Artistic chaos in Naples

Cruel, crazy, beautiful Southern Italy

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Morning duty

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Quand je descends du bateau un lundi matin à Bari, je me dirige tout de suite vers un bar pour déguster mon premier « cappu ». Suivra mon premier croissant que je mange en lisant le journal « Il Corriere del Mezzogiorno ». La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel. Bonne nouvelle : l’économie italienne se porte plutôt bien. Mieux encore, le sud de la péninsule se porte bien aussi. Pas besoin de cette bonne nouvelle économique pour animer le centre de Bari. Le bar se remplit vite. Les bateaux venant de Grèce déversent leur lot de voyageurs, les locaux s’arrêtent pour un espresso avant le boulot et les touristes se dirigent vers la vieille ville qui bat son plein.
Le Meridione qu’on appelle aussi le « Mezzogiorno » en termes plus économiques, ce territoire qui comprend les régions au sud de Rome, c’est la partie la plus pauvre d’Italie. Des villages se sont vidés de ses habitants, les infrastructures y sont moins développées et de nombreux Italiens du Sud sont partis vivre dans le Nord de l’Italie ou à l’étranger. « Non c’è lavoro qui » est la phrase que j’aurai le plus entendu. Les trésors artistiques et les plages ne manquent pas. Le soleil encore moins. Et pourtant…
De Bari, je pique encore plus vers le sud en traversant des champs d’olivier à perte de vue. L’agriculture est la principale ressource économique. Il fait encore doux mais les plages sont vides et les villages sur la côte des Pouilles (la région qui forme le talon de la botte italienne) manquent d’animation. Presque tout est fermé malgré les vacances de Toussaint. À Tarente, je fais une halte d’une nuit tant la ville est surprenante. Grand port et ville industrielle… et sa vieille ville entourée par la mer avec son quartier des pêcheurs. Tout y est ! Un passionné de cyclisme responsable du tourisme aimerait faire en sorte que les touristes passent plus de nuitées dans la ville. Mais il faut aussi changer les mentalités car les touristes n’attendent pas. Cela signifie aussi travailler le dimanche et à des heures irrégulières, ce que les gens n’ont pas encore l’habitude de faire. Matera, une des plus anciennes villes du monde, en est déjà là et tout est prévu pour le touriste d’aujourd’hui. Même le petit hôtel du coin y est taillé dans la pierre.
Il est difficile de ne pas aimer l’Italie profonde. En fin d’après midi, les villages de montagne s’animent. Je demande des infos aux gens du bar tout en sirotant mon café à Grottole. C’est le maire du village en personne qui me renseignera. Lui accuse moins le pouvoir central à Rome pour le manque de dynamisme. C’est que faire revivre des villages ne se fait pas du jour au lendemain…
Les petites routes du Mezzogiorno me mènent à Montegiordano, un village de 1800 habitants perché sur la colline, pratiquement que des anciens car les jeunes sont partis. Le village est connu pour ses « murales », des peintures sur les façades des maisons. L’idée date d’il y a 15 ans : quelques profs de l’école primaire aujourd’hui fermée dessinent sur la façade d’une maison avec les élèves. Un peintre le remarque et lui vient l’idée d’égayer le village. Les propriétaires des maisons concernées et le maire ne s’y opposent pas. Résultat : un village coloré comme aucun autre. En été, des cars entiers arrivent au village pour les murales. Mais le soir, tout le monde est reparti. Moi je reste, et l’ambiance dans le bar Derby est celle d’un village où tout le monde se connaît. Ce ne sont pas les prix du verre de vin à 0,60 € qui repousseront les étrangers. Comme je suis le seul encore présent et cycliste, c’est la communauté qui offre. Le lendemain, j’ai droit à une visite guidée. Un habitant raconte qu’à chaque fois que quelqu’un meurt, la maison se vide, et est bien entretenue par les enfants qui vivent dans le Nord et qui ne viennent plus. Donc le village se dépeuple…
À Montegiordano Marina, je m’arrête dans un autre bar pour un petit-déjeuner. Teresa me demande d’où je viens et inspecte mon vélo. Elle et ses copines sont des clients réguliers ici. Toutes ces mamans ont des enfants à Malte, à Turin, ou à Milan qui adorent le Sud de l’Italie, mais le manque de travail les oblige à partir. La fille de Teresa songe cependant à revenir pour y commencer un Bed & Breakfast car son job ne lui plaît pas. Teresa ajoute : « Les jeunes partent pour bosser mais ils n’aiment pas leur boulot. Dans 10 ans, ils auront tous envie de revenir après une vie de merde en ville. » Les autres dames confirment. Je pense qu’elle a tout compris…
En pédalant 45 km, j’arrive à Riace où je rencontre Lamin. Il est Guinéen et parle couramment l’italien. Il est embauché par la commune comme nettoyeur de rue. Riace, c’est ce village perché de la Calabre dont le maire a décidé d’embaucher les migrants. Et la formule marche. Dans les rues, on entend l’italien de la mamma ainsi que de l’anglais, du français et des langues africaines. Riace rappelle ce que le Sud de l’Italie a toujours été: une terre de migrations située entre deux continents. Une terre prisée par les touristes en été seulement, étouffée par la présence de clans mafieux toute l’année.
C’est sûr qu’on ne transformera pas le Sud profond avec du soleil et des sourires uniquement. L’agriculture qui a fait fuir toute une génération pourrait se combiner avec du tourisme rural. Encore faut-il renoncer à « faire carrière » dans le Nord. Cela veut dire une politique qui soutienne le Mezzogiorno et des mentalités qui changent peu à peu. Ça change tout pour le Sud de l’Italie.

