Meet the world in Genoa

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A labyrinth city. Built to keep the invaders away.

(Scroll down for NL & ENG & pictures)

Gênes, c’est la ville qui m’accueillera en premier sur le continent européen après ma virée en Tunisie. J’arrive par bateau la nuit et c’est sans doute la plus belle façon d’arriver à Gênes. La ville glisse doucement devant mes yeux dans un calme étonnant. Gênes, c’est d’abord un grand port italien et la capitale de la Ligurie. Elle est bien moins prisée des touristes que par exemple Rome et Venise. La littérature m’apprend que la ville a le plus grand centre historique d’Europe. Visite.
D’abord, ce fameux centre historique. C’est vrai qu’il ne se limite pas à quelques ruelles piétonnes bordées de magasins de souvenirs. Le centre de Gênes, c’est tout simplement tout le centre historique ! Avec des magasins, mais aussi des bars, des restos, des artisans, des agences de transport qui trouvent un toit dans le labyrinthe du centre où même un vélo ne passe pas ! Gênes, c’est toute l’animation d’une grande ville portuaire qui n’a pas d’heure de fermeture. Ce sont des tribus de quartiers et des quartiers de tribus. Quand les uns partent, les autres arrivent de partout. Sauf que, il n’y a pas (encore) de quartier « touristique » ou « hipster » ou « branché » ou que sais-je. On est Génois à Gênes !
Ensuite, il y a le patrimoine culturel. Bon nombre d’églises et d’édifices artistiques se trouvent dans le centre historique qui – rappelons-le – est le plus étendu d’Europe. Un grand centre historique au grand patrimoine. En fait, il ne faut que quelques centaines de mètres pour traverser les siècles.
Enfin, Gênes a aussi la particularité de disposer d’un immense viaduc qui envoie les voitures au-dessus du vieux port et qui défigure les bâtiments construits ultérieurement. En effet, comme partout, la voiture règne en maître dans les années soixante et il faut absolument mener tout le monde d’un bout à l’autre de la ville en voiture. La « Soprelevata » est inaugurée en 1965. Pensée simpliste du tout-à-la-voiture, résultat bien décevant. Le viaduc ne résout pas les problèmes de mobilité de la ville. Sans parler de la laideur de son concept. De plus, elle coupe le port de la vieille ville. Et c’était pire avant car jusqu’à la rénovation de 1992 (l’année des 500 ans de la découverte de l’Amérique), les poutres étaient reliées entre elles par un mur ! Aujourd’hui on peut marcher en-dessous de la voirie et admirer les œuvres street art sur les poutres. On respire un peu. Cela dit, cette autoroute urbaine fait tellement partie du tissu urbain qu’on pourrait, avec un peu de bonne volonté, lui accorder du charme… en attendant sa démolition. On regrettera en revanche le manque de volonté criant à mettre plus de pistes cyclables dans une des plus belles villes d’Europe. Mais Gênes est unique de par sa conception et questionne notre mode de vie. C’est sans doute ce que j’aime le plus dans une grande ville et ce que j’adore à Gênes.

NEDERLANDS

De boot uit Tunis komt rond middernacht in Genua aan. Zo hoort men eigenlijk voor het eerst in een havenstad aan te komen. De Italiaanse kunst- en havenstad verwerkt jaarlijks miljoenen tonnen vracht in de haven. Op toeristisch vlak staat de stad ver achter pakweg Rome of Venetië voor wat betreft het aantal toeristen. Nochtans beschikt Genua over het grootst historisch centrum van Europa. Dit nogal onduidelijk begrip verwijst naar de oppervlakte van het labyrint van oude steegjes in the centrum van de stad. Ik besef maar al te goed dat het hier om meer dan twee oude steegjes met een souvenirwinkel gaat. Het centrum van Genua is éénvoudigweg het historisch centrum van de stad. Hier mengen toeristen zich met de inwoners die wonen en werken en uitgaan. Vergeet het « uitgangsbuurt » of de « hippe wijken ». Er is maar één buurt, de oude buurt met mensen van overal! En hier bevindt zich een kunstpatrimonium dat andere wereldsteden het nadenken geeft. In één dag wandelde ik door de eeuwen heen.
Genua mag dan wel een wereldhaven zijn. De stad heeft het maar moeilijk de haven naar zich toe te trekken. De « Soprelevata » is een soort ringweg die in 1965 aangelegd werd om volgens de mobiliteitstheorie van toen zoveel mogelijk auto’s rond de stad te krijgen. Aan duurzame mobiliteit werd toen niet gedacht. Aan esthetica evenmin. Deze speedway raakt net niet de Renaissance gebouwen en zet de enkele kilometers fietspaden in de schaduw. Jammer.
Maar de Soprelevata maakt deel uit van de stad. Sinds de renovatie in 1992 kunnen de wandelaars eenvoudigweg wandelen van de stad naar de haven omdat de muren die de steunpilaren verbonden, afgebroken zijn. En de streetartists zorgen voor kunst op de grijze pilaren. Parijs, Londen en Rome al gezien? Wel, Genua is een kunststad, een havenstad én een grootstad. Onverwachts.

