les pro-russes sont entrés dans la maison et y ont vu une photo de famille devant des drapeaux ukrainiens en arrière-plan. C’est suffisant pour se faire tuer ! L’appartement qu’Andriy loue à présent pour une bonne centaine d’euros seulement n’est cependant pas enviable : les châssis sont délabrés, les parties communes vétustes, la cuisine est inachevée… tant pis. Il ne sait pas dans quel état se trouve sa propre maison dans le Donbass, la région étant en guerre. À Kiev, Andriy est journaliste, métier qu’il exerce depuis toujours. Pendant l’ère soviétique, le journalisme était considéré comme un métier « facile » que tout le monde pouvait exercer, par conséquent il était mal payé, au contraire des ingénieurs ou des médecins. Le salaire n’a jamais augmenté depuis la chute du communisme. Pire, comme beaucoup d’Ukrainiens, Andriy a vu son salaire ramené à un tiers seulement, après l’invasion russe. Il a aussi connu le « fourchettisme » dans les années 1990 : les journalistes, trop peu payés, étaient invités aux réceptions des grandes entreprises. Un repas copieux était servi en échange d’un article bien ficelé ! Aujourd’hui, Andriy serait déjà bien content de pouvoir écrire ses articles de chez lui mais la rédaction a d’autres priorités.
Sa compagne Tanya met de la couleur non seulement dans leur vie mais aussi dans l’appartement. Elle est artiste et dessine sur les murs dépourvus de couleur ou de tapisserie. Inspirée entre autres par les peintures de Van Dyck et Jérôme Bosch, elle vend ses dessins aux « quelques fous qui veulent encore acheter de l’art ». Ses dessins en trompe-l’œil dans la salle de bains font oublier tout le gris de l’appartement.
Andriy passe ses week-ends à vélo. Il a de quoi regretter le manque d’infrastructure cyclable à Kiev. Il n’est pas tendre avec la petite association cycliste de la capitale : cette association reçoit des fonds de l’Union européenne et organise des soirées « cyclistes » en été. Il vaudrait mieux attribuer l’argent à l’aménagement de l’infrastructure. Le quartier d’Andriy et Tanya est celui d’immenses tours à appartements en très mauvais état et des tours nouvelles sont érigées, tout aussi simples et laides. Les appartements neufs n’ont absolument aucun charme. Les projets immobiliers sont dénués de logique urbaine. L’aménagement de l’espace urbain n’existe pas ici, avec comme résultat des tours dans tous les quartiers mais sans écoles, ni crèches, ni parkings. Les tours « soviétiques » ne valent guère mieux : les propriétaires réparent les châssis et fournissent des terrasses ou des ajouts aux immeubles existants, sans normes ni esthétique. Une cacophonie de couleurs et d’extensions illégales met à mal le patrimoine architectural d’origine. Je vois que quelques jeunes du quartier ont installé eux-mêmes un petit parcours VTT dans le parc. Il y a de l’espoir ! Quelques bancs publics tout neufs, aux couleurs vives sont, quant à eux, bien visibles. Le nom du politicien ou de la politicienne les ayant commandés est inscrit sur le dossier. La politique est partout et malheureusement, la guerre n’est pas loin non plus : dans le cimetière communal, on enterre les soldats qui étaient partis se battre dans l’est de l’Ukraine. On ne sait cependant pas s’il s’agit de militaires officiels ou de membres de milices. L’Ukraine souffre encore d’une autre maladie: des radios officieuses diffusent des chansons de haine et la pensée militaire est bien trop présente. Certes, les Russes ont envahi le Donbass mais cela n’a fait qu’éveiller des tensions au sein des Ukrainiens, dont certains sont russophones, d’autres parlant l’ukrainien. Peu importe la langue : le marasme économique dans lequel le pays se trouve, ainsi que la classe politique, divisent non seulement le pays mais aussi les Ukrainiens entre eux. Seule certitude pour Andriy et les habitants du quartier : ils savent où aller en cas d’invasion russe, l’adresse de l’abri est indiquée sur les murs du quartier.