NEDERLANDS

 Vanuit Griekenland brengt de boot me naar Bari. Een maandagochtend in Zuid-Italië… met een echte Italiaanse koffie en een krant erbij. Ik lees dat het Italiaanse Rekenhof gisteren zijn jaarrapport uitbracht. Het gaat best goed met de Italiaanse economie. Zowel Noord-Italië (de motor van de Italiaanse economie) als het Zuiden scoren goed. Dat is goed nieuws. Economische groei of niet, de cafés in Bari zitten vol. De werkende bevolking neemt nog snel een espresso en de toeristen nemen hun tijd voor hun ontbijt.
Het Zuiden van Italie (ook wel Meridione of Mezzogiorno genoemd) omvat de provincies ten zuiden van Rome. Het is ook het armste gedeelte van Italië, een streek die steeds agrarisch is, waardoor veel mensen naar het Noorden van Italië of naar het buitenland vertrokken zijn. Dat is sinds de jaren 60 zo en er verandert nog maar weinig. De mensen hier betreuren dat Rome zo weinig interesse toont voor het Zuiden. Aan kunst en cultuur is er echter geen gebrek. In Lecce staan de palazzi de ene na de andere naast elkaar. Barok tot en met. De stranden en de nationale parken in Zuid-Italië leveren mij prachtige slaapplekken, ondanks het schoolverlof is het echter allemaal vrijwel verlaten.
Ik wandel door het prachtige oude centrum van Taranto. Daar vertelt een verantwoordelijke voor toerisme dat iedereen hier graag méér toeristen zou willen zien, toch moet men ook in eigen boezem kijken. « De politiek vergeet zeker dat het Zuiden ook nog bestaat maar de mensen van hier moeten ook beseffen dat toerisme een 24-uren business is. Daar is nog niet iedereen klaar voor ».
In Matera is men er wel klaar voor. De stad is één van de oudste ter wereld en wordt in 2019 de Culturele hoofdstad van Europa. Nu al zijn de hotelletjes in de oude stad klaar voor hét evenement.
Verder van de toeristische paden ontmoet ik Francesco De Giacomo in Grottole. Hij is burgemeester van het dorp en biedt me een koffie aan als ik hem de weg vraagt. Hij verafschuwt niet zomaar het centraal gezag in Rome, al is het omdat hij van dezelfde politieke kleur is. De burgemeester tettert met de ‘Belgische fietser’, maar ook met zijn medeburgers. Het dorpscafé blijkt dé plek te zijn om te weten wat er gaande is.
In Montegiornado vestigen de schilderijen op de witte huizen mijn aandacht. Zo’n 15 jaar geleden besloot een leerkracht van de inmiddels gesloten dorpsschool samen met leerlingen een paar gevels te beschilderen. Dat bracht een kunstenaar op een idee, hij voegde de creativiteit van de bewoners en de bereidheid van een burgemeester eraan toe om het dorp opnieuw leven in te blazen. Een veelbelovend en geslaagd project is het geworden want met bussen vol komen de bezoekers aan om naar de « Murales » te kijken. ’s Avonds zijn die toeristen echter weer weg. Sommige huizen zijn ware kunstwerken, toch woont er vaak niemand in. Dorpelingen worden oud en sterven. Hun zonen onderhouden de familiale woning maar komen hier nooit meer wonen, aldus een oude Italiaan. Maar ’s avonds is het toch druk van jewelste in de cafés van het dorp. Een glaasje wijn kost hier niet veel, zo’n 60 eurocent. Maar voor mij trakteren de ouderen! Ze willen meer van die fietsers die hier overnachten.
Enkele dorpen verder ontmoet ik Teresa en haar vriendinnen tijdens het ontbijt in een bar. Hun kinderen wonen in Malta, Turijn of Milaan omdat ze er werk gevonden hebben. De dochter in Milaan overweegt wel een B&B te openen in het Zuiden. Weg uit Milaan! Teresa lacht en vertelt: « Wacht maar, die jongeren gaan hier weg maar na 10 jaar zijn ze hun rotleventje in de stad wel beu ». De andere dames bevestigen. Wijze woorden, denk ik.
In Riace richt ik me tot Lamin, een man uit Guinea die hier als straatveger werkt. Riace is inmiddels bekend door zijn visionaire burgemeester ervan, die migranten aan een baan helpt. Ik hoor in de straten van het dorp alle talen door elkaar spreken. De « mama » en de Afrikaanse familie zijn buren. Riace is een wereld in het klein.
De Meridione heeft veel mensen zien vertrekken. Degene die er nu aankomen, uit Afrika of terug uit Milaan, merken nu op dat landbouw en toerisme eigenlijk heel goed bij elkaar passen. Met slechts leuke bars en veel zon volstaat het niet om de economie op gang te brengen maar daar begint het wel bij, zoals vaak in Zuid-Italië.