ENGLISH

Genoa is still off the beaten tracks for mass tourism. Vessels from around the world know the way to its port. And I’m fortunate enough to be on one of those calling from Tunis. Arriving by boat in Genoa is the logical way to get there. Genoa offers as much artistic and architectural treasures as other big cities but it’s not yet a citytrip destination. The ones taking time to visit will be rewarded with the most extended historical centre in Europe. Don’t expect a few cobblestoned streets full of souvenir shops here. Genoa prouds itself to be « more than this ». Some streets are so narrow and steep I choose to leave the bike behind. Let’s have a walk through history! The history of Genoa spans the centuries and guides the retina through it with superb Renaissance Palazzi and Barok churches! And I don’t feel like a tourist, Im Genovese as I walk in the old center where locals work and play. The city has no hype neighbourhoods yet. All you need, from bars to tourist attractions are all spread over the old town.
I walk under the « Soprelevata » to visit the harbour. This viaduct cuts off the city from the harbour. I can barely imagine that walls linked the beams together till 1992. The aim of this urban highway was not to protect the city from invaders but to let as many cars around the city. It feels like it is now part of the urban landscape that shapes the skyline. Street artist now take care of decorating the gray beams. Whatever one may think about city shaping, Genoa is the city that makes people think about the way we live. It’s not Paris nor London. It’s more than that.

Artistic chaos in Naples

Cruel, crazy, beautiful Southern Italy

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Morning duty

(Scroll down for NL & ENG & gallery)