NEDERLANDS

Na 5850 km bereik ik Kiev, de hoofdstad van Oekraïne. Het noorden van Kiev is een groot voorstedelijk gebied met veel appartementsblokken. Hier woont Andriy met zijn vriendin in een appartement. Hij noemt het een « flat voor migranten uit Donbass ». Donbass is de streek in het oosten van Oekraïne waar Russische rebellen en het Oekraïense leger oorlog voeren. Andriy heeft er een huis maar hij weet niet of het er nog staat ofwel in puin is. Pro Russen die de huizen doorzochten, zagen een foto van hem en zijn broer met symbolen en vlaggen van Oekraïne op de achtergrond. Dat is al genoeg om veroordeeld te worden. De familie heeft alles achtergelaten en is naar Kiev gevlucht. Het gehuurd appartement in Kiev verkeert in slechte staat: het heeft oude ramen, een onafgewerkte keuken en grijze muren. Gelukkig worden de muren door zijn vriendin Tanya versierd met haar eigen creaties. Ze is artiest en verkoopt allerlei tekeningen aan enige zeldzame « gekken die nog geld uitgeven aan kunst ». Het appartement is thans een soort van groot tekenblad, haar inspiratie haalt Tanya zelf uit de kunstwerken van Van Dyck en Jeronimus Bosch.
Andriy is journalist in Kiev. In de Sovjetperiode kon hij voor een krant tegen een laag loon aan de slag, zogezegd omdat het een « gemakkelijk beroep » is, zonder enige specifieke vereiste, in tegenstelling tot ingenieurs en dokters. Net als voor vele Oekraïners is zijn inkomen met bijna twee derden gedaald na de Russische invasie. Andriy heeft tevens het « fourchettisme » van de jaren negentig gekend: journalisten werden uitgenodigd op recepties en aten op kosten van bedrijven, in ruil voor een gunstig artikel in de krant. Graag zou hij van huis uit willen werken maar dat is helaas nog niet mogelijk.
In zijn vrije tijd gaat de journalist vooral rondfietsen ondanks het schrijnend gebrek aan infrastructuur daartoe. Andriy hekelt ook een kleine fietsvereniging in Kiev. Die ontvangt Europese subsidies en organiseert er « fietsavonden » mee voor de promotie van het fietsen. Het zou efficiënter zijn om de politici te benaderen teneinde de grote lanen van de hoofdstad, van parkings en fietspaden te voorzien. Dat zou bruikbaar en doeltreffend zijn.
De verouderde hoge woontorens kenmerken de buurt van Andriy en Tanya. Ook de torens uit de Sovjetperiode zijn in slechte staat. Daarenboven verbouwt iedereen zijn appartement met een terras of nieuwe ramen, echter zonder aanwezige reglementering, dus zonder regels. De oude woonblokken worden er niet fraaier door. De nieuwe woontorens, even saai en zonder enige charme, zijn het resultaat van de immo promotoren die misbruik maken van de laksheid van de locale politici. De eenvoudige woonéénheden waarborgen een onderdak voor de mensen in de stad maar de infrastructuur en de ruimtelijke ordening laten te wensen over. Er zijn geen parkings, scholen, crèches, noch sociale aangelegenheden. En uiteraard geen fietspaden. Nieuwe zitbanken zie je her en der op straat, ze vermelden wel de naam van de politicus die ze besteld hebben. Zitbankliefhebbers worden verwacht…
Jeugdverenigingen hebben een mountain bike-parcours aangelegd op braakliggende gronden in de omgeving. Nu kan het nog. Dat is pas ondernemend!
Even verderop wijst Andriy op geschreven tekst op de muren van gebouwen: het is het adres van de dichtstbijzijnde schuilplaats tegen een Russische aanval of invasie.
In het kerkhof wijst Andriy op de graven van overleden soldaten na hun gevecht in het Oosten. Toch is het geen militair kerkhof. Aan de militairen die aan het front gesneuveld zijn, wordt geld noch ceremonie besteed. Andriy is er echter van overtuigd dat de oorlog in het Oosten van Oekraïne méér is dan een gewapend conflict tussen de Pro Russische rebellen en het leger. Illegale radio’s zenden haatliederen uit die tot geweld aanzetten. Ook milities zijn tegen het regime en gaan gewapend tegen het Oekraïnse leger aan. De economische situatie verandert hierdoor: de import van buitenlandse goederen wordt bevorderd maar de modale Oekraïner wordt in de steek gelaten, of er nu Russische of Oekraïense taal gesproken wordt. De politiek en de bevolking zijn niet éénsgezind.

ENGLISH

I enter Kiev city limits after 5850 km on my bike. The most eastern point on Route60. Andriy and his girlfriend Tanya live in a flat allocated to the « Donbass Refugees ». Andriy fled the eastern part of Ukraine (Donbass) because of the fights between Pro-Russian troops and the Ukrainians. His brother left the family house as well as the Pro-Russians noticed a picture of him with Ukrainian flags in the background. And no one knows if the house still stands….
Andriy and Tanya’s rented flat has no isolation and looks unfinished without even a complete kitchen. Tanya is a painter and does not hesitate to paint the wall of the grey appartement. Andriy started his career as a journalist in the Soviet era. That job was considered ‘easy’ by the authorities and not well paid. After the fall of communism most journalist enjoyed free meals at receptions of private companies in exchange of a well-reasoned article. And the chance to make ends meet every month.
Andriy jumps on his bike every weekend to cycle around Kiev. Cycling infrastructure is scarce and the cycling association is more into organising cycling events than into reaching politicians. The neighbourhood in the suburbs of Kiev lacks any form of spatial planning. New apartment building almost as ugly as the old ones are sprouting like weeds but there are no schools, no kindergarten nor parkings around it. The street is at the mercy of real estate promotors.
Existing buildings are being equipped with new double glazed windows but every window has a different colour and scheme. Young people built a mountain bike race track in one of the abandoned parks. Local politicians do they share of the work to make it a better place by putting brand-new benches….with their names on it! In the local cemetery it’s not always clear if the buried soldiers were official servicemen or member of a militia army.
Besides corruption, Andriy thinks Ukraine is plagued by unofficial radios broadcasting hateful songs and the military way of thinking still sickens society. Russia’s invasion of the Donbass steer some tension amongst Ukrainians and some politicians take this opportunity to gain power. Some walls are tagged with the address of the place to shelter in case of military invasion. One of the few certainties for Andriy and many others in the neighbourhood.