ENGLISH

Getting off the boat on a Monday morning in the Southern Italian city of Bari. The perfect time for my first cappuccino in a bar downtown with a newspaper. I read in « Il Corriere del Mezzogiorno » Italy’s economy is doing well and the Mezzogiorno is not lacking behind with sound economic figures, says the Italian Court of Auditors. This might be a topic of conversation. The bars fills up anyway with locals drinking an espresso before heading to work and tourists visiting the old town. Welcome in Italy.
Southern Italy that some call the Meridione or the Mezzogiorno is Italy’s least developed part if we talk in economical terms. The region has always been living from agriculture while the north of Italy’s is the engine of the country’s economy.
Heading southwards from Bari I cycle through the barok city of Lecce and one of the world’s oldest town of Matera. One easily notices South Italy has it all to please the eye of very visitor. The beaches and the coastal towns are empty however despite the sunny weather and the school holidays. What’s wrong? A responsable for tourism in the magnificent city of Taranto knows it will take some time to change mentalities. Tourism industry requires working during weekends and not everyone is prepared for it in Southern Italy’s deeply rooted strong familiar tradition.
My bike also brings me through stunning villages more inland. I’ll have a coffee with Grottole’s mayor while Im having a break in the bar on the main square. We’ll quickly agree upon transforming town and villages takes time. Other locals will join us during the conversation and everyone has a say in the matter. It’s more than politics…
Montegriordano is yet another village where you simply want to have that little coffee and croissant and take some time for yourself or for the others around you. The village is famous for its paintings on the houses. Some teachers of the former elementary school came to the idea to let the pupils paint some walls in the village. This brought an artist to the idea to involve the community in his project and put some colours in the streets and the soul of the village. Today the Murales of Montegiordano are known well beyond the region. But the toursits don’t stay overnight. I’m offered some wine glasses by the locals at the bar for my effort to climb the hill up to the village and for my stay in the only B&B. The people here are mostly elderly. The day after the streets are empty as we are in low season and so are lots of houses. The young generation left to North Italy to work and never come back when their parents pass by.
In Montegiordano Marina I enjoy another breakfast in the bar facing the sea. Teresa and her friends are discussing the world while having a coffee and a cigarette. All the ladies have their sons living in Malta, in Turin or in Milan….far from home. As many young people they left for better working conditions and higher salaries. However, Teresa’s daughter plans to start a B&B nearby as she doesn’t like the stressful life in Milan. Teresa laughs at me saying it takes 10 years for the young to realise they are just having a shitty life but they’ll soon want to be back down in the sun. The other mama’s in the bar all agree. I guess they’re right.
The next village is Riace lying on a lovely hill near the coast. Lamin comes from Guinea and shows me the way around in the centre of the village. He is hired by the public authorities as a street cleaner. Riace’ visionary mayor took the decision to let migrants (mostly from Africa) to be part of the community instead of making them wait for a better future somewhere else. Riace today reflects what Southern Italy has always been and what it might be tomorrow: a land of immigration and emigration. A place where tourists should stay longer. A place smothered by drug cartels.
It’ll take time for Southern Italy to recover from economical decline. As the old guys told me, agriculture is still a hard job and politics should encourage rural life. But youth once may turn their back to office jobs and get back to the south to make tourism and agriculture more sustainable. A changing way of life makes the difference.