Quand je descends du bateau un lundi matin à Bari, je me dirige tout de suite vers un bar pour déguster mon premier « cappu ». Suivra mon premier croissant que je mange en lisant le journal « Il Corriere del Mezzogiorno ». La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel. Bonne nouvelle : l’économie italienne se porte plutôt bien. Mieux encore, le sud de la péninsule se porte bien aussi. Pas besoin de cette bonne nouvelle économique pour animer le centre de Bari. Le bar se remplit vite. Les bateaux venant de Grèce déversent leur lot de voyageurs, les locaux s’arrêtent pour un espresso avant le boulot et les touristes se dirigent vers la vieille ville qui bat son plein.
Le Meridione qu’on appelle aussi le « Mezzogiorno » en termes plus économiques, ce territoire qui comprend les régions au sud de Rome, c’est la partie la plus pauvre d’Italie. Des villages se sont vidés de ses habitants, les infrastructures y sont moins développées et de nombreux Italiens du Sud sont partis vivre dans le Nord de l’Italie ou à l’étranger. « Non c’è lavoro qui » est la phrase que j’aurai le plus entendu. Les trésors artistiques et les plages ne manquent pas. Le soleil encore moins. Et pourtant…
De Bari, je pique encore plus vers le sud en traversant des champs d’olivier à perte de vue. L’agriculture est la principale ressource économique. Il fait encore doux mais les plages sont vides et les villages sur la côte des Pouilles (la région qui forme le talon de la botte italienne) manquent d’animation. Presque tout est fermé malgré les vacances de Toussaint. À Tarente, je fais une halte d’une nuit tant la ville est surprenante. Grand port et ville industrielle… et sa vieille ville entourée par la mer avec son quartier des pêcheurs. Tout y est ! Un passionné de cyclisme responsable du tourisme aimerait faire en sorte que les touristes passent plus de nuitées dans la ville. Mais il faut aussi changer les mentalités car les touristes n’attendent pas. Cela signifie aussi travailler le dimanche et à des heures irrégulières, ce que les gens n’ont pas encore l’habitude de faire. Matera, une des plus anciennes villes du monde, en est déjà là et tout est prévu pour le touriste d’aujourd’hui. Même le petit hôtel du coin y est taillé dans la pierre.
Il est difficile de ne pas aimer l’Italie profonde. En fin d’après midi, les villages de montagne s’animent. Je demande des infos aux gens du bar tout en sirotant mon café à Grottole. C’est le maire du village en personne qui me renseignera. Lui accuse moins le pouvoir central à Rome pour le manque de dynamisme. C’est que faire revivre des villages ne se fait pas du jour au lendemain…
Les petites routes du Mezzogiorno me mènent à Montegiordano, un village de 1800 habitants perché sur la colline, pratiquement que des anciens car les jeunes sont partis. Le village est connu pour ses « murales », des peintures sur les façades des maisons. L’idée date d’il y a 15 ans : quelques profs de l’école primaire aujourd’hui fermée dessinent sur la façade d’une maison avec les élèves. Un peintre le remarque et lui vient l’idée d’égayer le village. Les propriétaires des maisons concernées et le maire ne s’y opposent pas. Résultat : un village coloré comme aucun autre. En été, des cars entiers arrivent au village pour les murales. Mais le soir, tout le monde est reparti. Moi je reste, et l’ambiance dans le bar Derby est celle d’un village où tout le monde se connaît. Ce ne sont pas les prix du verre de vin à 0,60 € qui repousseront les étrangers. Comme je suis le seul encore présent et cycliste, c’est la communauté qui offre. Le lendemain, j’ai droit à une visite guidée. Un habitant raconte qu’à chaque fois que quelqu’un meurt, la maison se vide, et est bien entretenue par les enfants qui vivent dans le Nord et qui ne viennent plus. Donc le village se dépeuple…
À Montegiordano Marina, je m’arrête dans un autre bar pour un petit-déjeuner. Teresa me demande d’où je viens et inspecte mon vélo. Elle et ses copines sont des clients réguliers ici. Toutes ces mamans ont des enfants à Malte, à Turin, ou à Milan qui adorent le Sud de l’Italie, mais le manque de travail les oblige à partir. La fille de Teresa songe cependant à revenir pour y commencer un Bed & Breakfast car son job ne lui plaît pas. Teresa ajoute : « Les jeunes partent pour bosser mais ils n’aiment pas leur boulot. Dans 10 ans, ils auront tous envie de revenir après une vie de merde en ville. » Les autres dames confirment. Je pense qu’elle a tout compris…
En pédalant 45 km, j’arrive à Riace où je rencontre Lamin. Il est Guinéen et parle couramment l’italien. Il est embauché par la commune comme nettoyeur de rue. Riace, c’est ce village perché de la Calabre dont le maire a décidé d’embaucher les migrants. Et la formule marche. Dans les rues, on entend l’italien de la mamma ainsi que de l’anglais, du français et des langues africaines. Riace rappelle ce que le Sud de l’Italie a toujours été: une terre de migrations située entre deux continents. Une terre prisée par les touristes en été seulement, étouffée par la présence de clans mafieux toute l’année.
C’est sûr qu’on ne transformera pas le Sud profond avec du soleil et des sourires uniquement. L’agriculture qui a fait fuir toute une génération pourrait se combiner avec du tourisme rural. Encore faut-il renoncer à « faire carrière » dans le Nord. Cela veut dire une politique qui soutienne le Mezzogiorno et des mentalités qui changent peu à peu. Ça change tout pour le Sud de l’Italie.