Eastern play in Croatia and Montenegro

Dubrovnik

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Souvent, on arrive à Dubrovnik, en Croatie, après avoir longé la côte croate ou en descendant d’un avion dans son aéroport international. En venant de la Bosnie par contre, on descend des montagnes droit sur les rives de la Méditerranée. Le climat est encore doux en octobre. La grande bleue… elle me rappelle que j’ai bientôt fini ma traversée de l’Europe de l’Est qui a commencé à Tallinn en Estonie, 4 250 km avant. Sur Route60, ce sont des milliers de kilomètres à faire (et à refaire) à son rythme à travers l’Est du continent européen. Oublions d’abord ce vilain nom : l’Europe de l’Est, c’est l’Europe. L’Europe qui ne se pose pas trop de questions. L’Europe qui est ouverte et qui n’a pas été épargnée par l’histoire. Des pays qui ont vu passer des dictateurs, des fascistes. Des pays qui ont vu des régimes bien obscurs, de ceux qui ont voulu briller de leur plus belle lumière en laissant les populations dans l’ombre.
Non, le vélo n’est pas toujours de tout repos ici. Il faudra faire face aux chiens agressifs et aux bolides qui n’ont pas été étudiés pour partager la route. Mais ce n’est pas ça qui arrêtera un cycliste ! De plus, la diversité des paysages et la curiosité des gens nous font vite oublier tout cela. C’est ici qu’on lancera le plus de « How are you » le long de la route. C’est ici que les habitants veulent tout savoir de vous. Et qu’on veut tout savoir d’eux et de leur pays. Des pays où tout est allé très vite. Aussi à Dubrovnik. On l’appelle « la perle de l’Adriatique » à juste titre. Des ruelles, des remparts, des églises et des couvents. Le tout entouré par la mer d’une part et les montagnes d’autre part. Il n’y a pas de doute, on aime ! La ville est aussi le lieu de tournage de « Game of Thrones », ce qui fait exploser le nombre de touristes… et elle n’en peut plus ! Et elle n’en veut plus : les habitants (la ville n’en compte que 40 000) en ont marre et des caméras comptent le nombre de touristes présents. Au-delà d’un certain nombre, les portes de la vieille ville se ferment. Le vélo ne nécessite pas l’usage des parkings laids aux abords de la ville. Je le gare près des remparts, puis la vieille ville est à moi. Une balade nocturne reste un moment fort à Dubrovnik !
La route continue plus au sud vers le Monténégro. J’arrive chez Rebecca près de Tivat. Elle est anglaise et travaille comme professeur d’anglais dans une école internationale qu’on appelle aussi « l’école russe » car bon nombre des élèves sont russes. La côte est très prisée et est encore souvent libre de bâtiments. Mais attention, ça pousse comme des champignons et ce ne sont pas les politiciens corrompus qui arrêteront les promoteurs immobiliers, me confie-t-on. La maison de Rebecca est perchée dans la montagne, une vieille maison où le temps s’est arrêté. Non loin de là, je monte littéralement les Bouches du Kotor par la petite route à du 7 % sur 12 km. Il s’agit en fait d’un fjord formé par le Kotor qui s’enfonce dans les terres. La montée est difficile certes, et la vue est méritée, donc plus belle. Le petit pays a sa « petite » capitale, Podgorica, au centre du pays. La ville ne serait pas très belle, selon les gens que je rencontre sur la route. Mais comme toutes les villes un peu loin de tout, Podgorica fait office de phare qui illumine toute la plaine qui l’entoure. Les gens viennent de partout. Les bars sont pleins, on est sur son 31 et on profite de l’été indien. La ville me donne l’impression d’une ville inachevée, un peu comme le reste du pays d’ailleurs. Un peu comme beaucoup de pays de l’Est.
Les dictateurs font à présent partie de l’histoire. Quant aux corrompus et aux parvenus, on espère qu’ils feront bientôt partie des archives nationales. Et s’ils restent, qu’ils sachent que cette Europe a changé.