NEDERLANDS

 Vanuit Griekenland brengt de boot me naar Bari. Een maandagochtend in Zuid-Italië… met een echte Italiaanse koffie en een krant erbij. Ik lees dat het Italiaanse Rekenhof gisteren zijn jaarrapport uitbracht. Het gaat best goed met de Italiaanse economie. Zowel Noord-Italië (de motor van de Italiaanse economie) als het Zuiden scoren goed. Dat is goed nieuws. Economische groei of niet, de cafés in Bari zitten vol. De werkende bevolking neemt nog snel een espresso en de toeristen nemen hun tijd voor hun ontbijt.
Het Zuiden van Italie (ook wel Meridione of Mezzogiorno genoemd) omvat de provincies ten zuiden van Rome. Het is ook het armste gedeelte van Italië, een streek die steeds agrarisch is, waardoor veel mensen naar het Noorden van Italië of naar het buitenland vertrokken zijn. Dat is sinds de jaren 60 zo en er verandert nog maar weinig. De mensen hier betreuren dat Rome zo weinig interesse toont voor het Zuiden. Aan kunst en cultuur is er echter geen gebrek. In Lecce staan de palazzi de ene na de andere naast elkaar. Barok tot en met. De stranden en de nationale parken in Zuid-Italië leveren mij prachtige slaapplekken, ondanks het schoolverlof is het echter allemaal vrijwel verlaten.
Ik wandel door het prachtige oude centrum van Taranto. Daar vertelt een verantwoordelijke voor toerisme dat iedereen hier graag méér toeristen zou willen zien, toch moet men ook in eigen boezem kijken. « De politiek vergeet zeker dat het Zuiden ook nog bestaat maar de mensen van hier moeten ook beseffen dat toerisme een 24-uren business is. Daar is nog niet iedereen klaar voor ».
In Matera is men er wel klaar voor. De stad is één van de oudste ter wereld en wordt in 2019 de Culturele hoofdstad van Europa. Nu al zijn de hotelletjes in de oude stad klaar voor hét evenement.
Verder van de toeristische paden ontmoet ik Francesco De Giacomo in Grottole. Hij is burgemeester van het dorp en biedt me een koffie aan als ik hem de weg vraagt. Hij verafschuwt niet zomaar het centraal gezag in Rome, al is het omdat hij van dezelfde politieke kleur is. De burgemeester tettert met de ‘Belgische fietser’, maar ook met zijn medeburgers. Het dorpscafé blijkt dé plek te zijn om te weten wat er gaande is.
In Montegiornado vestigen de schilderijen op de witte huizen mijn aandacht. Zo’n 15 jaar geleden besloot een leerkracht van de inmiddels gesloten dorpsschool samen met leerlingen een paar gevels te beschilderen. Dat bracht een kunstenaar op een idee, hij voegde de creativiteit van de bewoners en de bereidheid van een burgemeester eraan toe om het dorp opnieuw leven in te blazen. Een veelbelovend en geslaagd project is het geworden want met bussen vol komen de bezoekers aan om naar de « Murales » te kijken. ’s Avonds zijn die toeristen echter weer weg. Sommige huizen zijn ware kunstwerken, toch woont er vaak niemand in. Dorpelingen worden oud en sterven. Hun zonen onderhouden de familiale woning maar komen hier nooit meer wonen, aldus een oude Italiaan. Maar ’s avonds is het toch druk van jewelste in de cafés van het dorp. Een glaasje wijn kost hier niet veel, zo’n 60 eurocent. Maar voor mij trakteren de ouderen! Ze willen meer van die fietsers die hier overnachten.
Enkele dorpen verder ontmoet ik Teresa en haar vriendinnen tijdens het ontbijt in een bar. Hun kinderen wonen in Malta, Turijn of Milaan omdat ze er werk gevonden hebben. De dochter in Milaan overweegt wel een B&B te openen in het Zuiden. Weg uit Milaan! Teresa lacht en vertelt: « Wacht maar, die jongeren gaan hier weg maar na 10 jaar zijn ze hun rotleventje in de stad wel beu ». De andere dames bevestigen. Wijze woorden, denk ik.
In Riace richt ik me tot Lamin, een man uit Guinea die hier als straatveger werkt. Riace is inmiddels bekend door zijn visionaire burgemeester ervan, die migranten aan een baan helpt. Ik hoor in de straten van het dorp alle talen door elkaar spreken. De « mama » en de Afrikaanse familie zijn buren. Riace is een wereld in het klein.
De Meridione heeft veel mensen zien vertrekken. Degene die er nu aankomen, uit Afrika of terug uit Milaan, merken nu op dat landbouw en toerisme eigenlijk heel goed bij elkaar passen. Met slechts leuke bars en veel zon volstaat het niet om de economie op gang te brengen maar daar begint het wel bij, zoals vaak in Zuid-Italië.