NEDERLANDS

Reeds ten tijde van Joegoslavië was Dubrovnik één van de belangrijkste trekpleisters voor buitenlandse toeristen. Chartervluchten brachten de toeristen massaal naar de zogenoemde « Parel van de Adriatische Zee » . Wie met de auto reisde, bewonderde de Dalmatische kust met de talrijke eilanden. Vandaag is er weinig veranderd. Dubrovnik blijft de topbestemming van Kroatië in tegenstelling tot Bosnië, beëindigd door bergen in plaats van het water. Vergeet het continentaal klimaat, hier in Dubrovnik is het nog zacht in Oktober.
In Dubrovnik ben je nooit alleen. De stad telt slechts 40.000 inwoners maar het architecturaal patrimonium is uitzonderlijk. De oude stad zit vol met kerken en kloosters en is omringd door oude stadswallen. Eigenlijk is het decor van « Game of Thrones » de weergave van het oude stadsgedeelte. Dat ook lokt veel toeristen. Tot op deze zondagavond, in de herfst, zijn de toeristen trouwens nog massaal aanwezig. Net als in sommige andere Europese steden wordt het aantal toeristen in de binnenstad door camera’s bewaakt. Als er te veel toeristen toekomen, wordt de oude stad verboden terrein. Ik probeer, met mijn fiets, onopvallend te blijven want ja, ik geef het deemoedig toe, een nachtelijke tocht doorheen de oude straten van Dubrovnik is onvergetelijk.
De weg leidt verder zuidwaarts naar het landje Montenegro. Daar kom ik bij Rebecca toe, nabij de stad Tivat. Ze is Brits en werkt hier als leerkracht in de internationale school of « Russische school », hier zo genoemd want de Russen zijn er massaal aanwezig. De kust van Montenegro is inderdaad nog ongerept maar hier en daar valt er mij toch wat op: gebouwen die kriskras naast elkaar staan, met tennisvelden, zwembaden,… en allemaal met zeezicht. Montenegro « heeft het », dat is zeker maar zullen de corrupte politici de bouwwoede kunnen bedaren? Rebecca twijfelt eraan. Haar oud huisje in de bergen maakt niet uit van het moderne decor. De tijd heeft er stilgestaan.
Niet ver vandaan volg ik de Baai van Kotor en rijd enigszins op een fjord. Ik heb nog 12 km te rijden, met een helling van 7% vanuit het zeeniveau. Uitblazen kan, en met zicht op de bergen en de zee, dat heb ik verdiend!
Nadien is het gemakkelijk naar de hoofdstad Podgorica af te dalen. « Niet zo mooi  om te zien», zeggen de mensen me onderweg. Zoals vaker in dun bewoonde gebieden beïnvloedt de sfeer van de stad de hele omgeving. « Afzakken » naar de hoofdstad. Alle Montenegrijnen en hun cultuur in één klap. Zo moet ik het van een hoofdstad hebben! Na Montenegro zullen mijn volgende bestemmingen Albanië en Griekenland zijn.
Van Route60 uit Tallin tot aan de de Albanese grens, waren het 4250 km doorheen Oost-Europa, wel met het besef dat ‘Oost-Europa’ vooral Europa is. Een fietstocht door dat gedeelte van Europa, waar het allemaal zo snel gaat. Europa, waar de geschiedenis zich niet zal herhalen. Dictatoriale regimes hebben hier sporen achtergelaten. Fascisten en communisten zijn er echter niet meer, of amper. Het multiculturialisme was de bron van oorlogen maar nu staat dat niet meer als een probleem op de politieke agenda want het is een feit. De Oost-Europeanen zijn geen broeders noch buren, ze zijn wel Europeanen tout court. Tja, ze praten toch liever over hun nieuwe auto dan over een fietspadbeleid. Maar ze zijn open, ze praten veel en willen graag alles over je weten en de fietsers alles over hen en hun cultuur. Van Tallin tot Albanië, daar verandert Europa snel!