ENGLISH

Getting off the boat on a Monday morning in the Southern Italian city of Bari. The perfect time for my first cappuccino in a bar downtown with a newspaper. I read in « Il Corriere del Mezzogiorno » Italy’s economy is doing well and the Mezzogiorno is not lacking behind with sound economic figures, says the Italian Court of Auditors. This might be a topic of conversation. The bars fills up anyway with locals drinking an espresso before heading to work and tourists visiting the old town. Welcome in Italy.
Southern Italy that some call the Meridione or the Mezzogiorno is Italy’s least developed part if we talk in economical terms. The region has always been living from agriculture while the north of Italy’s is the engine of the country’s economy.
Heading southwards from Bari I cycle through the barok city of Lecce and one of the world’s oldest town of Matera. One easily notices South Italy has it all to please the eye of very visitor. The beaches and the coastal towns are empty however despite the sunny weather and the school holidays. What’s wrong? A responsable for tourism in the magnificent city of Taranto knows it will take some time to change mentalities. Tourism industry requires working during weekends and not everyone is prepared for it in Southern Italy’s deeply rooted strong familiar tradition.
My bike also brings me through stunning villages more inland. I’ll have a coffee with Grottole’s mayor while Im having a break in the bar on the main square. We’ll quickly agree upon transforming town and villages takes time. Other locals will join us during the conversation and everyone has a say in the matter. It’s more than politics…
Montegriordano is yet another village where you simply want to have that little coffee and croissant and take some time for yourself or for the others around you. The village is famous for its paintings on the houses. Some teachers of the former elementary school came to the idea to let the pupils paint some walls in the village. This brought an artist to the idea to involve the community in his project and put some colours in the streets and the soul of the village. Today the Murales of Montegiordano are known well beyond the region. But the toursits don’t stay overnight. I’m offered some wine glasses by the locals at the bar for my effort to climb the hill up to the village and for my stay in the only B&B. The people here are mostly elderly. The day after the streets are empty as we are in low season and so are lots of houses. The young generation left to North Italy to work and never come back when their parents pass by.
In Montegiordano Marina I enjoy another breakfast in the bar facing the sea. Teresa and her friends are discussing the world while having a coffee and a cigarette. All the ladies have their sons living in Malta, in Turin or in Milan….far from home. As many young people they left for better working conditions and higher salaries. However, Teresa’s daughter plans to start a B&B nearby as she doesn’t like the stressful life in Milan. Teresa laughs at me saying it takes 10 years for the young to realise they are just having a shitty life but they’ll soon want to be back down in the sun. The other mama’s in the bar all agree. I guess they’re right.
The next village is Riace lying on a lovely hill near the coast. Lamin comes from Guinea and shows me the way around in the centre of the village. He is hired by the public authorities as a street cleaner. Riace’ visionary mayor took the decision to let migrants (mostly from Africa) to be part of the community instead of making them wait for a better future somewhere else. Riace today reflects what Southern Italy has always been and what it might be tomorrow: a land of immigration and emigration. A place where tourists should stay longer. A place smothered by drug cartels.
It’ll take time for Southern Italy to recover from economical decline. As the old guys told me, agriculture is still a hard job and politics should encourage rural life. But youth once may turn their back to office jobs and get back to the south to make tourism and agriculture more sustainable. A changing way of life makes the difference.

Greece in green, blue and white

Albania like no other

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Northern Albania

(Scroll down for NL & ENG & video/gallery)

L’Albanie était hermétique jusqu’au début des années 90. Le pays communiste ne fait pas comme les autres pays de l’Est. Ce ne sera pas un état satellite de l’URSS, avec laquelle elle rompt tous les ponts. L’Albanie quitte même le Pacte de Varsovie en 1968. L’Albanie ne veut pas de contacts avec son voisin, la Yougoslavie, qu’elle estime trop modérée. Et encore moins avec son voisin du sud, la Grèce, qu’elle soupçonne d’ambition territoriale. Cette Albanie-là, c’est celle d’Enver Hoxha, le chef du gouvernement qui lance sa politique de stalinisme dur. Personne ne rentre en Albanie… et personne n’en sort. Pour défendre le petit État, le leader mégalomane fait construire des milliers de bunkers éparpillés sur tout le territoire : à la campagne, dans les villes, partout. Et ce avec un seul but : la défense du pays par la militarisation du peuple. Les habitants des campagnes « surveillent » à tour de rôle les plaines et les montagnes dans les petits bunkers reliés par radio aux grands bunkers, habités, eux, en permanence, par des commandants. Cette « bunkerisation » a ruiné le pays tout entier. Quelques kilomètres après le poste-frontière, j’aperçois les premiers bunkers sur la plage. Ils n’ont pas encore été rénovés et ne le seront peut-être jamais. Dans les campagnes, les minarets et clochers d’églises ne sont jamais loin les uns des autres. Les villages ne se ressemblent pas. Première halte à Shköder. La ville est « multireligious », comme on dit ici. Y vit une grande population catholique et musulmane. La ville a son quartier historique, ses petits commerçants, ses marchés matinaux, ses bars à vin et à chicha. L’Albanie m’accueille à bras ouverts ! Étonnamment, le pays compte beaucoup de cyclistes et de grosses cylindrées. Il n’a pourtant aucune usine automobile ni d’infrastructure cyclable. Ça doit être l’économie de l’extrême…
Tirana, c’est le centre névralgique de l’Albanie. Le centre culturel et économique, et une grande ville européenne. On pourrait se croire à Athènes, à Sofia, à Istanbul, voire plus à l’est. Il fait bon rêver à Tirana. Le soir, elle se transforme en place M’as-tu-vu. Dur dur de trouver son quartier préféré pour sortir quand tout le centre-ville est rempli de bars, de bistrots et de restaurants. Tirana vit. Et pour se promener, il y a la place Skanderbeg, devenu piétonne il y a peu, avec la nouvelle mosquée en construction à deux pas. Tirana respire. Le bunker, un de plus, qu’avait fait construire le régime cinglé à côté des bureaux du parti pendant l’ère communiste-staliniste, a été transformé en centre d’exposition. Tirana bouge. L’architecture « brutaliste » du dernier régime autoritaire est omniprésente. Tirana intrigue. L’aventure albanaise continue vers le sud. Loin des grands axes nord-sud. Je me perds sur les routes de campagne dans les hauts plateaux. Un peu d’« off road » ne me déplaît pas, même si le vélo est mis à rude épreuve. Camping sauvage, rencontres avec les villageois et les bergers, les petits-déjeuners sur la place du village… On se sent bien en Albanie. La côte du sud du pays annonce déjà la Grèce. Les villages perchés, la mer turquoise, les oratoires le long des routes, c’est la face méditerranéenne de l’Albanie. Mais ne nous trompons pas, l’Albanie est uns des pays les plus pauvres d’Europe avec un fort taux d’émigration. Comme de nombreux pays européens, c’est l’histoire qui les rend culturellement si riches. L’Albanie a été vénitienne, ottomane, stalinienne,… Il y a encore beaucoup d’histoires à ne pas oublier et de patrimoine à restaurer. En 1984 encore, le staliniste Enver Hoxha déclarait la République Populaire d’Albanie « fermée aux ennemis, aux espions, aux touristes hippies et autres vagabonds ». Aujourd’hui, l’Albanie est plus que jamais ouverte aux cyclistes nomades.