ENGLISH

Arriving in Dubrovnik generally means touching down on its international airport or driving down the Croatian coastline with many other tourists flocking to the Adriatic coastal city. The scenery is different while arriving from Bosnia. The road leads down from the mountains straight to the big blue sea. The climate is Mediterranean and even in October, temperatures are perfect for an evening walk through the city.
Dubrovnik has only 40.000 inhabitants but is a major tourist attraction in the region. The city has it all: an old town full of churches, monasteries and cobblestoned streets surrounded by medieval walls. And there’s more: the old town is also the place where the TV show Game of Thrones is filmed….and how it looks in real life. The city however is going to turn tourists away. Cameras monitor the number of tourists and above a certain amount the acces to the old city is restricted. On Sunday evening in October there is little chance to suffer from this crackdown. My bicycle is easily parked near the walls surrounding the city. Let’s be honest: strolling down the streets of Dubrovnik at night is a unforgettable experience.
The next country is Montenegro. I meet Rebecca near Tivat. She is a British teacher at the international school nearby. Also called the « Russian school » as many Russians recently discovered Montenegro pristine coastline. Rebecca’s house is a old house where time stood still. A good place to relax and to think about what we see more and more: new hotel projects and huge theme parcs near the coastline. But no one seems to care about spatial planning. Rebecca doubts if corrupt politician will ever stop real estate promoters.
The road leads me to the bay of Kotor. It’s a winding bay surrounded by mountains. The 12km long ascent at 7% takes me two hours but the view is gorgeous and deserved.
Further southwards I head to Montenegro’s capital Podgorica. The city has not the grandeur that speaks for its own but has that typical attractiveness of a capital. It is ‘the centre’ of the country. The cultural centre that shines its light on the rest of the country. A city where one needs to be seen. The ‘small’ capital is a bustling city I wouldn’t miss while on Route60.
Montenegro is one of the last countries in East Europe before heading to Greece. The Eastern part of my Europe tour started in Tallinn for a amazing trip through countries that weren’t even open for foreigners up to 25 years ago. Eastern Europe is where Europe is ahead of time with religions and multiculturalism. Eastern Europe is Europe. Not yet the easiest part for bike touring. Car drivers are often more into speeding up a fancy car than slowing down for cyclists. But those Europeans are curious and wanna know it all about who’s there on the bike. For sure things are changing rapidly in Eastern Europe. Dictators and war have now made place for peace and for change. Now more than ever a place to be back again in a near future.

Out in Serbia

War in Donbass, colours in Kiev

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Tanya’s art

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Après 5850 km sur le vélo, Kiev, la capitale de l’Ukraine, est en vue. J’arrive à Kiev par les quartiers nord. Andriy et sa compagne y vivent dans un appartement attribué aux « réfugiés du Donbass ». En effet, Andriy vient de l’est de l’Ukraine (le Donbass) où ont lieu les hostilités entre les pro-russes et les Ukrainiens. Son frère également a dû fuir leur région natale : les pro-russes sont entrés dans la maison et y ont vu une photo de famille devant des drapeaux ukrainiens en arrière-plan. C’est suffisant pour se faire tuer ! L’appartement qu’Andriy loue à présent pour une bonne centaine d’euros seulement n’est cependant pas enviable : les châssis sont délabrés, les parties communes vétustes, la cuisine est inachevée… tant pis. Il ne sait pas dans quel état se trouve sa propre maison dans le Donbass, la région étant en guerre. À Kiev, Andriy est journaliste, métier qu’il exerce depuis toujours. Pendant l’ère soviétique, le journalisme était considéré comme un métier « facile » que tout le monde pouvait exercer, par conséquent il était mal payé, au contraire des ingénieurs ou des médecins. Le salaire n’a jamais augmenté depuis la chute du communisme. Pire, comme beaucoup d’Ukrainiens, Andriy a vu son salaire ramené à un tiers seulement, après l’invasion russe. Il a aussi connu le « fourchettisme » dans les années 1990 : les journalistes, trop peu payés, étaient invités aux réceptions des grandes entreprises. Un repas copieux était servi en échange d’un article bien ficelé ! Aujourd’hui, Andriy serait déjà bien content de pouvoir écrire ses articles de chez lui mais la rédaction a d’autres priorités.
Sa compagne Tanya met de la couleur non seulement dans leur vie mais aussi dans l’appartement. Elle est artiste et dessine sur les murs dépourvus de couleur ou de tapisserie. Inspirée entre autres par les peintures de Van Dyck et Jérôme Bosch, elle vend ses dessins aux « quelques fous qui veulent encore acheter de l’art ». Ses dessins en trompe-l’œil dans la salle de bains font oublier tout le gris de l’appartement.
Andriy passe ses week-ends à vélo. Il a de quoi regretter le manque d’infrastructure cyclable à Kiev. Il n’est pas tendre avec la petite association cycliste de la capitale : cette association reçoit des fonds de l’Union européenne et organise des soirées « cyclistes » en été. Il vaudrait mieux attribuer l’argent à l’aménagement de l’infrastructure. Le quartier d’Andriy et Tanya est celui d’immenses tours à appartements en très mauvais état et des tours nouvelles sont érigées, tout aussi simples et laides. Les appartements neufs n’ont absolument aucun charme. Les projets immobiliers sont dénués de logique urbaine. L’aménagement de l’espace urbain n’existe pas ici, avec comme résultat des tours dans tous les quartiers mais sans écoles, ni crèches, ni parkings. Les tours « soviétiques » ne valent guère mieux : les propriétaires réparent les châssis et fournissent des terrasses ou des ajouts aux immeubles existants, sans normes ni esthétique. Une cacophonie de couleurs et d’extensions illégales met à mal le patrimoine architectural d’origine. Je vois que quelques jeunes du quartier ont installé eux-mêmes un petit parcours VTT dans le parc. Il y a de l’espoir ! Quelques bancs publics tout neufs, aux couleurs vives sont, quant à eux, bien visibles. Le nom du politicien ou de la politicienne les ayant commandés est inscrit sur le dossier. La politique est partout et malheureusement, la guerre n’est pas loin non plus : dans le cimetière communal, on enterre les soldats qui étaient partis se battre dans l’est de l’Ukraine. On ne sait cependant pas s’il s’agit de militaires officiels ou de membres de milices. L’Ukraine souffre encore d’une autre maladie: des radios officieuses diffusent des chansons de haine et la pensée militaire est bien trop présente. Certes, les Russes ont envahi le Donbass mais cela n’a fait qu’éveiller des tensions au sein des Ukrainiens, dont certains sont russophones, d’autres parlant l’ukrainien. Peu importe la langue : le marasme économique dans lequel le pays se trouve, ainsi que la classe politique, divisent non seulement le pays mais aussi les Ukrainiens entre eux. Seule certitude pour Andriy et les habitants du quartier : ils savent où aller en cas d’invasion russe, l’adresse de l’abri est indiquée sur les murs du quartier.