NEDERLANDS

Albanië is tot in de jaren 90 Europa’s meest gesloten land: niet toegankelijk, noch voor toeristen, noch voor zakenreizigers. Na WOII wordt Albanië een communistisch land maar net als zijn buurland Joegoslavië, wordt het toch geen satellietstaat onder leiding van Moskou. In tegenstelling tot Joegoslavië echter, kiest Enver Hoxha, leider van de regering, voor de harde hand afkomstig uit het stalinisme: niemand mag het land binnen en niemand verlaat het land.
Dat vergt infrastructuur. Hoxha laat in Albanië duizenden bunkers bouwen, in de steden en op het platteland. Zo verdedigt het volk het vaderland. Het zijn inderdaad de burgers die vanuit de kleine bunkers de buurt bewaken tegen invallers. Die kleine bunkers zijn via radio verbonden met grotere bunkers, die door de commandanten bewoond zijn. Het bouwen van de bunkers kost handenvol geld, dat dus niet aan wegen of huisvesting besteed wordt. Het land verarmt. Zo zie ik langs de weg net na de grenspost reeds de eerste bunkers. Van verwijdering of renovatie is er blijkbaar geen sprake.
Via de hoofdweg rijd ik langs bunkers afwisselend met kerken, moskeeën en dorpen. Shköder is de eerste agglomeratie op mijn weg. Hier leven moslims en orthodoxe Albanezen naast elkaar. De stad heeft een oude stadskern en het krioelt van kleine handelaars, vakwerkers, markten, wijn- en chichabars. Centraal in het land ligt Tirana, de hoofdstad. Ook hier heerst er een geweldige sfeer. De grote invalswegen versmallen naarmate ik het centrum nader en de sfeer wordt intenser. Opvallend is de architecturale mix van de stad, zoals rauwe betonnen appartementsgebouwen naast de nieuwe moskee in aanbouw. Het strakke operagebouw uit de 50er jaren met de fresco van de revolutie. Ik bevind me op de Skanderbegplaats, dé plaats waar het allemaal begon in Albanië: de revolutie tegen het regime die zich uitbreidde tot het hele land. Nu is het plein een voetgangerszone. De donkere geschiedenis is zichtbaar én tastbaar: een bunker, voormalige schuilplaats voor de megalomane ministers, herbergt thans een cultureel centrum.
Vanuit het noorden doorkruis ik Albanië naar het zuiden toe, waar kleine veldwegen meer en meer de grote wegen vervangen. Dat gaat langzaam want de fiets is zwaar beladen…ik neem de tijd. Tijd om in de velden wakker te worden, de herders te begroeten, een stevig ontbijt in het nabijgelegen dorp te benuttigen. Zo kan het ook in Albanië.
Zuid-Albanië lijkt al eerder op Griekenland. Hoe afwisselend kan een klein land zijn! Nu zijn het witte dorpen, verlaten stranden en orthodoxe kapellen op de weg. De bunkers herinneren er toch nog aan, dat dit wel Albanië is!
Het land lag achtereenvolgens onder Venetiaans, Ottomaans en communistisch bewind, een rijke geschiedenis dus voor de Albanezen maar velen onder hen zoeken toch elders een beter leven, voornamelijk in Duitsland. Albanië is nog steeds één van de armste landen in Europa. Welvaart is nog ver weg maar we mogen het gesloten land vergeten. Albanië is open voor iedereen.

ENGLISH

Albania was a closed country from the end of World War II to the collapse of communism. It didn’t follow the same way as most of the communist states in Europe as the country was not USSR controlled. Albania pursued a hardline Stalinism regime while Enver Hoxha was on power. Neighbouring Yugoslavia was too moderate and Greece was believed to have territorial ambitions on Albania. In order to defend the country from foreign agression he built thousands of bunkers throughout the country. The smalls ones were manned by civilians to control the land and were in sight of the big ones manned by commanders. By so doing, Albania got almost completely isolated under its paranoid leader, and completely ruined as the bunkerisation prevented other public works to be carried out.
I can already catch a sight of bunkers a few kilometers after the border control in the north of the country. Albania is not only about dark history. Mosques and church towers are within sight all around the countryside. And the city of Shköder welcomes me in its historical centre full of local fruit markets, wine bar and chicha café’s.
Albania’s capital Tirana is a bustling city and the economical and political centre of the country. Tirana is the kind of the city that makes you think you could be everywhere. And the pedestrianised square Skanderbeg allows one to walk through the history of the country. The revolution against the totalitarian regime started here and the past left its mark. But Tirana lives it up now. The bunker that once served to protect ministers is now a cultural centre. Brutalist architecture buildings have been refurbished and is now everyones to discover. Tirana doesn’t go to sleep after office hours. The good news is that there is no one neighbourhood to go out as all the city invites you to party.
Albania makes me wanna go exploring the south at a slow speed. I go off road and choose to wild camp.Small beaches and white villages with the blue cupolas in Southern Albania heralds nearby Greece. Albanians are curious and warm. Albania pulls me in and makes me feel relaxed.
The People’s Republic of Albania used to be « closed to enemies, spies, hippie tourists and other vagabonds… » as the regime said. Today’s Albania is now open for everyone.