NEDERLANDS

Na 5850 km bereik ik Kiev, de hoofdstad van Oekraïne. Het noorden van Kiev is een groot voorstedelijk gebied met veel appartementsblokken. Hier woont Andriy met zijn vriendin in een appartement. Hij noemt het een « flat voor migranten uit Donbass ». Donbass is de streek in het oosten van Oekraïne waar Russische rebellen en het Oekraïense leger oorlog voeren. Andriy heeft er een huis maar hij weet niet of het er nog staat ofwel in puin is. Pro Russen die de huizen doorzochten, zagen een foto van hem en zijn broer met symbolen en vlaggen van Oekraïne op de achtergrond. Dat is al genoeg om veroordeeld te worden. De familie heeft alles achtergelaten en is naar Kiev gevlucht. Het gehuurd appartement in Kiev verkeert in slechte staat: het heeft oude ramen, een onafgewerkte keuken en grijze muren. Gelukkig worden de muren door zijn vriendin Tanya versierd met haar eigen creaties. Ze is artiest en verkoopt allerlei tekeningen aan enige zeldzame « gekken die nog geld uitgeven aan kunst ». Het appartement is thans een soort van groot tekenblad, haar inspiratie haalt Tanya zelf uit de kunstwerken van Van Dyck en Jeronimus Bosch.
Andriy is journalist in Kiev. In de Sovjetperiode kon hij voor een krant tegen een laag loon aan de slag, zogezegd omdat het een « gemakkelijk beroep » is, zonder enige specifieke vereiste, in tegenstelling tot ingenieurs en dokters. Net als voor vele Oekraïners is zijn inkomen met bijna twee derden gedaald na de Russische invasie. Andriy heeft tevens het « fourchettisme » van de jaren negentig gekend: journalisten werden uitgenodigd op recepties en aten op kosten van bedrijven, in ruil voor een gunstig artikel in de krant. Graag zou hij van huis uit willen werken maar dat is helaas nog niet mogelijk.
In zijn vrije tijd gaat de journalist vooral rondfietsen ondanks het schrijnend gebrek aan infrastructuur daartoe. Andriy hekelt ook een kleine fietsvereniging in Kiev. Die ontvangt Europese subsidies en organiseert er « fietsavonden » mee voor de promotie van het fietsen. Het zou efficiënter zijn om de politici te benaderen teneinde de grote lanen van de hoofdstad, van parkings en fietspaden te voorzien. Dat zou bruikbaar en doeltreffend zijn.
De verouderde hoge woontorens kenmerken de buurt van Andriy en Tanya. Ook de torens uit de Sovjetperiode zijn in slechte staat. Daarenboven verbouwt iedereen zijn appartement met een terras of nieuwe ramen, echter zonder aanwezige reglementering, dus zonder regels. De oude woonblokken worden er niet fraaier door. De nieuwe woontorens, even saai en zonder enige charme, zijn het resultaat van de immo promotoren die misbruik maken van de laksheid van de locale politici. De eenvoudige woonéénheden waarborgen een onderdak voor de mensen in de stad maar de infrastructuur en de ruimtelijke ordening laten te wensen over. Er zijn geen parkings, scholen, crèches, noch sociale aangelegenheden. En uiteraard geen fietspaden. Nieuwe zitbanken zie je her en der op straat, ze vermelden wel de naam van de politicus die ze besteld hebben. Zitbankliefhebbers worden verwacht…
Jeugdverenigingen hebben een mountain bike-parcours aangelegd op braakliggende gronden in de omgeving. Nu kan het nog. Dat is pas ondernemend!
Even verderop wijst Andriy op geschreven tekst op de muren van gebouwen: het is het adres van de dichtstbijzijnde schuilplaats tegen een Russische aanval of invasie.
In het kerkhof wijst Andriy op de graven van overleden soldaten na hun gevecht in het Oosten. Toch is het geen militair kerkhof. Aan de militairen die aan het front gesneuveld zijn, wordt geld noch ceremonie besteed. Andriy is er echter van overtuigd dat de oorlog in het Oosten van Oekraïne méér is dan een gewapend conflict tussen de Pro Russische rebellen en het leger. Illegale radio’s zenden haatliederen uit die tot geweld aanzetten. Ook milities zijn tegen het regime en gaan gewapend tegen het Oekraïnse leger aan. De economische situatie verandert hierdoor: de import van buitenlandse goederen wordt bevorderd maar de modale Oekraïner wordt in de steek gelaten, of er nu Russische of Oekraïense taal gesproken wordt. De politiek en de bevolking zijn niet éénsgezind.

ENGLISH

I enter Kiev city limits after 5850 km on my bike. The most eastern point on Route60. Andriy and his girlfriend Tanya live in a flat allocated to the « Donbass Refugees ». Andriy fled the eastern part of Ukraine (Donbass) because of the fights between Pro-Russian troops and the Ukrainians. His brother left the family house as well as the Pro-Russians noticed a picture of him with Ukrainian flags in the background. And no one knows if the house still stands….
Andriy and Tanya’s rented flat has no isolation and looks unfinished without even a complete kitchen. Tanya is a painter and does not hesitate to paint the wall of the grey appartement. Andriy started his career as a journalist in the Soviet era. That job was considered ‘easy’ by the authorities and not well paid. After the fall of communism most journalist enjoyed free meals at receptions of private companies in exchange of a well-reasoned article. And the chance to make ends meet every month.
Andriy jumps on his bike every weekend to cycle around Kiev. Cycling infrastructure is scarce and the cycling association is more into organising cycling events than into reaching politicians. The neighbourhood in the suburbs of Kiev lacks any form of spatial planning. New apartment building almost as ugly as the old ones are sprouting like weeds but there are no schools, no kindergarten nor parkings around it. The street is at the mercy of real estate promotors.
Existing buildings are being equipped with new double glazed windows but every window has a different colour and scheme. Young people built a mountain bike race track in one of the abandoned parks. Local politicians do they share of the work to make it a better place by putting brand-new benches….with their names on it! In the local cemetery it’s not always clear if the buried soldiers were official servicemen or member of a militia army.
Besides corruption, Andriy thinks Ukraine is plagued by unofficial radios broadcasting hateful songs and the military way of thinking still sickens society. Russia’s invasion of the Donbass steer some tension amongst Ukrainians and some politicians take this opportunity to gain power. Some walls are tagged with the address of the place to shelter in case of military invasion. One of the few certainties for Andriy and many others in the neighbourhood.